EXCLUSIF : Confrontation en vue pour Target au Québec

Publié le 23/05/2011 à 22:50, mis à jour le 24/05/2011 à 06:23

EXCLUSIF : Confrontation en vue pour Target au Québec

Publié le 23/05/2011 à 22:50, mis à jour le 24/05/2011 à 06:23

[Photo : Bloomberg]

EXCLUSIF. Une nouvelle confrontation se dessine dans le monde des relations de travail alors que Target persiste et signe : les employés des magasins Zellers seront tous mis à pied et elle reprendra uniquement ceux qu’elle désire. Les TUAC montent aux barricades et promettent de fournir leurs avocats aux travailleurs non syndiqués qui en ont besoin.

Une rencontre a eu lieu il y a quelques jours entre la ministre du travail du Québec, Lise Thériault, et deux hauts dirigeants de Target, le vice-président aux affaires gouvernementales, Matt Zabel, et le vice-président aux relations de travail, Jim Rowader.

« La ministre a exposé le cadre légal québécois et ses règles juridiques, notamment en ce qui a trait aux règles de transmission des entreprises. Elle a aussi demandé à ce qu’ils rencontrent la direction des Normes du travail. Ils nous ont dit qu’ils entendaient se conformer aux lois et règlements du Québec », a indiqué l’attaché de presse de la ministre, Harold Fortin.

Target a peut-être l’intention de respecter le cadre légal québécois, mais n'en a pas la même interprétation que tous, a constaté Les Affaires. « Il s’agit d’une transaction immobilière où nous ne reprenons que les baux de location. Il n’y a pas une succession d’employeurs », a indiqué une porte-parole de Target, Amy Reilly. L’entreprise estime que Zellers devra verser une compensation de licenciement à ses employés et qu’elle ne sera pas forcée de reprendre les salariés.

Plusieurs employés risquent de perdre leur emploi alors que ceux qui seront réembauchés perdront tous les avantages liés à leur ancienneté, dont la protection contre un congédiement sans cause juste et suffisante (accordée par la Loi sur les normes à un salarié qui compte deux ans d’ancienneté).

La lecture du cadre juridique de Target vient en collision avec un courant jurisprudentiel à l’effet qu’on ne peut congédier les salariés d'une entreprise si on retrouve dans celle qui lui succède les éléments essentiels de la première. Ne pas retrouver le même nom n'est que de peu de pertinence, alors que l'emplacement et la clientèle visée sont des éléments déterminants en commerce de détail, soutiennent des juristes.

Target dit être prête à racheter pour 1,8 G$ jusqu'à 220 des 279 baux de Zellers au Canada. Le Québec compte une soixantaine de Zellers. On ne sait toujours pas quels baux l'intéressent.

Les TUAC s'amènent

"Nous sommes offusqués de la façon dont Target se comporte. Ils se foutent du monde. C'est la première fois que je vois quelque chose comme ça", s'emporte le président des Travailleurs Unis de l'alimentation et du commerce, Tony Filateau.

Les TUAC représentent les magasins Zellers de Montréal nord et de Terrebonne. Une demi-douzaine d'établissements sont réputés syndiqués au Québec, dont deux au Saguenay.

Monsieur Filateau ne s'attend pas à ce que Target reprenne les baux des deux établissements représentés par son organisation. Ni ceux d'aucun établissement syndiqué, d'ailleurs, histoire de ne pas croiser le fer avec les maillons de résistance les plus forts. Il dit cependant avoir été approché par plusieurs travailleurs d'établissements non syndiqués qui sont inquiets de la situation et promet de ne pas rester inactif.

"Nous n'allons pas tenter de syndiquer ces établissements, dans le contexte ce serait mettre à risque des emplois. Mais nous allons fournir nos avocats aux salariés qui le veulent et nous présenter devant le tribunal", lance-t-il.

Le patron des TUAC estime que Target se comporte en mauvais citoyen corporatif. "Costco, une entreprise non syndiquée, a acheté Club Price, une entreprise syndiquée, et ne s'est pas comportée ainsi. Canadian Tire achète Forzani et ne se comporte pas ainsi. Même Walmart quand elle a acheté Woolco n'a pas agi ainsi", lance-t-il.

La Commission des normes pourrait intervenir

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