Ce que coûte et ce que rapporte une franchise

Offert par Les Affaires


Édition du 28 Février 2015

Ce que coûte et ce que rapporte une franchise

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Édition du 28 Février 2015

Par François Pouliot
Vous n'avez pas encore suffisamment d'argent comptant pour verser les 30 à 40 % de mise de fonds ? Certains franchiseurs accepteront que vous hypothéquiez votre maison pour combler ce qui manque. Mais les experts ne conseillent pas d'agir ainsi.

«Il vaut mieux avoir un certain coussin financier, au cas où notre plan d'affaires décolle plus lentement que prévu. À l'époque où j'étais banquier, il y avait beaucoup de gens qui n'atteignaient pas les prévisions initiales», dit Pierre Garceau, président du Conseil québécois de la franchise (CQF).

D'autant que, contrairement à l'opinion répandue, être franchisé n'est pas une garantie de réussite. «Les gens ont tendance à penser que les franchises, ça marche assurément. C'est vrai qu'en achetant un concept déjà éprouvé, tu mets les chances de ton côté, mais, dans la vraie vie, ça ne marche pas toujours», dit Stéphane Breault.

Jean Gagnon cite en exemple Dunkin' Donuts, qui est l'une des pires déconfitures des dernières années. À l'époque, la chaîne comptait plus de 200 établissements au Québec. Tim Hortons est arrivée, toutes sortes de problèmes sont survenus aux États-Unis. «La presque totalité des établissements a disparu, et de 60 à 70 franchisés ont enregistré des faillites personnelles», dit-il.

L'avocat cite également l'enseigne Frits qui, dans les années 1980, avait tenté de copier McDonald's, mais en troquant le hamburger pour le hot-dog. Il allait pousser plus d'une centaine d'établissements Frits, mais en moins de deux ans, tout allait s'écrouler.

À quel rendement s'attendre

Cela dit, un investissement dans une franchise est généralement plus sûr qu'un investissement dans une entreprise où tout est à définir et à construire. Le risque d'erreur est diminué. Ce n'est pas pour rien que, dans la perception populaire, la formule est gagnante.

Gagnante, mais jusqu'à quel point ?

«Ça dépend des situations. Dans les plus petites franchises, ce sont souvent des gens qui s'achètent un emploi. Il n'y a pas beaucoup de plus-value à la revente. Dans les moyennes et les plus grandes franchises, le but est davantage de se bâtir une meilleure qualité de vie, d'être capable de revendre et d'accumuler un petit capital», explique Stéphane Breault.

Jean H. Gagnon estime qu'une fois qu'il s'est versé un salaire, un franchisé de la catégorie moyenne pourrait s'attendre à un rendement des bénéfices par rapport à l'investissement de 20 %. Il est question ici du rendement sur la mise de fonds. M. Garceau avance de son côté que, dans un plan d'affaires, le franchisé devrait normalement rechercher un rendement des bénéfices par rapport à la mise de fonds de 15 %.

«Ce n'est pas nécessairement le Klondike, parce que ce qui est lancé n'est pas complètement nouveau. La franchise diminue le niveau de risque, mais elle diminue évidemment le niveau de rendement», explique l'avocat.

Quand même pas mal si l'on tient compte du fait que le rendement historique des bénéfices sur le marché boursier varie de 10 à 12 %.

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