Après Rona et Unibroue, André Dion s'attaque au jardinage

Publié le 22/06/2010 à 14:27

Après Rona et Unibroue, André Dion s'attaque au jardinage

Publié le 22/06/2010 à 14:27

Par André Dubuc

L'homme d'affaires André Dion en est à sa quatrième carrière. Photo : Gilles Delisle

L'homme d'affaires André Dion a entrepris sa quatrième carrière. Celui qui a été fonctionnaire au ministère du Revenu, pdg de Rona et propriétaire d'Unibroue inaugure ces jours-ci la Ferme Guyon, à Chambly, qui est appelée à devenir la grande surface des centres horticoles au Québec.

Établie en bordure de l'autoroute 10, sur des terres agricoles que l'entrepreneur a payé 0,03 $ le pied carré il y a 25 ans, la Ferme Guyon se veut un croisement entre la Pépinière Jasmin, de Saint-Laurent, les Jardins de Métis, dans le Bas-Saint-Laurent, la Ferme expérimentale, à Ottawa et le marché Maisonneuve, à Montréal. Le tout sur un terrain de plus de 110 000 mètres carrés (soit l'équivalent de 15 terrains de soccer), à 20 minutes du centre-ville de Montréal, au carrefour des autoroutes 10 et 35, où circulent 60 000 autos par jour.

Une idée qui germe depuis 30 ans

André Dion mijote l'idée de la Ferme Guyon - du nom du premier ancêtre des Dion en Nouvelle-France - depuis l'époque de l'acquisition des centres horticoles Botanix par Rona, en 1982.

" Je voyais que ces gens étaient tellement heureux de travailler dans ce domaine que je me disais : " Un jour, je vais le faire. " "

Son aventure avec Unibroue (qu'il a vendue à Sleeman en 2004) a toutefois retardé la mise en oeuvre de son rêve.

Pourquoi un mégacentre horticole ? " Les personnes qui achètent des plantes et des fleurs veulent découvrir d'autres produits, comme des articles de décoration. Nous nous sommes aperçus qu'il faut de la variété pour fidéliser les clients. Sinon, ils ne viennent qu'une ou deux fois par saison, et nous visitent rarement après octobre. Nous voulons créer quelque chose de plus permanent ", explique M. Dion.

Des recettes préparées par Ricardo Larivée

Le mégacentre de Chambly a pour 2 millions de dollars de produits en stock : des plantes, dont 35 % de plants indigènes - la spécialité de la maison -, des outils de jardinage, des engrais, des articles de décoration, des meubles de jardin et des produits d'épicerie fine.

On y trouve aussi un marché public, où une trentaine de maraîchers offriront leur récolte dès la mi-juillet. Le complexe comptera sous peu un restaurant-traiteur, la Cuisine à Mathurine (la femme de Jean Guyon), dont les recettes seront élaborées par Ricardo Larivée. Un centre de sensibilisation à la culture amérindienne présentera des démonstrations sur l'utilisation de plantes comestibles et médicinales. Une petite ferme d'animaux qui servira de centre d'interprétation ouvrira ses portes en août, à temps pour la rentrée scolaire.

Des attractions plutôt que de la promotion

" C'est avant tout un commerce ", insiste André Dion, 68 ans. " Cependant, plutôt que de faire de la publicité à n'en plus finir, nous proposons des présentations pour attirer les gens. "

Certaines idées lui ont été inspirées de l'étranger. Après avoir vendu la brasserie Unibroue, M. Dion et ses fils Sébastien et Jean-François, qui sont copropriétaires, ont parcouru le monde pour peaufiner leur concept. Par exemple, l'idée du bar à potages s'inspire d'une expérience en banlieue d'Amsterdam. Celle du centre d'interprétation de la ferme animale à l'intention des enfants leur a été inspirée par la ferme Gally, à Versailles, en banlieue de Paris.

La recette semble fonctionner. La fin de semaine précédant l'ouverture officielle prévue le 22 juin, la Ferme Guyon a accueilli 800 personnes qui ont dépensé en moyenne 50 $.

D'autres mégacentres pourraient voir le jour

La ferme horticole a nécessité des investissements de près de 9 millions de dollars, sans compter la valeur des terrains. Ses partenaires financiers sont la Financière agricole et la Banque de développement du Canada.

André Dion croit que la Ferme Guyon pourrait faire des petits dans d'autres villes de la province. Selon lui, Québec et Terrebonne sont des endroits susceptibles d'accueillir éventuellement des mégacentres horticoles semblables.

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