Fuite d'information: une pénalité salée pour Uber

Publié le 26/09/2018 à 16:30

Fuite d'information: une pénalité salée pour Uber

Publié le 26/09/2018 à 16:30

Par AFP

[Photo: 123rf]

En acceptant de payer une forte pénalité aux États-Unis pour avoir caché un piratage massif de données en 2016, Uber continue de solder les erreurs du passé héritées de son sulfureux fondateur et qui ont largement terni son image.

La plateforme de réservation de voitures avec chauffeur va devoir payer 148 millions de dollars aux 50 États américains et à la capitale, Washington, pour avoir dissimulé pendant un an le vol des données personnelles de 57 millions de chauffeurs et de clients dans le monde entier, dont 25 millions au États-Unis, à la fin 2016.

Cet accord amiable permet à Uber d’éviter un procès et solde les « allégations selon lesquelles (Uber) a intentionnellement caché une fuite de données en 2016 », a indiqué mercredi dans un communiqué la ministre de la Justice de l’État de New York, Barbara Underwood.

Les citoyens « méritent de savoir que leurs informations personnelles seront protégées, point barre », a déclaré Mme Underwood, précisant qu’Uber s’était aussi engagé à mettre en place un système efficace de protection des données et d’alerte en cas de piratage.

En novembre 2016, des pirates informatiques avaient informé Uber qu’ils avaient dérobé des millions de données. Le groupe américain avait alors accepté de leur verser 100 000 dollars pour qu’ils effacent les informations et ne révèlent pas la fuite. 

C’est seulement un an plus tard, en novembre 2017, qu’Uber avait révélé le piratage, suscitant l’indignation, la Commission européenne qualifiant même d’« irresponsable » la gestion par Uber des données de ses clients et chauffeurs.

Entre temps, Uber avait changé de directeur : son sulfureux patron fondateur Travis Kalanick avait été poussé vers la sortie en juin 2017 par des investisseurs inquiets après une série de scandales. Fin août, l’ex-patron d’Expedia, Dara Khosrowshahi, avait pris les rênes de l’entreprise avec pour feuille de route de remettre le groupe sur les rails pour préparer une entrée en Bourse en 2019. 

« La décision de la direction actuelle de révéler (le piratage) n’était pas seulement la seule chose bien à faire, elle symbolise les principes selon lesquels nous gérons l’entreprise aujourd’hui : transparence, intégrité et responsabilité », ce qui signifie notamment « d’assumer la responsabilité des erreurs passées », a réagi dans un communiqué Tony West, directeur juridique d’Uber.

Ennuis pas finis

C’est la deuxième fois cette année que le groupe basé à San Francisco, en Californie, négocie un accord amiable pour solder un conflit judiciaire : en février, alors qu’un procès avait déjà débuté, Uber avait accepté de verser 245 millions de dollars à Waymo, filiale d’Alphabet/Google spécialisée dans les technologies pour voitures autonomes, qui l’accusait de lui avoir volé des technologies. Cet accord avait mis fin au procès.

L’accord annoncé mercredi entre Uber et les États américains permet à l’entreprise d’éviter la mauvaise publicité d’un nouveau procès, qui, de plus, aurait pu aboutir au versement de sommes bien plus importantes.

Mais ses ennuis ne sont peut-être pas finis sur ce dossier : plusieurs autorités nationales de protection de données en Europe ont également ouvert des enquêtes.

En outre, Dara Khosrowshahi a encore du pain sur la planche, en particulier des conflits récurrents avec les régulateurs des transports de plusieurs pays, des enquêtes aux États-Unis sur des soupçons de corruption de responsables étrangers, d’utilisation de logiciels illégaux ou encore d’accusations de discriminations salariales fondées sur le sexe.

Le programme de conduite autonome du groupe tourne pour sa part au ralenti, depuis qu’un véhicule autonome du groupe a été impliqué dans un accident mortel en mars aux États-Unis.

M. Khosrowshahi doit aussi s’attacher à assainir et redresser les finances d’Uber, qui a encore perdu 891 millions de dollars au deuxième trimestre. 

Après de nombreux piratages massifs (Yahoo, l’agence de crédit Equifax...) et le scandale Facebook/Cambridge Analytica cette année, le sujet de la protection des données est devenu particulièrement sensible dans le monde entier.

 


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