Responsabilités accrues pour les fournisseurs


Édition du 06 Juin 2015

Responsabilités accrues pour les fournisseurs


Édition du 06 Juin 2015

Claude Lessard, président de Delastek.

Les grands donneurs d'ordres en aérospatiale recherchent désormais des PME innovantes, en mesure de partager les risques des programmes de recherche et développement (R-D) et de fournir des parties complètes d'un appareil.

À lire aussi:
Des dirigeables-cargos pour désenclaver les territoires éloignés
AV&R est victime de la réglementation américaine
Un réseau de R-D d'un océan à l'autre
Tous les regards tournés vers Bombardier
Les PME se mobilisent pour l'avion vert

«Auparavant, les PME recevaient des plans et devaient simplement construire des pièces en fonction de ceux-ci ; c'est ce qu'on appelle le "build to print" [fabrication sur mesure]. Maintenant, les grands donneurs d'ordres veulent faire affaire avec des PME capables de développer elles-mêmes de nouvelles pièces et de nouveaux procédés», explique Claude Lessard, président de Delastek, un fabricant de pièces de structure d'avions et d'hélicoptères en matériaux composites.

Les fournisseurs du secteur sont donc appelés à travailler en partenariat étroit avec leurs clients. En 2010, Bombardier a ainsi confié à Delastek le mandat de concevoir le design de la cabine de pilotage du CSeries en intégrant des pièces plastiques, composites et mécaniques. Pendant huit mois, des ingénieurs de Delastek ont travaillé chez Bombardier, avant de revenir à Grand-Mère, où se trouvent les installations de Delastek, afin de poursuivre le développement du produit.

En plus de générer des solutions novatrices, la PME doit aussi convaincre le grand donneur d'ordres d'adopter de nouveaux matériaux et procédés. «Il faut avoir une grande crédibilité, et surtout démontrer clairement que nos produits ont été testés et qu'ils répondront aux besoins du client, explique M. Lessard. Les clients sont habitués à certains procédés et matériaux. Il peut y avoir des résistances.»

Pour répondre à ce type de défi, Delastek compte 32 employés, sur une centaine au total, qui se consacrent entièrement à la R-D. Elle a de plus son propre laboratoire d'inspection et entretient des collaborations avec des laboratoires externes.

Faire sa place

Le Québec représente le coeur de la R-D en aérospatiale au Canada, en accaparant plus de 70 % des investissements canadiens dans ce domaine. Cela représente des investissements d'environ un milliard de dollars par année, selon la grappe aérospatiale Aéro Montréal.

«Cela fait une centaine d'années que le Québec développe sa filière aérospatiale, rappelle Suzanne M. Benoît, pdg de l'organisme. Nous comptons sur 13 000 ingénieurs et techniciens spécialisés dans le domaine. C'est un atout énorme face aux pays d'Asie ou du Moyen-Orient, qui souhaitent créer leur propre industrie aérospatiale. Ces États ont beaucoup d'argent à investir, mais manquent de main-d'oeuvre spécialisée.»

Mme Benoît souligne elle aussi que les besoins des grands donneurs d'ordres ont fondamentalement changé. Les Bombardier, Airbus et Boeing de ce monde s'attendent désormais à un certain partage de risque en R-D avec leurs sous-traitants. Ils cherchent des intégrateurs, c'est-à-dire des entreprises appelées à fournir d'un coup un sous-ensemble d'un appareil, comme un train d'atterrissage entier ou une aile complète avec ailerons, volets, etc. Les grands donneurs d'ordres réunissent par la suite ces sous-ensembles.

À lire aussi:
Des dirigeables-cargos pour désenclaver les territoires éloignés
AV&R est victime de la réglementation américaine
Un réseau de R-D d'un océan à l'autre
Tous les regards tournés vers Bombardier
Les PME se mobilisent pour l'avion vert

À la une

1342$ par mois… et toujours pas assez pour une maison!

Il y a 38 minutes | Charles Poulin

IL ÉTAIT UNE FOIS... VOS FINANCES. Économiser 1342$ par mois et ne pas pouvoir acheter une propriété, est-ce possible?

Inflation modérée: les actions plus fortes que les obligations?

EXPERT INVITÉ. Pourquoi abaisser le taux directeur s’il n’y a pas de récession en vue?

États-Unis: croissance moins forte qu'annoncé du PIB au 1T

Il y a 55 minutes | AFP

La croissance du PIB au premier trimestre 2024 a ralenti plus qu'initialement annoncé, à 1,3% au lieu de 1,6%.