Perreault : on n'a pas agi en cow-boy

Publié le 12/05/2009 à 00:00

Perreault : on n'a pas agi en cow-boy

Publié le 12/05/2009 à 00:00

Pour Fernand Perreault, les baisses de valeur des placements immobiliers de la Caisse de dépôt en 2008, sont attribuables aux normes comptables et à la conjoncture, mais ne reflètent pas la réalité.

Il explique que la Caisse de dépôt n’est pas considérée comme une caisse de retraite, mais comme une société de placement. Par conséquent, ses immeubles doivent être évalués comme s’ils devaient être vendus à la date de clôture et pas comme des placements à long terme.

Selon lui, les marchés s’étant effondrés à la fin de 2008, les évaluateurs ont été contraints d’apposer des valeurs de marché actuelles, amplifiant la baisse de valeur. Or, «s’il fallait vendre ces immeubles, ils seraient tout simplement invendables». Ce qui fait dire à M. Perreault que ces immeubles devraient être considérés comme des placements à long terme

Pour Fernand Perreault, ces placements immobiliers demeurent de qualité. La preuve étant, selon M. Perreault que les valeurs ont baissé, mais les revenus courants ont augmenté.

«Nos immeubles sont bien situés, bien loués, peu de baux importants arrivent à échéance», a rappelé Fernand Perreault.

Ce qui lui fait dire que la Caisse n’a pas agi en cow-boys dans le domaine immobilier, mais que ses comptes ne reflètent que les normes comptables qui lui sont applicables.
L’effet de la loi 2004

Interrogé sur l’effet de la loi de 2004 sur la Caisse de dépôt, Fernand Perreault estime qu’elle a affecté le fonctionnement du conseil d’administration, mais n’a pas eu d’effet sur la mission de la Caisse et sur ses placements au Québec.

D’autre part, si la gestion du risque et la politique de placement a évolué après 2004, «c’est en raison de la complexité grandissante des instruments de placement et pas en raison de la loi de 2004», a affirmé M. Perreault.

Gestion de risque

Invité à dévoiler les faiblesses de la Caisse sur la gestion de risque, Fernand Perreault a identifié surtout la gestion des placements en papier commercial adossé à des actifs.

Pour des raisons stratégiques, il a refusé de dévoiler les autres faiblesses dans les pratiques de gestion du risque qui ont été identifiées dans un rapport conduit après la crise de 2008 à la demande de la direction de la Caisse de dépôt. Selon Fernand Perreault, exposer ces faiblesses sur la place publique équivaudrait à «publier le code d’accès de mon système d’alarme dans les journaux».

Fernand Perreault estime toutefois que, malgré ces faiblesses, les pratiques de la Caisse demeuraient dans la norme.

PCAA

En ce qu’il s’agit du PCAA, Fernand Perreault a répété que la Caisse avait fait erreur en en accumulant autant. Depuis, les procédures ont été renforcées quant aux montants globaux à allouer par produit.

De plus, la Caisse de dépôt exige désormais que deux agences de notation évaluent les placements et la procédure d’évaluation de nouveaux produits est plus rigoureuse.

Richard Guay à 16h00

Le témoignage le plus attendu de la journée est sans doute celui de l'ex-PDG de la Caisse de dépôt, Richard Guay, qui a quitté son poste en pleine tourmente l'an dernier et qui donnera sa version des faits à 16h00.

Premier vice-président responsable de la gestion du risque et de la gestion des comptes des déposants de 2002 à 2006, M. Guay avait pris la relève d'Henri-Paul Rousseau le 30 mai 2008 à titre intérimaire. Il avait été confirmé à la tête de l'institution le 5 septembre.

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