Les soeurs Marguglio sur une bonne piste

Publié le 07/11/2009 à 00:00

Les soeurs Marguglio sur une bonne piste

Publié le 07/11/2009 à 00:00

Elles n'emploient pas des milliers de personnes, mais ces petites entreprises progressent de façon spectaculaire. Leurs dirigeants font part dans cette série de six articles de leur vision et les défis qu'ils doivent relever.

1- UDI Équipement à la croisée des chemins

2- Pauline Brassard veut vendre aux PME son logiciel de planification de la main-d'oeuvre

3- Orckestra connaît un grand succès, mais peine à recruter du personnel qualifié

4- Un couple en voie de réussir son vieux rêve de retourner à la campagne

5- Les soeurs Marguglio sur une bonne piste

Il était une fois deux soeurs qui avaient depuis longtemps envie de se lancer dans les affaires. Comme elles sont toutes deux quadrilingues, mettre sur pied une école de langues était naturel. Mais pas n'importe laquelle cependant : une école pour pilotes d'avion.

Puisqu'il s'agit d'un marché international, Lucia et Silvia Marguglio jugent important de se faire connaître partout dans le monde.

Lucia, 49 ans, a travaillé pendant cinq ans dans l'hôtellerie en Malaisie. Elle est ensuite revenue à Montréal où elle a travaillé dans le domaine de l'assurance collective. Silvia, 41 ans, a été directrice des ventes pour une société américaine dans les Caraïbes. Elle est maintenant chasseuse de têtes dans le secteur de l'ingénierie, chez Brunel Canada.

Nouvelle exigence en aviation civile

En 2006, les soeurs Marguglio créent l'école de langues Comunicatus. Lucia donne des cours et Silvia recrute les professeurs de langues et les traducteurs. Tous travaillent à la pige. Puis, un client leur propose de faire de la traduction. Cette activité génère maintenant 40 % du chiffre d'affaires de la PME.

Un jour, Lucia, qui cherchait une école de pilotage pour son fils Daniel, communique avec Cargair. Son propriétaire en profite pour lui faire part de ses problèmes avec des clients chinois qui ne maîtrisent pas suffisamment l'anglais pour communiquer avec le contrôleur aérien. Par la même occasion, il lui parle de la nouvelle exigence de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) au sujet de la maîtrise de la langue anglaise par les pilotes, qui doit entrer en vigueur en mars 2008.

Le chiffre d'affaires quintuplera

" Dans une situation normale,une centaine de mots d'anglais suffisent à un pilote pour communiquer avec le contrôleur. Mais en cas de problèmes, bon nombre de pilotes d'avion dans le monde ne maîtrisent pas suffisamment la langue de Shakespeare pour communiquer efficacement ", explique Lucia Marguglio.

Les deux soeurs comprennent l'énorme marché ouvert par l'exigence de l'OACI, qui a causé un tel engorgement que l'organisme a retardé son application de trois ans.

Les soeurs Marguglio ne perdent pas de temps : Lucia suit une formation de professeur de langues en Angleterre et Silvia assiste à toutes les conférences de l'OACI sur sa norme linguistique.

Les deux soeurs offrent leurs services à toutes les écoles de pilotage et aux sociétés aériennes au Canada. " Le Centre québécois de formation aéronautique [CQFA] nous a demandé ce que nous pouvions faire pour lui. Nous avons signé il y a quelques mois un partenariat de cinq ans pour lui fournir les services linguistiques anglais-français pour tout le Canada ", explique Silvia Marguglio.

Les bureaux de Comunicatus sont d'ailleurs situés dans les locaux du CQFA, à Dorval. Ses professeurs de langues profitent de son simulateur de vol pour adapter leur formation. En ajoutant des cours de langues à son offre de formation à l'étranger, le CQFA y trouve aussi son compte.

Même la National Test Pilot School, une école de pilotes de pointe de la Californie, entend parler des soeurs Marguglio. Au moment de notre entrevue, deux pilotes militaires coréens envoyés par cette école suivaient un cours de quatre semaines. " Cette école rencontre les mêmes problèmes que Cargair ", précise Lucia Marguglio.

On a entendu parler des soeurs Marguglio grâce à Internet jusqu'en Mongolie. Jusqu'à la fin novembre, 10 pilotes et contrôleurs aériens mongols sont en formation à Dorval.

" Les pilotes qu'on reçoit ont déjà suivi des cours d'anglais dans une école de langues non spécialisée, et ça n'a pas donné les résultats escomptés, dit Silvia Marguglio. Notre formation est adaptée au secteur de l'aviation. "

De septembre 2009 à août 2010, les soeurs Marguglio prévoient quintupler leur chiffre d'affaires, qui passera de 100 000 à 500 000 $. Environ 80 % de cette croissance viendra des cours de langues et 20 %, de la traduction.

" Comme ce marché est en forte croissance, nous aurons de plus en plus de concurrence, prévoit Silvia Marguglio. Notre objectif est de nous maintenir dans le top cinq mondial pour le nombre de pilotes formés. "

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