Le tout Québec aéronautique converge vers Le Bourget

Publié le 13/06/2015 à 10:55

Le tout Québec aéronautique converge vers Le Bourget

Publié le 13/06/2015 à 10:55

Photo: Les Affaires

PARIS – À l’avant-veille de l’ouverture du Salon international de l’aéronautique et de l’espace Paris-Le Bourget ce lundi (15 juin), des centaines de Québécois, professionnels de l’industrie aérospatiale pour la plupart, convergent vers Paris.

-Notre spécialiste de l'aéronautique, Martin Jolicoeur, assure la couverture de l'événement pour vous.-

Les équipes des principaux maîtres d’œuvre que sont Bombardier(Tor., BBD.B), Heroux-Devtek(Tor., HRX), Pratt & Whitney(NY, UTX), CAE(Tor., CAE) et Bell Helicopter, sont évidemment aux premières loges de l’événement. Mais sont également représentés dans la Ville lumière, une délégation d’une bonne soixantaine de PME et organismes publics ou parapublics, tous liés de près ou de loin à l’aéronautique.

Il faut dire que cet événement est réputé être le plus important de l'industrie aéronautique mondiale. Organisé tous les deux ans, en alternance avec le Salon aéronautique de Farnborough, en Grande-Bretagne, il a accueilli en 2013 quelque 315 000 visiteurs de 45 pays, dont plus de 139 000 professionnels de l'industrie.

Et pour le Québec, qui tente de maintenir sa place aux côtés des grandes puissances aéronautiques que sont les États-Unis avec Boeing (NY, BA) et la France (Airbus), les enjeux sont de taille. Au-delà du cas particulier du CSeries, cette nouvelle gamme d’avions commerciaux que Bombardier tente de lancer depuis des années, l’industrie aéronautique québécoise regroupe plus de 200 entreprises, engrange annuellement 13,8 milliards (G$) de revenus, et fournit du travail à 41 750 personnes, soit 55% de la main-d’œuvre canadienne dans le secteur.

Le gouvernement du Québec, qui comprend son importance, sera représenté cette année par Jacques Daoust, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations. Ce dernier participera à plusieurs événements, tiendra quelques points de presse, et servira d’appui aux efforts de démarchage des entreprises à la recherche de nouveaux marchés. 

«Une formidable occasion» pour Bombardier

Malgré la pression importante dont elle fait l’objet, Bombardier s’est engagée au cours des dernières semaines à réduire les attentes des analystes et investisseurs, désireux de la voir grossir ses carnets de commandes, en particulier celui de sa famille d’avions CSeries. 

En entrevue avec Les Affaires, depuis Miami, à l’occasion de l’assemblée annuelle de l’Association du transport aérien international (IATA), le tout nouveau président de Bombardier Avions Commerciaux, Fred Cromer, a déclaré d’abord voir cet événement comme «une formidable occasion de présenter la vaste gamme de produits fabriqués et offerts par l’avionneur».

En plus du CRJ 1000, d’un Q400 et du Global 6000 - le seul avion d'affaires présent cette année-, Bombardier présentera pour la première fois de ce côté-ci de l’Atlantique, ses deux nouveaux-nés de la famille CSeries; le CS100, de 108 à 125 places, et le CS300, de 130 à 150 places.

Et pour marquer le coup encore davantage, Bombardier a décidé que le CS300, soit le plus gros appareil CSeries, prendra part quotidiennement à un spectacle aérien. Ainsi, tous les jours à 13 h 30, le CS300 survolera l'aéroport de banlieue, tranformé pour les prochains jours en immense centre d'exposition de 550 hectares.

Lisez également Tous les regards tournés vers Bombardier

Pour sa part, Pratt & Whitney Canada, filiale de United Technologies, sera présente au Salon par l’entremise de sa maison-mère, Pratt &Whitney USA. La société qui embauche 6 025 travailleurs au Canada, dont 4 800 au Québec, dit ne pas prévoir d’annonce concernant ses activités canadiennes à proprement dit.

Mais on a bon espoir que les moteurs fabriqués par Pratt qui équipent le CS300 en démonstration de Bombardier, fassent bonne impression. «Ce sera la première fois que les professionnels auront l’occasion d’entendre ces moteurs et de comparer leur faible niveau de bruit avec la concurrence, explique Marc Duchesne, responsable des communications de Pratt & Whitney Canada.

Enfin, Héroux-Devtek de Longueuil, spécialiste des trains d’atterrissage, pourrait aussi faire une annonce. En entrevue avec Les Affaires, son président Gilles Labbé, ne s’y est pas engagé mais ne cache pas son souhait d'en faire une, si seulement un transaction, un mandat ou un partenariat venait à se conclure avant ou pendant le salon. 

L’acquisition en 2014 de la britannique APPH Limited, et de ses quatre usines, lui aurait ouvert grand la porte au marché européen auquel Héroux-Devtek n’avait pas aussi facilement accès auparavant. Le Salon du Bourget, le premier depuis l’acquisition, sera une bonne occasion de vérifier cette impression.

Cette année, le kiosque du Québec serait plus grand que les années précédentes. Il aura une superficie d’un peu moins de 1200pi2 (108 m2) sur deux étages, comparativement à 96 pi2 (89m2) en 2013. L'objectif : tenter de convaincre que le Québec compte parmi les acteurs importants de l’industrie, et profiter ce faisant de la visibilité monstre qu'offre Le Bourget. En 2013, ce salon a été couvert par 3 100 journalistes du monde entier et fut le théâtre de l'achat de 1 250 aéronefs et de la signature de contrats divers d'une valeur de 150 milliards de dollars américains.

Enfin, il est prévu qu’Aéro Montréal, le secrétariat de cette grappe industrielle au Québec profite de l’événement pour procéder à la signature d’ententes de collaboration stratégique avec leurs homologues de l’Ontario (Ontario Aerospace Council), de l’Andalousie (Hélice), du Pays-Basque (Hegan). Il est aussi prévu que Skywin, le Pôle de compétitivité wallon (Belgique francophone), profite du salon pour lancer en collaboration avec Aéro Montréal, la 2e cohorte d’une initiative de soutien aux PME, comparable au programme Mach, déployée au Québec depuis 2011. 

À la une

Crise des approvisionnements: une solution 3D pour les PME manufacturières

Une entreprise veut aider les PME manufacturières à s'approvisionner en petits lots de pièces grâce à l'impression 3D.

Quand changer sans cesse de façon de travailler fait flipper...

MAUDITE JOB! «100% bureau. Puis 100% télétravail. Puis travail hybride. Au secours, mon équipe a le tournis!»

Le Congrès américain se démène pour éviter une paralysie de l’État fédéral

Il y a 48 minutes | AFP

Les parlementaires américains n’ont plus qu’un jour et demi pour s’entendre sur une nouvelle loi de finances.