L'avenir de l'Aéroport Montréal-Trudeau pourrait passer par l'Afrique

Publié le 16/03/2010 à 08:45

L'avenir de l'Aéroport Montréal-Trudeau pourrait passer par l'Afrique

Publié le 16/03/2010 à 08:45

Photo : LesAffaires.com

Le président d’Air Canada, Calin Rovinescu, croit que la croissance de l’Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal, pourrait passer par un accroissement des liaisons vers l’Afrique, un marché encore sous-exploité selon lui.

Devant les membres du Cercle canadien de Montréal, l’homme fort d’Air Canada a insisté hier midi sur le fait que Montréal, avec son aéroport revampé, ne reçoit pas sa juste part de trafic aérien en comparaison aux autres villes de sa taille, tant au Canada, qu’ailleurs dans le monde.

«Montréal a le potentiel de gagner beaucoup plus de trafic - et pas nécessairement au-dépens de Toronto», a-t-il affirmé dans un discours d’une quarantaine de minutes, prononcé à 75% dans la langue de Shakespeare.


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Estimant que l’aéroport de Dorval s’était fait ravir le premier rang des aéroports au pays en raison «de l’incertitude politique du Québec et de la malheureuse expérience du gouvernement fédéral avec l’Aéroport de Mirabel», M. Rovinescu y est allé de comparaisons.

Avec 3,8 M de population, Montréal aurait accueilli 12,8M de passagers en 2008. En comparaison, cette même année, des villes de tailles comparables comme Atlanta, avec 4,5 M de population, ont accueilli 90,1M de passagers, Dallas-Foth Worth (4,8M de population) 57,1M de passagers, et Amsterdam (population de 2,3 M) 47,4M de passagers.

Cette situation pourrait changer, croit-il. En particulier si Montréal savait tirer profit du potentiel de croissance que l’Afrique présente pour le Canada.

Une «occasion unique»

À l’heure actuelle, Air Canada contrôle environ 35% du marché des liaisons entre le Canada et l’Europe, et environ 29% entre le Canada et le Moyen-Orient.

Mais Air Canada, souligne-t-il, ne représente que 5% du marché des liaisons entre le Canada et l’Afrique. Une situation qui, selon lui, représente «une occasion unique d’augmentation du trafic pour Montréal».

En parvenant à attirer qu’une part des passagers Américains (plus de 300 M de population) à la recherche de connexions vers l’Afrique, l’Aéroport Montréal-Trudeau pourrait, avec le concours d’Air Canada, augmenter significativement son trafic de passagers. «Ces passagers seraient mieux desservis de Montréal que de Toronto ou de n’importe où ailleurs», a-t-il dit.

Calgary en exemple

Mais avant d’y parvenir, Montréal et le Québec devront parvenir à améliorer significativement leur offre de service. Notamment, grâce à de meilleurs accès routiers ou ferroviaires pour les passagers. Mais également, par une réduction significative des taxes directes et indirectes imposées tant aux passagers qu’aux compagnies aériennes qui choisissent d’emprunter l’aéroport montréalais.

Les baux imposés par le gouvernement fédéral aux aéroports canadiens sont pointés du doigt. Aéroports de Montréal, par exemple, a vu son loyer grimper de 70% en 2009, de 21,5M$ à 36,7M$. Résultat, Air Canada dit payer environ 1000$ de frais d’atterrissage de plus à Montréal, pour un Airbus A320, que dans la plupart des aéroports américains.

Demandant plus de soutien des autorités gouvernementales, le président d’Air Canada a évoqué l’exemple de la Ville de Calgary qui, en échanges de liaisons directes vers l’Asie, a accepté d’aider Air Canada.

Le transporteur, a-t-il souligné, dépense annuellement 1,5 G$ au Québec, dont 600M$ en salaires directs et indirects à Montréal. Sa présence au Québec engrangerait annuellement quelque 5 G$ d’activité économique dans la province.

Questionné par les journalistes, Calin Rovinescu a refusé de dévoiler la nature de cette contribution des gouvernements de Calgary et de l’Alberta. Mais il a confirmé qu’un premier vol, sans escale, entre l’Alberta et Tokyo sera assuré d’ici la fin du mois.

 

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