Jean-Paul Gagné : processus bâclé à la Caisse

Publié le 17/03/2009 à 00:00

Jean-Paul Gagné : processus bâclé à la Caisse

Publié le 17/03/2009 à 00:00

Par Jean-Paul Gagné

Stephen Jarislowsky a dit qu'il fallait lui donner sa chance, mais sa firme de gestion de portefeuille, Jarislowsky Fraser, s'était débarrassée de toutes ses actions de BCE il y a quelques années. Elle ne croyait plus au redressement de BCE, alors gérée par M. Sabia.

Ce dernier a nettoyé le bilan de BCE et fait du ménage dans l’effectif, mais il a laissé l'entreprise sans une vision claire et sans avoir amélioré son service à la clientèle, d'où ses pertes de parts de marché.

Face à la stagnation du titre de BCE, dont il était actionnaire, Teachers', le régime de retraite des enseignants de l’Ontario, a pris la tête d’un groupe d'investisseurs pour acheter BCE et en maximiser la valeur. Malheureusement, ce projet a échoué à cause de la crise du crédit. Michael Sabia n'y est pour rien. Mais il ne faisait pas parti des plans de Teachers' pour la suite des choses, d'où son départ de BCE.

De très grands défis attendent M. Sabia : remobiliser les troupes, qui semblent désemparées, maîtriser l’industrie de la gestion de fonds, qu’il ne connaît pas, donner une vision à la Caisse, revoir certains processus, notamment au niveau de la gestion du risque.
Processus bâclé

Ce qui intrigue autant que le choix de M. Sabia, c'est le processus de sa nomination.

Selon la gouvernance en place, la sélection du président de la Caisse est faite par le conseil d'administration, qui soumet ensuite le nom de la personne choisie au gouvernement, qui l'accepte ou la rejette.

À l’été 2008, le gouvernement a rejeté le choix du conseil, qui s’était pourtant porté sur un gestionnaire très expérimenté, Jean-Guy Desjardins (supposément parce que ce dernier avait supporté l’ADQ). M. Desjardins dirige Fiera Capital, une firme de gestion de fonds. Il avait aussi dirigé Placements TAL, dont il avait été un cofondateur.

Le gouvernement avait préféré Richard Guay, le poulain d’Henri-Paul Rousseau.

De l’aveu même du nouveau président du conseil, Robert Tessier, qui fut nommé le 5 mars, le conseil n’a examiné aucune autre candidature que celle de M. Sabia. Se disant fortement impressionné par cette candidature, qui restait de la ronde de l’été 2008, M. Tessier dit avoir appelé la ministre des Finances pour vérifier ce qu’elle en pensait.

Ayant reçu une réponse positive de sa part, il forma un comité de quatre personnes (en l’incluant), qui s’est rapidement rallié à cette candidature. Le 13 mars, la candidature de M. Sabia était soumise au conseil d’administration, qui l’approuva. Il y avait bien un autre nom sur la liste, mais M. Tessier ne l’a guère considéré.

Ce processus expéditif est-il conciliable avec l’importance du rôle que jouera le président de cette institution de 120 milliards de dollars d’actif ?

Pourquoi avoir procédé aussi rapidement, alors que le renouvellement du conseil de la Caisse n’est pas même pas complété, et après avoir dit en janvier (lorsqu’on confia les rennes de la Caisse à Fernand Perreault) que le processus de sélection du futur président pourrait prendre jusqu’à six mois ?

Ce raccourci semble indiquer que la décision de nommer M. Sabia était devenue soudainement très urgente. Pourquoi ?

A-t-elle été téléguidé par le bureau du premier ministre comme le veut la rumeur ?

Le gouvernement était-il tout simplement pressé, après deux semaines de débats sur la tenue d’une éventuelle commission parlementaire sur la Caisse, de montrer son leadership dans ce dossier ?

Comment ne pas y voir une certaine improvisation et même une certaine désinvolture ?

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