J.-P. Gagné : Pour ou contre la «prime à la casse» ?

Publié le 19/08/2009 à 00:00

J.-P. Gagné : Pour ou contre la «prime à la casse» ?

Publié le 19/08/2009 à 00:00

Par Jean-Paul Gagné

Après un premier milliard de dollars dépensés en quelques jours, le Congrès américain a autorisé la semaine dernière deux autres milliards pour permettre à des consommateurs de recevoir entre 3 500 et 4 500 $ pour remplacer leur vieille « minoune » par une voiture neuve à faible consommation d'essence.

Cette prime, qui s'ajoute aux rabais des fabricants, permet d'acheter un véhicule neuf à très bon compte, ce qui en fait un programme très populaire.

Mais ce qui est populaire n'est pas nécessairement bon économiquement.

En effet, malgré ses aspects positifs pour les consommateurs et l'industrie automobile, le programme américain a aussi ses aspects négatifs :

1. Les 3 milliards qui y sont injectés accroissent la dette déjà énorme du gouvernement et devront être remboursés par les contribuables, qui ont déjà avancé des dizaines de milliards de dollars à l'industrie automobile américaine.

2. Environ 50 % des voitures vendues dans le cadre de ce programme sont fabriquées à l'étranger, ce qui revient à dire que les Américains subventionnent indirectement des usines japonaises, européennes, coréennes, canadiennes et autres.

3. Les voitures qui sont achetées aujourd'hui grâce à ce programme ne se le seront pas demain. Quel en sera l'impact futur sur l'industrie ?

Par contre, le programme permet de sortir du parc automobile américain des voitures énergivores et de les remplacer par des véhicules écologiques, ce qui est positif sur le plan environnemental.

Serait-ce bon pour l'économie canadienne ?

Compte tenu que les Canadiens achètent très peu de voitures fabriquées au Canada, il n'est pas évident qu'un programme canadien de prime à la casse serait pertinent sur le plan économique.

Ottawa a déjà beaucoup investi pour supporter l'industrie automobile nord-américaine.

En réalité, l'économie canadienne profite probablement plus du programme américain qu'elle profiterait d'un programme canadien. De fait, sur les 1 350 travailleurs que General Motors va rappeler au travail, 350 le seront dans des usines canadiennes. La raison : nos usines exportent probablement autour de 90 % de leur production aux États-Unis puisque le marché canadien de l'automobile compte pour environ 10 % de la consommation nord-américaine de voitures.

Ottawa offre déjà 300 $ aux propriétaires qui envoient une vieille voiture à la casse, mais cela n'encourage pas vraiment l'achat d'une voiture neuve.

Si le gouvernement veut encourager les ventes au détail de voitures neuves, il devrait plutôt introduire un programme de « bonus malus », en vertu duquel les acheteurs de voitures écologiques recevraient des primes et alors les acheteurs de voitures à forte production de gaz à effet de serre devraient payer une taxe spéciale.

Un tel programme aurait aussi un impact environnemental significatif, comme cela a été démontré en France, où un tel dispositif existe depuis quelques années.

Celui-ci peut aussi être conçu pour être neutre sur le plan fiscal en faisant en sorte que le total des bonus versés soit égal au total des malus imposés.

Hyundai n'a pas attendu

Hyundai ne semble pas croire qu'un programme gouvernemental de prime à la casse sera mis en place au Canada. En effet, le fabricant coréen vient d'annoncer qu'il introduira une promotion en vertu de laquelle il accordera un rabais spécial aux consommateurs canadiens qui échangeront leur vieux tacot pour une voiture neuve. Les détails de ce programme sont à venir.

Si vous étiez ministre des Finances, que conseilleriez-vous au gouvernement à ce sujet ?

 

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