Gazprom va-t-il abandonner Rabaska ?

Publié le 30/03/2009 à 00:00

Gazprom va-t-il abandonner Rabaska ?

Publié le 30/03/2009 à 00:00

Par Olivier Schmouker

Au quatrième trimestre, Gazprom a enregistré une perte de 260 milliards de roubles (9,5 milliards de dollars), alors qu’au trimestre précédent les gains avaient été de 147 milliards de roubles (5,4 milliards de dollars). Cette perte est essentiellement due à une réévaluation d’actifs.

En conséquence, Gazprom a prévenu que les investissements seront diminués cette année. Ceux-ci étaient initalement chiffrés à quelque 920 milliards de roubles (33,8 milliards de dollars).

«Mais pour l’instant, le conseil d’administration n’a pas encore statué sur les investissements concernés. Il le fera à la fin du premier trimestre», dit Andreï Krouglov, directeur financier, de Gazprom.

Les principaux projets ne seront pas touchés, «comme la construction du gazoduc North Stream vers l’Europe», a-t-il ajouté.

Vers une surproduction de GNL

Alors qu'arrivera-t-il de Rabaska, le projet de port méthanier sur le Saint-Laurent auquel Gazprom a promis de contribuer ? La direction de Gazprom n’a pas encore tranché, mais l'incertitude règne.

À la mi-mars, l'analyste russe Dmitri Alexandrov, de Financial Bridge, à Moscou, a émis une note selon laquelle Gazprom n'aurait plus l'intention de devenir actionnaire du projet Rabaska.

Et ce n'est pas tout. Une nouvelle étude du géant énergétique Total semble jouer en défaveur des projets tels que celui de Rabaska, car il y aurait surproduction en vue de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le monde.

Les capacités mondiales de production de GNL vont augmenter de 40% d’ici 2011, selon Total, si bien que la demande risque ne ne pas pouvoir tout absorber. Le risque ? Voir les prix chuter, et rendre des projets comme celui de Rabaska moins attrayant que prévu.

Selon Total, plus de 85 millions de tonnes de capacités de liquéfaction supplémentaires devraient arriver sur le marché mondial d'ici 2011, soit une hausse de 40 % par rapport aux capacités existantes. Rien qu’en 2009, l'augmentation pourrait être de 60 millions de tonnes, avec l’ouverture de plusieurs centres de production, comme ceux de Sakhaline2 et du gigantesque Qatargaz2 qui doit être inauguré le 6 avril.

La demande pourra-t-elle suivre une telle progression ? Rien n’est moins sûr, selon différents experts. Des analystes de Total croient que le marché américain va être de plus en plus demandeur de GNL, dans les années à venir, absorbant ainsi une grande partie des nouvelles offres. Mais d’autres se font moins optimistes, à l’image d’Armelle Lecarpentier, analyste chez Cedigaz : «À court terme, le marché du GNL va devoir faire face à des surcapacités de production. Ce sera probablement un marché d'acheteur jusqu'en 2011-2012», a-t-elle confié au journal Les Échos.

En fait, tout repose sur le seuil de rentabilité du GNL. Et personne ne sait au juste comment le chiffrer actuellement. «Quel est le seuil de rentabilité de cette activité? On voit des chiffres différents circuler sur le sujet», reconnaît Jean-François Cirelli, vice-président, de Gaz de France-Suez.

Le port méthanier de Rabaska doit ouvrir en 2014. Du moins c'est que qu'a affirmé le conglomérat à la tête du projet, il y a quelques semaines à peine.

En mai 2008, Gazprom a signé une entente préliminaire afin de devenir l’un des actionnaires du terminal méthanier Rabaska, situé à Lévis. Selon les détails de l’entente, le numéro un mondial du gaz naturel approvisionnera la pleine capacité du terminal.

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