Des dirigeables-cargos pour désenclaver les territoires éloignés


Édition du 06 Juin 2015

Des dirigeables-cargos pour désenclaver les territoires éloignés


Édition du 06 Juin 2015

LTA Aérostructures compte entamer la phase de production d’ici deux ans et demi à Mirabel. Le premier dirigeable devrait être prêt à voler et à être certifié d’ici un peu plus de trois ans.

Le marché canadien des dirigeables-cargos pourrait s'élever à 200 aéronefs, selon LTA Aérostructures. L'entreprise américaine souhaite en construire une soixantaine sur 10 ans afin de servir au transport de matériel dans le nord du Canada, y compris au Québec. Elle estime pouvoir générer un revenu annuel de 1 milliard de dollars.

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«Nous prévoyons fabriquer les dirigeables et les exploiter. Je crois que nous pourrons obtenir un bénéfice de 5 à 10 % pour la fabrication, ce qui est très bien en aérospatiale. Pour l'exploitation, les marges devraient être supérieures», dit Michael Dyment, président et chef de la direction. L'entreprise ne prévoit pas vendre ses dirigeables. Elle en restera la propriétaire et se chargera de les exploiter.

Depuis l'annonce de son implantation au Québec, en juillet 2014, LTA Aérostructures a engagé d'anciens dirigeants de Bombardier et a commencé à mettre sur pied son équipe d'ingénieurs. Elle s'est installée à Mirabel. Le nombre d'employés devrait passer de 12 à 60 d'ici la fin de l'année, puis augmenter ensuite à environ 150. L'entreprise compte entamer la phase de production d'ici deux ans et demi. Le premier dirigeable devrait être prêt à voler et à être certifié d'ici un peu plus de trois ans.

Deux modèles prévus

Deux types de dirigeables sont prévus. Le premier soulèvera 10 tonnes métriques de fret. Il est destiné au transport d'équipements comme des véhicules ou des machines utilisés par les entreprises pétrolières et gazières. Le second soulèvera 70 tonnes métriques et visera à transporter du minerai. Le marché canadien potentiel est d'une centaine d'appareils pour chaque type.

LTA devrait annoncer au cours de l'été l'obtention de premiers contrats auprès de clients, assure Michael Dyment. Les intéressés ? Des sociétés minières, gazières et pétrolières et les communautés des Premières Nations. Chacun de ces clients y voit des avantages.

Certaines communautés autochtones peuvent attendre jusqu'à deux ans avant d'obtenir une motoneige. Les routes de glace sont peu fiables. Les barges ne peuvent pas toujours se rendre à cause de la banquise, même en été, souligne le patron de LTA. «Nous pourrions établir un réseau de dirigeables entre différentes communautés et nous y rendre hebdomadairement, peu importe les conditions, qu'il fasse froid ou qu'il vente.»

Les minières, elles, pourraient exploiter des réserves pour l'instant intouchables. Au lac Izok, au Nunavut, il y a par exemple une réserve prouvée de zinc d'une valeur de plusieurs milliards de dollars. Impossible, cependant, d'obtenir les permis nécessaires au développement des infrastructures de la mine. La raison : celle-ci est à proximité d'une zone de reproduction de caribous dont la population est en déclin.

«Si on utilise des dirigeables pour sortir le minerai, l'impact environnemental est minuscule. On a étudié plusieurs mines. Le résultat est presque toujours le même. Construire une route coûtera 100 M$, 500 M$, voire 1 milliard de dollars, et prendra 10 ans. Un dirigeable peut commencer à sortir le minerai immédiatement», affirme M. Dyment. LTA Aérostructures serait la première du monde à utiliser des dirigeables pour ce type d'usage.

L'idée est intéressante, selon Valérie Fillion, directrice générale de l'Association de l'exploration minière du Québec. «Mais on a peu de détails sur le fonctionnement de ces appareils et du modèle d'entreprise, nuance-t-elle. Un dirigeable, ça atterrit où et comment ? Combien ça coûte ? Est-ce que c'est sécuritaire ?»

Il reste donc à convaincre le marché du potentiel de cette innovation avant de pouvoir juger si elle a un avenir solide au Québec.

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