Cap sur les produits à forte valeur ajoutée

Publié le 17/02/2009 à 00:00

Cap sur les produits à forte valeur ajoutée

Publié le 17/02/2009 à 00:00

Par La Presse Canadienne
Les États-Unis restent, de loin, le premier pays producteur de biens manufacturés en termes de valeur, avec 1600 milliards $ US en 2007, soit près du double de 1987 (811 milliards $ US). Pour chaque dollar de valeur ajoutée dégagé par les usines en Chine, celles d'Amérique dégagent 2,50 $ US.

En 2007, les Etats-Unis ont ainsi vendu pour plus de 200 milliards $ US en aéronefs, missiles et équipement pour l'espace, et pour 80 milliards $ US en automobiles et pièces détachées. Deere & Co. a par exemple écoulé pour 16,5 milliards $ US d'équipement agricole l'an dernier, principalement à l'exportation. Et l'on peut aussi citer le secteur énergétique, avec les turbines à gaz pour centrales de General Electric, les processeurs informatiques d'Intel, ou les avions de combat de Lockheed Martin. Quant aux marques de la vie de tous les jours comme General Electric, General Motors, IBM, Boeing et Hewlett-Packard, elles figurent parmi les entreprises manufacturières les plus profitables du pays.

Pour cela, l'activité manufacturière américaine s'est adaptée au fil des années. Elle fabrique aujourd'hui ce que les autres pays ne fabriquent pas: le label "Made in America" ornera plutôt du matériel lourd ou des circuits intégrés à d'autres produits que des téléviseurs, jouets, vêtements et autres produits de la vie quotidienne.

Elle privilégie les produits à forte valeur ajoutée en laissant partir les autres à l'étranger, ce qui se traduit par une hausse des bénéfices et une baisse des prix de vente.

Quand la demande ralentit, de nombreux emplois manufacturiers sont détruits, mais quand vient l'embellie, seule une partie des postes liés à la production de biens à forte valeur ajoutée est recréée. Les secteurs concurrencés par la production étrangère sont ceux qui souffrent le plus.

Ainsi, lorsque la récession actuelle sera passée, les entreprises manufacturières qui auront survécu en sortiront plus efficaces et plus profitables, estiment les économistes. De nombreux emplois auront été détruits, mais ces usines produiront des biens dégageant une plus grande marge et nécessitant moins de main-d'oeuvre.

Pour traverser la crise, Boeing a par exemple annoncé la suppression d'environ 10 000 emplois le mois dernier et réorganise ses chaînes de production pour économiser des millions de dollars, explique Richard McCabe, mécanicien depuis dix ans et syndicaliste. L'évolution a d'abord fait grincer des dents, mais moins que le recours accru à la sous-traitance étrangère. "J'ai dit aux gars: c'est ça ou crever. Si on y arrive, notre avenir est assuré", raconte M. McCabe.

Les statistiques reflètent cette adaptation: 8 pour cent des Américains (environ 12,7 millions) occupaient un emploi manufacturier en janvier 2009, contre 28 pour cent (14,6 millions) il y a 50 ans. Et quand 80 pour cent de la production était américaine il y a 30 ans, ce chiffre n'est plus que de 65 pour cent aujourd'hui, selon l'Alliance des industries manufacturières/MAPI.

L'industrie américaine fournit cependant encore la plus grande partie des produits alimentaires vendus aux Etats-Unis, des bâtonnets de poisson pané surgelés aux canettes de bière, du savon aux produits d'entretien et aux médicaments vendus en pharmacie. D'autres produits de grande consommation sont en revanche désormais partiellement ou totalement importés: 90 pour cent des chaussures, les jouets chinois, ou encore le baladeur numérique iPod d'Apple, fabriqué en Chine mais "conçu en Californie".

Et d'autres produits "Made in America", bien que passant inaperçus, restent très présents, comme ceux de Berner International: cette société de Pittsburgh, qui emploie 60 personnes, ne fabrique ni les vêtements, ni la vaisselle vendues dans les supermarchés Wal-Mart. Mais ses systèmes de ventilation équipent aussi bien ces magasins que ceux de la chaîne Starbucks ou les usines des constructeurs automobiles Ford et Toyota. Sa patronne, Georgia Berner, explique que ses employés possèdent un savoir-faire difficilement délocalisable et que pour lutter contre la crise, elle préfère améliorer la productivité.

Quant à l'industrie automobile, confrontée à une crise aiguë comparable à celle de l'acier au début des années 1980, elle a supprimé des milliers d'emplois et exige des syndicats qu'ils renoncent à des acquis sociaux, afin de réduire les coûts. C'est même l'une des conditions posées par le gouvernement, en contrepartie des 17,4 milliards $ US de prêts accordés à ce secteur pour lui éviter la faillite.

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