Bombardier: pas d'argent mais diversifions, dit Dominique Anglade

Publié le 28/09/2017 à 15:13

Bombardier: pas d'argent mais diversifions, dit Dominique Anglade

Publié le 28/09/2017 à 15:13

Par François Normand

La ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI), Dominique Anglade (source: Twitter)

La meilleure manière d’assurer la survie et la pérennité du Cseries de Bombardier est de diversifier les marchés d’exportation pour vendre l’appareil, affirme la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI), Dominique Anglade.


En entretien à Les Affaires, elle a exclu toute nouvelle aide financière –de nouvelles garanties de prêts, par exemple- pour soutenir Bombardier à la suite de l’annonce de l’imposition de droits compensateurs de 220% par le département américain du Commerce (DOC).


«Ce n’est pas une avenue pour nous. Ce qui va changer la donne pour Bombardier, ce n’est pas tant l’argent que la diversification des marchés», affirme Dominique Anglade, en évoquant l’Europe, l’Asie et l’Afrique.


BMO Marchés des capitaux estime que les États-Unis représentent 30% du marché mondial visé par le Cseries.


En Asie, il y a par exemple des négociations en Chine avec les trois plus grandes compagnies aériennes, négociations qui pourraient déboucher sur des contrats dans quelques mois, a indiqué l'agence Reuters. Un accord pourrait être annoncé lors d'une visite du premier ministre canadien Justin Trudeau en Chine, en octobre.


 Une diplomatie commerciale plus vigoureuse


Cette diversification des marchés passe par une diplomatie commerciale plus vigoureuse afin d’aider Bombardier à vendre le Cseries à l’étranger, même si les gouvernements le font déjà, par exemple au salon du Bourget à Paris.


«Ce volet-là, on le couvre déjà. Est-ce qu’on pourrait le couvrir davantage? Absolument!», lâche la ministre Anglade.


Dans le même temps, Québec et Ottawa tenteront d’infirmer la décision du DOC, tout en restant néanmoins réalistes compte tenu de la montée du protectionnisme aux États-Unis.


«Si le marché américain devait se fermer, il faut absolument redoubler d’efforts sur les marchés étrangers», insiste Dominique Anglade.


Le bois d’œuvre n’est pas un exemple à suivre


Concernant le marché américain, Québec exclut toute forme de soutien financier qui pourrait s’apparenter à celui accordé l’industrie du bois d’œuvre, qui doit elle aussi payer des droits compensateurs et antidumping (en l’occurrence de 27%).


Et la raison en est fort simple, précise Dominique Anglade.


Quand le DOC impose des droits compensateurs ou antidumping, ce sont les importateurs qui doivent payer ces tarifs.


Dans le cas du bois d’œuvre, ce sont les scieries canadiennes et québécoises qui sont considérées comme les importateurs, car elles livrent directement leur bois à leurs clients américains aux États-Unis.


Or, dans le cas de Bombardier et du Cseries, l’importateur est le transporteur Delta, qui a commandé 75 appareils -les avions commenceront à être livrés au printemps 2018.


C’est pourquoi le parallèle avec le bois d’œuvre est inapplicable, souligne avec insistance la ministre de l’Économie. «On ne peut pas utiliser l’argent des contribuables québécois pour soutenir Delta qui importe des produits qui sont taxés.»


Outre la diversification des marchés, Québec garde aussi espoir de trouver un troisième partenaire pour investir dans la Société en commandite Cseries.


Les deux premiers sont bien entendu Bombardier et le gouvernement québécois, qui a fait un investissement stratégique de 1,3 milliard de dollars pour aider l’avionneur québécois à développer son programme phare. Quand la société en commandite a été créée en juin 2016, Québec avait une participation de 49%, Aujourd'hui, elle est descendue à environ 39%, et ce, en raison des réinvestissements de Bombardier.


Dominique Anglade affirme que des discussions sont toujours en cours, mais sans vouloir donner plus de précisions. «Il y a toujours des discussions avec plusieurs personnes, dit-elle. Ce n’est pas quelque chose qui est fermé.»


Et le cas échéant, ce partenaire pourrait être une organisation qui aide Bombardier à ouvrir des marchés à l’étranger, précise la ministre.


 


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