Anticosti, un Éden sauvage trompeur

Publié le 17/09/2009 à 00:00

Anticosti, un Éden sauvage trompeur

Publié le 17/09/2009 à 00:00

Anticosti, un eldorado de l'or noir ?

À l’exception d’un parc national et des deux petites réserves écologiques, «l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz ne sont pas interdites » sur l’île d’Anticosti, tranche maître Hélène Giroux, juriste au ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec en entrevue avec LesAffaires.com. Et en fait, il en a toujours été ainsi. 

Une réglementation relatives à l’exploitation minière est émise depuis 1974. Toutefois, aucune restriction quant à l’exploration pétrolière et gazière – et du coup à l’exploitation de sites potentiels - n’a été émise.

Mais le mythe de l’île d’Anticosti comme aire protégée reste très ancré au sein de la population. Au fil des dernières années, le discours gouvernemental a aussi laissé entendre qu’il en était ainsi, indique Sylvain Archambault de la Société pour la nature et les parcs et consultants en environnement. « Longtemps, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a présenté la totalité de l’île d’Anticosti comme une aire protégée.»

Sylvain Archambault rappelle que ce discours a particulièrement été répandu à partir du dévoilement de la Stratégie québécoise sur les aires protégées (2002) qui vise à protéger de 8% du territoire provincial.

Pendant près cinq ans, le Québec y a inclus l’île d’Anticosti. À tort… Des coupes forestières y sont pratiquées depuis 1908. L’exploitation minière, interdite dans plusieurs zones, y est permise sous certaines conditions. Celle des hydrocarbures, par contre, y est permise sur plus de 92% du territoire. 

Flou réglementaire ?

Par ailleurs, 99% de la superficie d'Anticosti est « cartographié à titre d’aire de confinement» du cerf de Virginie, un territoire protégé par le Règlement sur les habitats fauniques et la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. Ces réglementations stipulent essentiellement que l’exploration – l’exploitation n’y est pas mentionnée – y est permise, tant qu’elle ne modifie pas l’environnement du cervidé.

Est-ce que l’exploration ou l’exploitation potentielle de la précieuse ressource aurait un impact sur l’environnement du cerf de Virginie ? Si oui, quelle réglementation aurait préséance ? À ce sujet, les experts et avocats spécialisés dans le domaine interviewés par LesAffaires.com proposent des interprétations bien différentes. Plusieurs responsables au ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec ont été contactés afin de savoir quelle réglementation a préséance. Nous attendons toujours leur réponse.

Les aires protégées totalisent 614 km2 et représentent un peu moins de 8% du territoire :
• Parc national d’Anticosti (572 km2)
• Réserve écologique du Grand-Lac-Salé (23 km2) ;
• Réserve écologique de la pointe-Heath (19 km2).

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