Airbus souffre des retards des moteurs de l'A320neo mais maintient son objectif de livraisons pour 2018

Publié le 27/04/2018 à 07:23

Airbus souffre des retards des moteurs de l'A320neo mais maintient son objectif de livraisons pour 2018

Publié le 27/04/2018 à 07:23

Par AFP

Airbus a été affecté par les retards autour de la livraison des moteurs de l'A320neo au premier trimestre, mais l'avionneur maintient son objectif de livrer "environ 800" avions commerciaux au cours de l'année, sous réserve que les motoristes suivent.

Le bénéfice net a chuté de 30% à 283 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires consolidé de 10,1 milliards d'euros (-11%) «reflétant essentiellement la faiblesse des livraisons d’avions commerciaux», a annoncé l'avionneur vendredi.

Airbus a livré 121 avions au premier trimestre, contre 136 au cours de la même période l'an dernier.

«La performance du premier trimestre reflète le manque de disponibilité des moteurs pour l'A320neo», a déclaré Tom Enders, le président exécutif. «Les résultats financiers le montrent clairement.»

«Cette situation est délicate pour tout le monde, mais la confiance exprimée par les motoristes et leur aptitude à honorer leurs engagements nous permettent de confirmer nos prévisions pour l'exercice complet», a-t-il ajouté.

«L'objectif de livrer environ 800 avions commerciaux augure tout de même d'un plan de charge particulièrement intense cette année», a-t-il relevé. L'avionneur précise que cet objectif est «sous réserve que les motoristes respectent leurs engagements».

Des problèmes de maturité des moteurs Pratt & Whitney ainsi que des difficultés avec le Leap, développé par Safran et General Electric au sein de leur co-entreprise CFM International, ont ralenti les livraisons d'A320neo, la version remotorisée du moyen-courrier vedette d'Airbus.

Airbus a commencé à recevoir de Pratt & Whitney de nouveaux moteurs GTF spécialement modifiés, et les livraisons d'avions équipés de ces moteurs ont pu reprendre.

Il travaille également étroitement avec CFM International, «qui s'emploie à rattraper les retards de production auxquels il a été confronté».

Selon le directeur commercial, Harald Wilhelm, plus de 60 appareils sont en attente de livraison en raison de ces retards. 

Accélérer les cadences

Malgré cela, Airbus a lancé une étude de faisabilité auprès de la chaîne d'approvisionnement pour accélérer les cadences de production en raison «de la forte demande de l'A320neo et de son important carnet de commandes».

Il espère porter à 63 les livraisons mensuelles d'A320neo à partir de la fin 2019, contre 60 prévus initialement, a expliqué Harald Wilhelm en conférence d'analystes. Tom Enders voudrait aller plus loin: "D'un point de vue commercial, nous voyons tout à fait des éléments solides pour soutenir une cadence allant même plus haut, jusqu'à 70 ou plus", a-t-il déclaré lors de l'Assemblée générale du groupe.

Sur le long-courrier, Airbus «a décidé de réduire les livraisons d'A330 à 50 par an environ en 2019», contre 67 en 2017. L'appareil est en phase de transition vers la version neo remotorisée, dont la première livraison est prévue cet été.

L'A330neo a subi un revers commercial face à Boeing début mars. La compagnie américaine Hawaiian a annulé une commande de six A330neo-800 au profit du "Dreamliner", laissant le 330neo-800 sans commande ni compagnie de lancement.

Son grand frère, l'A330neo-900, a toutefois été commandé à 214 exemplaires, et Tom Enders reste confiant dans le succès commercial de l'appareil. Airbus table notamment sur le marché de remplacement de l'actuel A330, qui va monter en puissance ces prochaines années.

«Je suis certain que l'A330 restera dans la compétition au cours des années à venir», a-t-il déclaré en marge de l'Assemblée générale.

L'A330 est l'un des best-sellers d'Airbus, avec environ 1.700 appareils commandés dont 1.400 sont encore en service.

Enfin l'A350, dernier-né sur le segment long-courrier, continue d'accélérer et «devrait atteindre la cible des 10 livraisons mensuelles d'ici la fin de l’année».

Le premier A350-1000 a été livré au premier trimestre et l'A350-900 ULR (Ultra Long Range) a réalisé son vol inaugural en avril.

A propos du CSeries, Airbus espère boucler vers le milieu de l'année l'accord signé en 2017 avec Bombardier, selon Harald Wilhelm, et s'apprête à vendre l'appareil "en grande quantité" en réduisant notamment les coûts d'approvisionnement auprès de ses fournisseurs.

Airbus a enregistré 45 commandes nettes d’avions commerciaux en 2018, portant son carnet de commandes à 7.189 appareils au 31 mars.

Les commandes nettes d'hélicoptères ont augmenté à 104 appareils, une bonne nouvelle alors que ce marché est morose depuis 2015.

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