La banque d'affaires d'UBS passe au couperet

Publié le 17/11/2011 à 17:04, mis à jour le 18/10/2013 à 10:19

La banque d'affaires d'UBS passe au couperet

Publié le 17/11/2011 à 17:04, mis à jour le 18/10/2013 à 10:19

Par AFP

La première banque suisse UBS a annoncé jeudi un remaniement de sa banque d'affaires, prévoyant de réduire de moitié les actifs de cette unité, à l'origine des pertes abyssales durant la crise des "subprime", et de supprimer des effectifs d'ici fin 2016.

L'établissement zurichois a ainsi actualisé sa stratégie et ses objectifs en matière de capital lors de sa journée des investisseurs à New York. Elle avait franchi une première étape dans son repositionnement en confirmant mardi le directeur général par intérim Sergio Ermotti à son poste.

Il avait été propulsé le 24 septembre à la tête de la banque de façon temporaire, après le départ surprise d'Oswald Grübel consécutif au scandale de fraude massive d'un trader londonien.

Soucieuse de centrer désormais sa stratégie sur les "activités de gestion de fortune", qui gèrent près de 1 400 milliards de francs suisses (1 130 milliards d'euros) d'actifs investis, UBS entend en revanche réduire la voilure en matière de banque d'affaires.

"La banque d'investissement est aussi une clé" du succès de la banque "mais elle doit être moins complexe (...) et rentable", a ainsi relevé M. Ermotti devant les investisseurs.

Aussi, "les actifs pondérés en fonction des risques d’Investment Bank selon Bâle III, qui avoisinent aujourd’hui les 300 milliards de francs (242 millions d'euros), doivent être réduits d’environ 145 milliards de francs, soit près de 50%", annonce UBS, précisant que cette unité "recourra à nettement moins de capital afin de dégager des rendements stables pour ses actionnaires".

"Nous allons réduire et dans certains cas abandonner certaines activités dont les rendements corrigés du risque ne sont pas satisfaisants", a déclaré M. Ermotti.

"Par exemple, nous allons abandonner les activités de titrisation d'actifs", une technique financière utilisée par les banques pour convertir des portefeuilles de crédits en titres financiers, qu'elles cèdent ensuite sur les marchés, a-t-il détaillé.

"Au total, nous estimons que l'impact de l'abandon et de la réduction de ces activités sera de 500 millions de francs suisses en termes de revenus", a-t-il détaillé.

Ce remaniement aura aussi des conséquences sur l'emploi puisque les effectifs de la banque d'affaires devraient atteindre environ 16.500 d’ici à fin 2013 et 16 000 d'ici à la fin de 2016, contre environ 18 000 actuellement.

En août la banque avait déjà annoncé la suppression de 3 500 emplois, dont 45% dans la banque d'affaires, soit environ 1 600.

"Il y aura entre 400 à 500 réductions [d'emplois] de plus par rapport à ce qui a été annoncé en août pour la banque d'investissement", a précisé un porte-parole.

Ce remaniement de la banque d'affaires, qui a réalisé au troisième trimestre la plus mauvaise performance du groupe, n'est pas une surprise pour les analystes.

Mardi, M. Ermotti avait averti: "nous devons nous recentrer sur notre ADN", à savoir la gestion de fortune. Une position "dominante" que la direction entend accroître "en Suisse, en Europe, en Asie-Pacifique et dans les pays émergents".

UBS se montre par ailleurs confiante quant à ses activités de gestion de fortune aux États-Unis, estimant que l'unité devrait dégager un bénéfice annuel avant impôt de 1 milliard de dollars.

"En réduisant les risques et en adoptant une gestion des coûts plus stricte, nous comptons offrir des rendements plus attrayants à nos actionnaires et inscrire notre rendement des fonds propres entre 12% et 17%" contre 15% à 20% auparavant, a également déclaré M. Ermotti.

La banque s'est par ailleurs fixé l’objectif de 13% pour le ratio d’actions ordinaires de catégorie 1 au regard des exigences de Bâle.

La direction a également annoncé qu'elle allait proposer un "dividende de 0,10 CHF par action au titre de l’exercice 2011 puis mettre en place ensuite un plan progressif de restitution du capital".

Le dernier dividende avait été versé en 2009 pour l'année 2008. UBS avait depuis cessé de rémunérer ses actionnaires, après les pertes colossales subies durant la crise des subprime américains.

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