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Partager la responsabilité en SST: une affaire d’entreprise!

Événements Les Affaires|Mis à jour le 11 avril 2024

Partager la responsabilité en SST: une affaire d’entreprise!

Impossible pour une organisation, peu importe sa taille, de réussir sur le plan de la prévention en Santé et sécurité du travail si ce volet n’est assumé que par une seule personne, voire même par un petit groupe d’employés expérimentés. « Pour réduire les incidents, il faut instaurer une culture de responsabilité partagée. C’est le défi que nous relevons actuellement », raconte Kathleen Côté, coordonnatrice SST division Ciment chez Lafarge Holcim, groupe mondial spécialisé dans la production et la commercialisation de matériaux de construction. Mme Côté viendra exposer les enjeux de cette transition avec son collègue Pierre-Luc Haché, coordonnateur SST division Granulat, lors de la conférence SST, présentée par les Événements Les Affaires le 11 septembre prochain à Montréal.

Quel a été l’élément déclencheur pour favoriser une responsabilité partagée SST au sein de votre organisation ?

Kathleen Côté : En 2015, les sociétés Lafarge et Holcim ont fusionné. La formation d’un groupe mondial a entraîné des transformations majeures de structure et de culture au sein de l’organisation. Cette restructuration a favorisé une centralisation de la gestion de plusieurs départements, dont la fonction SST. Nous sommes passés d’un modèle traditionnel où chaque usine avait son propre représentant et ses propres règles SST à un modèle où la responsabilité SST est désormais partagée : elle repose autant sur les épaules des employeurs que des employés.

Comment se passe cette transition ?

K.C. : Ce n’est pas évident dans un secteur d’activité traditionnel. Le grand défi consiste à changer la culture et obtenir l’adhésion du personnel dans un environnement où les activités et le degré de sécurité varient d’une usine à l’autre. Certaines de nos usines comptent jusqu’à 160 activités différentes !

Bannière présentant la conférence SST

Quels sont les éléments qui favorisent l’implantation de cette nouvelle responsabilité partagée ?

K.C. : Les superviseurs jouent un rôle majeur dans cette transition. Des rencontres de sécurité se tiennent une fois par mois entre les superviseurs et leur équipe. On y traite d’un thème central ainsi que des alertes sécurité soulevées dans les autres usines de la région Est du Canada. Des rencontres mensuelles ont également lieu entre l’équipe SST et les superviseurs afin d’échanger sur les défis amenés par certains aspects de la sécurité au quotidien, comme les équipements et les méthodes de travail. Des réunions d’usine en présence de tous les employés se déroulent une fois par mois afin d’effectuer une revue des incidents et des bons coups, et de discuter des nouvelles directives en SST. Les superviseurs font aussi plusieurs tournées d’observation sur le terrain pour initier le dialogue entre les travailleurs et la direction.

Quels sont selon vous les facteurs de succès pour réussir ce partage de responsabilité ?

K.C. : Il est impossible de réaliser cette transition sans l’engagement de la haute direction. Comprendre les préoccupations de la direction et celles des travailleurs en plus de développer ses capacités d’analyse critique face aux enjeux de sécurité et de production figurent parmi les qualités essentielles pour réussir. La coordination et l’encadrement des activités de prévention, les concessions, la conciliation et la cohérence de nos décisions avec nos actions sont également des éléments critiques. Et surtout, il faut apprendre à reconnaître ses limites, car il est impossible de maîtriser toutes les spécialités de la SST, les lois, les règlements les codes et les normes! Il est donc essentiel de savoir bien s’entourer pour réussir.