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NPD: la pénurie n’est pas une excuse pour nuire aux travailleurs

La Presse Canadienne|Mis à jour le 26 avril 2024

NPD: la pénurie n’est pas une excuse pour nuire aux travailleurs

Le NPD promet également d’accroître l’accessibilité à l’assurance-emploi. (Photo: La Presse Canadienne)

La pénurie de main-d’œuvre ne doit pas être une excuse pour nuire aux travailleurs dont les conditions de travail sont précaires, plaide Alexandre Boulerice. L’immigration reste la solution au manque de travailleurs et un gouvernement néo-démocrate tenterait d’influencer Québec pour l’inciter à accueillir davantage d’immigrants économiques, ajoute le candidat. 

Le député sortant de Rosemont s’inscrit en porte-à-faux avec le Conseil du patronat du Québec (CPQ) qui estime que la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) aggrave la pénurie de main-d’œuvre en décourageant la recherche d’emploi.

Au départ, le programme versait 1000 $ aux deux semaines pour les 42 premières semaines et 600 $ de la 43e à la 50e semaine. Depuis le 17 juillet, les nouveaux prestataires reçoivent 600 $ aux deux semaines. 

Cela représente un montant de 300 $ par semaine, ou 8,57 $ l’heure pour une semaine de travail de 35 heures. «Si une personne refuse un emploi pour chèque de 300 $, c’est probablement que les conditions d’emploi ne sont pas très intéressantes», dit M. Boulerice, dans le cadre d’une série d’entrevues visant à discuter des plateformes économiques des principaux partis fédéraux. 

La solution à la pénurie de main-d’œuvre passe inévitablement par l’immigration, estime le seul député sortant du NPD au Québec. Selon lui, Ottawa doit accélérer le traitement des dossiers d’immigration, une demande partagée par le milieu des affaires. «C’est épouvantable! Le ministère de l’Immigration, depuis deux ans, ils ont défoncé tous les délais possibles et imaginables.»

Une partie de la solution passera toutefois par un autre gouvernement: celui du Québec responsable de l’immigration à caractère économique. M. Boulerice accuse le gouvernement de ne pas accueillir suffisamment d’immigrants. «Malheureusement, M. Legault veut aller dans l’autre direction, il complique la pénurie de main-d’œuvre en ce moment.»

À son arrivée au pouvoir, le gouvernement Legault a abaissé les cibles d’immigration de 53 000 à environ 40 000 personnes, affirmant que cette décision permettait de mieux accueillir les personnes qui s’installent dans la province. Ce seuil devrait toutefois revenir aux alentours de 50 000 en 2022. La CAQ s’est aussi donné l’objectif d’augmenter la proportion des dossiers issus de l’immigration économique. 

Un gouvernement du NPD respecterait les compétences provinciales en matière d’immigration, même si cela avait pour effet de diminuer sa marge de manœuvre pour combattre la pénurie de main-d’œuvre, avance M. Boulerice. «On ne veut pas rouvrir l’accord signé entre Québec et Ottawa là-dessus, mais c’est sûr qu’un gouvernement néo-démocrate pousserait dans le sens de favoriser davantage d’immigration.»

Au cabinet de la ministre québécoise de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Nadine Girault, on n’a pas souhaité réagir au propos du candidat.  

Le NPD promet également d’accroître l’accessibilité à l’assurance-emploi. La «priorité» est de permettre à certaines catégories de travailleurs, comme les travailleurs autonomes, de cotiser au régime et d’y avoir accès. «Si on avait eu un bon régime d’assurance-emploi, on n’aurait pas eu besoin de créer la PCU.»

 

Faire payer les riches

L’impôt des grandes entreprises et des plus fortunés augmenterait sous un gouvernement dirigé par Jagmeet Singh. «Les milliardaires et les très grandes compagnies qui s’en sont mis plein les poches pendant la pandémie doivent contribuer davantage et non pas les travailleurs et leur famille», dénonce M. Boulerice. 

La plateforme du parti de gauche veut ramener le taux d’imposition des grandes sociétés de 15% à 18% sur leurs bénéfices, soit le taux en vigueur en 2010. Elle prévoit aussi l’instauration d’un impôt rétroactif temporaire de 15% sur les bénéfices des grandes sociétés «qui ont profité de la pandémie».

M. Boulerice ne croit pas qu’une augmentation de l’impôt des sociétés pourrait rendre l’économie canadienne moins concurrentielle, comme l’affirment les représentants du milieu des affaires. Il souligne que le président américain Joe Biden veut, lui aussi, accroître le taux d’imposition des grandes sociétés. 

Le NPD prévoit aussi une série de mesures fiscales visant les investisseurs et les plus fortunés. Le taux d’inclusion des gains en capital passerait de 50% à 75%. Le taux marginal d’imposition des contribuables ayant un revenu supérieur à 210 000 $ augmenterait de 33% à 35%. Un impôt de 1% sur la fortune sera imposé aux personnes dont la valeur de leurs actifs est supérieure à 10 millions $. 

 

De l’aide pour les PME

M. Boulerice assure que les PME ne sont pas visées par ces mesures fiscales et qu’elles seraient, au contraire, les bénéficiaires de plusieurs mesures économiques prônées par les néo-démocrates. Par exemple, le parti veut prolonger la subvention salariale d’urgence et la subvention d’urgence pour le loyer jusqu’à ce que les entreprises en difficulté soient en mesure de rouvrir complètement leurs portes. Il suggère également l’instauration d’une prime à l’embauche à long terme pour aider les PME. 

Le NPD veut aussi plafonner à 1% les frais de carte de crédit payés par les commerçants. «Ça peut n’avoir l’air de pas grand-chose, mais ça peut faire toute une différence. Il y a un abus [de la part des émetteurs de cartes de crédit] qui réduit la rentabilité des petits commerçants.»