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Main-d’oeuvre: des progrès, mais beaucoup reste à faire

François Normand|Mis à jour le 26 avril 2024

Main-d’oeuvre: des progrès, mais beaucoup reste à faire

(Photo: 123RF)

BUDGET DU QUÉBEC. Même si elles soulignent certains progrès, les associations patronales déplorent le fait que le budget n’aille pas assez loin pour atténuer la pression sur les employeurs qui pâtissent de la pénurie de main-d’œuvre.

Elles saluent par exemple l’introduction d’un choix de cesser de verser des cotisations au Régime des rentes du Québec (RRQ) pour les travailleurs âgés de 65 ans et plus, ce qui augmentera le bassin de travailleurs au Québec.

«Toutes les générations de travailleurs sont des atouts pour les employeurs, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre», insiste le PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Charles Milliard.

 

Allégement fiscal désiré

En revanche, il aurait aimé que le ministre des Finances, Eric Girard, propose un allégement fiscal pour les travailleurs âgés de plus de 60 ans qui souhaite continuer à travailler.

«Ce type de mesure, que nous réclamons depuis trois ans, n’existe pas», précise Charles Milliard.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), division Québec, salue aussi la mesure concernant le RRQ, mais elle fait remarquer qu’elle n’est pas suffisante pour renverser «le manque d’employés» qui ne fait qu’empirer.

«Le nombre de postes vacants des PME québécoises a augmenté de 73% en cinq ans, passant de 95 000 en 2017 à 165 100 en 2022», souligne François Vincent, vice-président pour le Québec de la FCEI.

 

La fiscalité des PME?

Il affirme que le ministre des Finances aurait pu alléger la fiscalité des PME québécoises, en rappelant que le Québec est la province où la fiscalité des petites entreprises «est la moins favorable» au Canada.

Selon la FCEI, les PME québécoises assument des taxes sur la masse salariale 32% plus élevées qu’en Ontario. De plus, huit provinces canadiennes affichent un taux d’imposition plus bas qu’au Québec, selon la FCEI.

Au 1er janvier 2022, le taux d’impôt réduit des PME québécoises (déduction pour les petites entreprises) s’élevait à 3,2%, alors que la moyenne canadienne (excluant le Québec) était de 2,4%.

En revanche, la Saskatchewan et le Manitoba affichent un taux de 0%.

C’est le même discours du côté de Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ). L’association affirme qu’il devient «urgent» d’accroître le nombre de travailleurs disponibles, déplorant du coup que le budget «n’aura pas d’impact réel en ce sens».

«On aurait souhaité que les 15 métiers les plus en demande au Québec soient reconnus dans le Plan d’action pour la main-d’œuvre», affirme Véronique Proulx, PDG de MEQ.

Parmi ces métiers, on retrouve les soudeurs, les mécaniciens d’équipements lourds, les opérateurs de machines, les électromécaniciens ainsi que les ingénieurs électriques.

Cela dit, MEQ se réjouit des mesures pour rendre la formation professionnelle plus attrayante auprès des jeunes, tout comme celles pour favoriser l’intégration des immigrants dans les entreprises en les aidant à apprendre le français.

 

Et l’immigration?

Toutefois, ce n’est pas un «game changer» pour aider les employeurs à recruter de nouveaux employés, fait remarquer Véronique Proulx. «C’est bien, mais ça n’amène pas du nouveau monde dans les usines», insiste-t-elle.

MEQ aurait souhaité par exemple que Québec mette en place une voie d’accès prioritaire vers l’immigration permanente, et ce, auprès des travailleurs étrangers temporaires qui ont déjà un emploi.

L’association aurait également souhaité que le gouvernement caquiste augmente «de façon considérable» l’offre de logements aux quatre coins du Québec.

Une mesure qui permettrait d’attirer plus de travailleurs dans les régions, où il y a aussi une pénurie d’appartements et de maisons.

 

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