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Jour 2: l’heure est à la lutte au coût de la vie pour séduire

La Presse Canadienne|Mis à jour le 26 avril 2024

Jour 2: l’heure est à la lutte au coût de la vie pour séduire

(Photo: La Presse Canadienne)

Québec — En cette deuxième journée de campagne électorale au Québec, c’est l’enjeu du coût de la vie et du fardeau fiscal qui retient l’attention.

La Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) ont tous deux mis de l’avant leurs propositions visant à laisser plus d’argent dans le portefeuille des contribuables, aux prises avec une inflation galopante et un fardeau fiscal élevé.

Le PLQ s’est engagé à geler les tarifs d’Hydro-Québec et à abolir la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les produits de première nécessité. Le «Plan portefeuille» de la cheffe Dominique Anglade prévoit aussi une baisse d’impôt de 1,5% pour les deux premiers paliers d’imposition.

En entrevue à La Presse Canadienne, Dominique Anglade a aussi affirmé qu’elle était prête à prendre le pouvoir, même si son parti ne fait pas bonne figure dans les sondages. Elle mise sur le mécontentement croissant de la population qu’elle observe envers le gouvernement Legault pour espérer former le prochain gouvernement.

Début de campagne compliqué dans la région de Québec pour le Parti libéral (PLQ): le candidat dans Vanier-Les Rivières, François Beaulé, s’est retiré de la course lundi, tandis que la cheffe Dominique Anglade a fait campagne dans Jean-Talon, une circonscription qui n’a toujours pas de candidat.

Quant au chef caquiste François Legault, il dit adopter une approche «responsable» avec son «bouclier contre l’inflation», en visant de réduire d’un point de pourcentage les deux premiers paliers d’imposition dès 2023. Sur dix ans, le parti prévoit une diminution de 2,5 des versements faits au Fonds des générations.

D’après Dominique Anglade, les caquistes financent une promesse «sur le dos des générations futures», en pigeant dans le Fonds des générations. «Pour moi, c’est inconcevable», a-t-elle déclaré, qualifiant l’annonce d’«épouvantable» à tous points de vue.

Plus tard, François Legault a annoncé une deuxième mesure de nature fiscale. S’il est réélu, il promet d’envoyer en décembre un chèque de 600 $ à tous les Québécois ayant un revenu inférieur à 50 000 $, et un montant de 400 $ à tous ceux ayant un revenu se situant entre 50 000 $ et 100 000 $.

Il devrait annoncer dans les prochains jours deux autres mesures de son «bouclier contre l’inflation».

Le premier ministre sortant a par ailleurs décoché des flèches à l’endroit des oppositions libérale et conservatrice, qui selon lui n’adoptent pas une bonne stratégie pour aider les familles.

«Des oppositions proposent de baisser les coûts de l’essence, de baisser la taxe sur certains produits, veulent enlever la liberté aux Québécois de choisir quoi faire avec leur argent», a-t-il déclaré en point de presse à Québec.

Des déclarations condamnées

Par contre, si la cheffe libérale a voulu amener le débat sur le terrain de l’économie, elle n’a pu éviter de répondre à plusieurs questions des journalistes sur les déclarations controversées de l’un de ses candidats.

Dominique Anglade s’est dit en désaccord avec l’aspirant député libéral de Brome-Missisquoi, Claude Vadeboncoeur, qui avait traité la CAQ de parti raciste et xénophobe dans des courriels obtenus par le quotidien «Le Devoir».

«Je ne pense pas que ce soit le cas», a tranché la cheffe libérale Dominique Anglade, en conférence de presse à Québec.

Santé, langue et troisième lien

De leur côté, les autres partis d’opposition ont amené le débat ailleurs.

En conférence de presse à Montréal avec son «équipe santé», le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a suggéré de faire d’Info-Santé le premier point de contact entre le patient et le réseau de santé, en complémentarité avec le guichet d’accès à la première ligne du réseau.

Le parti de gauche veut que les personnes qui téléphonent au 811 puissent être dirigées adéquatement vers la bonne ressource en santé, que ce soit l’urgence, une clinique ou un pharmacien.

Quant au chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, il est revenu à la charge pour montrer sa détermination à promouvoir la langue française, qui selon lui est en déclin en partie à cause du gouvernement caquiste, jugé trop frileux.

Le PQ promet d’adopter une nouvelle loi 101 pour faire face à ce qu’il qualifie «d’urgence linguistique». Il prône notamment une immigration économique 100% francophone, pour contrer le déclin du français au Québec.

Finalement, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a présenté son projet de troisième lien, un pont au lieu d’un tunnel, et il a profité de cette occasion pour réclamer la démission du ministre sortant Éric Caire, qui s’était engagé, en 2018, à démissionner si le gouvernement caquiste ne parvenait pas à soulever une première pelletée de terre pour construire le troisième lien entre Québec et Lévis durant le mandat qui s’achève. Or, cette pelletée de terre n’a pas eu lieu.

Le Parti conservateur a aussi rapporté que deux de ses bénévoles avaient été menacés, alors qu’ils s’affairaient à installer des affiches électorales du parti, au cours de la fin de semaine.