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Et si «développement immobilier» rimait avec «communauté»

Le courrier des lecteurs|Mis à jour le 11 avril 2024

Et si «développement immobilier» rimait avec «communauté»

Un texte écrit par Alexandre Bourdage et Jean-Pascal Provost, fondateurs de l’entreprise Ecôm Habitat

 

COURRIER DES LECTEURS. C’était d’abord un rêve qui faisait son chemin dans notre esprit depuis longtemps. Puis, c’est devenu une idée plutôt utopique lancée lors d’une soirée arrosée entre amis. Aujourd’hui, c’est un projet d’affaires que nous tentons chaque jour de réaliser au meilleur de nos capacités. Et si «développement immobilier» rimait avec «développement de communautés»?

Pour nous, ça représente l’idée qu’on peut vivre autrement et contribuer humblement à la revitalisation des régions et créer un milieu de vie qu’on pourra léguer à nos enfants. C’est notamment ce que nous sommes en train de faire à Saint-Côme depuis l’achat de cinq millions de pieds carrés de terre qui sont divisés en une quarantaine de terrains et dont les nouveaux propriétaires devront comprendre la valeur de la participation citoyenne.

On va se le dire, ce n’est pas le développement immobilier écoresponsable, la création de communautés et la revitalisation des régions qui devraient être complexes à mettre en place. C’est la construction immobilière irréfléchie et massive que l’on voit apparaître partout au Québec que l’on gagnerait à revoir.

Donner un second souffle à des municipalités qui les ont accueillis à bras ouverts, d’autres l’ont fait avant nous. On pense à l’auteur-compositeur Pilou, qui a fait l’acquisition de l’église de Saint-Adrien en plein cœur de la MRC des Sources, en Estrie, avant d’acheter le presbytère adjacent et de le transformer en l’une des plus belles auberges que nous avons eu l’occasion de voir dans notre vie. Il l’a fait et a ensuite encouragé d’autres à le rejoindre ou à faire comme lui.

Mais serait-il possible de faciliter ce mode de développement immobilier afin de retirer plusieurs barrières techniques aux entrepreneurs qui, comme nous, rêvent de contribuer à l’établissement d’un projet d’habitation inspiré par la participation citoyenne?

Nous sommes déjà nombreux à venir s’installer dans ce nouvel environnement de vie et nous sommes enthousiastes à l’idée de voir s’élever des maisons à tendance écologique. La motivation est aussi très présente, puisque c’est l’Association des propriétaires du projet Horizôm qui décidera de plusieurs aspects de l’administration du territoire. Par exemple, l’aménagement du terrain collectif destiné aux occupants, l’entretien des sentiers pédestres et des parcs, ou encore la mise en place d’activités familiales, pour ne nommer que ces points. De plus, nous entretenons une relation privilégiée avec la municipalité de Saint-Côme et nous nous y installons en douceur.

Bien sûr, vous me direz que les coûts de construction de maisons écoresponsables sont plus élevés que les habitations traditionnelles et vous avez raison. Cela dit, par les nombreux gains énergétiques qui seront réalisés au fil du temps et par la durabilité des maisons, les propriétaires en seront gagnants. Maintenant, il faut que les législations en place favorisent l’établissement en région et qu’un mouvement durable et vert fasse une place primordiale à la participation citoyenne.

Jean-Pascal Provost et Alexandre Bourdage (Photo: courtoisie)

 

Décider ensemble de ce que l’on veut créer

Ça peut vous sembler utopique que de pouvoir décider ensemble de ce que l’on souhaite réaliser pour notre quartier, Horizôm. Aux quatre coins du Québec, nous avons vu émerger ces types d’initiative dans lesquels des familles s’organisent afin de concevoir un milieu de vie à leur image, écologique, partagé et bénéfique pour leurs enfants. On réfléchit à la localisation d’un grand jardin communautaire, de la piscine, des jeux extérieurs pour les jeunes et des espaces communs. Pourquoi? Pour vivre mieux. Est-ce facile de mettre cela en place? De notre côté, l’ouverture de la municipalité nous offre une belle latitude, mais ce concept de milieu de vie citoyen est encore méconnu du grand public.

 

Durable et citoyen, c’est aussi de réduire la location court terme

Le sujet fait rage dans les médias, notamment avec la montée en puissance du développement immobilier massif. Nous savons que l’achat d’une résidence secondaire peut être alléchant dans la mesure où la location court terme par Airbnb est permise. Ainsi, dans le pire des cas, on se retrouve à vivre dans des quartiers où les propriétaires ne sont pas occupants et ne contribuent pas au développement social et communautaire de l’endroit. Bien que dans notre projet, à Saint-Côme, la location à court terme est permise, nous pensons qu’il est de notre devoir d’encadrer ces pratiques afin de favoriser l’harmonie entre tous. C’est pourquoi, en plus d’offrir un support aux propriétaires pour effectuer de la location responsable, nous proposerons un quota sur le nombre de nuitées possibles que peut «louer» un propriétaire afin de favoriser un milieu de vie agréable pour tous. Le comité citoyen veillera à faire respecter cette norme pour la quiétude de tous les habitants.

C’est le rêve que nous avions et qui prend forme aujourd’hui. Ça commence par de petits gestes citoyens. Il y a moyen de faire les choses différemment, de renverser la courbe de la dévalorisation des régions et de décider par nous-mêmes, en s’associant. Ce mouvement existe ailleurs dans le monde, alors pourquoi ne pas le faire rayonner ici et réfléchir ensemble à notre développement? Donner de l’importance à l’économie d’impact et non pas seulement à l’économie financière. C’est aussi cela, faire rimer «développement immobilier» et «communautés».