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Compétivert fait déjà des heureux

Maxime Bilodeau|Édition de la mi‑septembre 2021

Compétivert fait déjà des heureux

La Ferme d'hiver bénéficie d'une l'aide financière de Compétivert mise à la disposition des entreprises qui veulent réaliser des projets impliquant l'intégration de technologies propres. (Photo: courtoisie)

LA COMPÉTITIVITÉ VERTE. Avant de lancer son service de diagnostic de performance environnementale industrielle dans le cadre de son initiative Compétivert, Investissement Québec (IQ) voulait le mettre à l’épreuve. La société d’État a donc cogné à la porte de Soprema à la fin de 2020.

Ce choix n’était pas fortuit. La division canadienne de cette multinationale manufacturière spécialisée dans la fabrication de produits d’étanchéité, d’isolation, de végétalisation et d’insonorisation dans le domaine du bâtiment fait régulièrement affaire avec des centaines de PME au pays.

« Compétivert est tout particulièrement adaptée à la réalité des PME. Nous sentions donc que c’était notre devoir de nous prêter au jeu, car elles doivent aussi négocier un virage vert dans les prochaines années », affirme Pierre-André Lebeuf, chargé de projets en développement durable à Soprema.

Ce projet pilote a été réalisé à l’usine de production de Richmond, en Estrie. Cette ville a été choisie pour sa taille — à peine une dizaine d’employés sur les 800 que revendique Soprema au Canada. L’équipe de six experts dépêchée par le Centre de recherche industrielle du Québec, rattaché à IQ, a assumé la direction du projet.

Selon Pierre-André Lebeuf, le fait que cette équipe soit composée de spécialistes — chimistes, microbiologistes, etc. – rattachés aux activités de Soprema représentait un avantage. « Nous étions sur la même longueur d’onde, raconte-t-il. Lorsqu’ils nous demandaient de leur transmettre des détails sur l’usine, nous parlions le même langage. »

 

Clé en main

Environ huit heures de travail ont été nécessaires pour colliger l’ensemble des informations exigées pour un diagnostic de performance environnementale. En retour, Soprema a reçu un rapport technique exhaustif. Le document de 23 pages dresse une liste d’actions et de projets prioritaires, rentables et durables. « On nous a suggéré des pistes d’améliorations qui vont bien au-delà de bannir les bouteilles d’eau en plastique », note Pierre-André Lebeuf.

Parmi les recommandations formulées par l’équipe d’IQ, celle d’intégrer davantage de matières premières recyclées ou biosourcées dans les procédés de fabrication. Autre suggestion : remplacer la vieille chaudière au mazout par son équivalent électrique.

« Même si le chauffage du bâtiment représente moins de 50 tonnes d’équivalent CO2 par année, on parle quand même d’un gain facile à réaliser, constate le chargé de projets. De fait, nous comptons procéder à ce changement dès 2022, notamment grâce à des subventions qui facilitent cet investissement. »

Le rapport va même jusqu’à suggérer des noms de firmes spécialisées potentielles à qui s’adresser pour s’attaquer aux problèmes qui ont été soulevés. « La démarche est très axée sur les solutions, ce qui plaira aux chefs d’entreprise du secteur privé qui n’ont pas de temps à perdre », pense Pierre-André Lebeuf.

Grâce à ce service d’accompagnement technologique personnalisé, Soprema Canada se place en bonne position pour atteindre ses objectifs de lutte aux changements climatiques. D’ici 2030, l’entreprise souhaite avoir réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 71 % par rapport à 2018.

 

Aussi du financement

L’initiative Compétivert met aussi de l’aide financière à la disposition des entreprises qui veulent réaliser des projets impliquant l’intégration de technologies propres. C’est ce qui a permis à Ferme d’hiver de conclure sa première ronde de financement en mai dernier.

Ces fonds permettront à l’entreprise de Brossard d’accélérer le déploiement de sa solution agrotechnologique d’agriculture verticale en milieu contrôlé auprès des producteurs maraîchers qui souhaitent produire des fraises d’hiver. La rentabilité est assurée à compter de la première année, selon Ferme d’hiver, dont l’objectif est de remplacer 10 % des importations de fraises au Canada d’ici trois à cinq ans.

« Le fait d’avoir Investissement Québec comme partenaire financier ouvre des portes auprès d’autres investisseurs. C’est un véritable vote de confiance », souligne Alain Brisebois, président et chef de la direction de Ferme d’hiver.

L’implication de la société d’État, qui remonte au tout début de l’entreprise en 2018, a donné un élan certain à ce projet, peut-on d’ailleurs lire dans le plus récent rapport annuel d’IQ. « [Les équipes d’IQ] ont compris tout le fondamental de ce qu’on voulait faire, y raconte Yves Daoust, fondateur de Ferme d’hiver. En 24 heures, elles sont allées chercher une décision d’investissement stratégique. »