La fierté retrouvée

Publié le 01/05/2010 à 00:00

La fierté retrouvée

Publié le 01/05/2010 à 00:00

À première vue, Gatineau et Québec se ressemblent. Deux villes où la présence gouvernementale est forte, dont l'économie est relativement stable et prospère, et qui possèdent un bon noyau d'entreprises technologiques.

Mais dans l'attitude de leurs citoyens, il y a - ou plutôt, il y avait - une grande différence.

Il y a plusieurs années, j'ai travaillé avec un homme qui disait être né à Baie-Saint-Paul, dans Charlevoix. Un soir, il a fini par avouer : il venait de Hull (aujourd'hui incorporée à Gatineau). Pourquoi avait-il caché ses origines ? Gêné, il a fini par dire qu'il en avait un peu honte, et que Baie-Saint-Paul faisait plus chic et sonnait mieux...

Cette histoire m'est toujours restée en mémoire. Elle me permet de mesurer le chemin parcouru dans la mentalité populaire. Hull, ou Gatineau, peu importe, s'est débarrassée de ses complexes. Nous l'avons bien senti il y a quelques semaines quand nous avons rencontré des acteurs de la région lors d'une des tables rondes organisées dans le cadre de notre Tournée du Québec.

L'importante présence d'Ottawa, de l'autre côté de l'Outaouais, n'est plus ressentie comme une source d'envie ou d'ennuis, mais bien comme un bassin d'occasions. L'arrivée du casino et le développement de l'industrie des congrès ont aidé à la diversification de son économie. Ses attraits touristiques, du Musée des civilisations au parc de la Gatineau, sont stratégiquement mis en valeur. Il y a bien le vieux centre-ville qui souffre d'un bétonnage plus ou moins réussi, à la Bruxelles, mais Gatineau a relevé la tête. Et la ville possède un bel avantage sur Québec : elle peut jouer sur deux provinces, avec un pied au Québec et l'autre en Ontario, ce qui lui ouvre bien des portes.

La dernière frontière

Bien sûr, l'Outaouais ne se limite pas aux abords du Parlement. Il y a la Petite Nation. La Haute-Gatineau. Et tous les recoins de pays tapis au coeur de cette vaste région qui a dû, elle aussi, repenser son économie. L'industrie forestière a subi les mêmes contrecoups qu'ailleurs au Québec, mais elle se démène et des projets naissent. Même chose pour l'agriculture, qui profite d'un des climats les plus chauds et ensoleillés de tout le Québec.

C'est en touriste que j'ai découvert l'Outaouais. Partir de Québec pour aller passer quelques étés dans un camp de vacances au lac Vert, dans la Petite Nation, c'était comme aller au bout du monde. J'y ai pêché mes premiers crapets soleil. Assez pour avoir la piqûre, dans tous les sens du terme, et avoir la ferme intention de revenir y séjourner plus tard. Cela m'a conduit à quelques reprises près de Maniwaki et de ses paysages, qui ressemblent aux Laurentides, mais en plus sauvage. D'extraordinaires cachettes que les Ontariens, eux, connaissent depuis longtemps.

Et l'Outaouais offre aussi une des dernières frontières du Québec : le Pontiac. Regardez sur une carte comme c'est immense. Quelques municipalités éparpillées ici et là, anglophones en bonne partie, formant une réelle société distincte, qui s'étend jusqu'au Témiscamingue.

C'est en contemplant des lieux du genre qu'on se rend compte à quel point c'est grand, chez nous. Puis, revenir ensuite folâtrer au bord de l'Outaouais en pensant aux anciens draveurs qui conduisaient leurs billots vers Bytown. Allez, un verre à la santé des exploits du passé et des projets d'aujourd'hui, au-delà des remaniements ministériels fédéraux...

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