Là où se repose le St-Laurent

Publié le 29/05/2010 à 00:00

Là où se repose le St-Laurent

Publié le 29/05/2010 à 00:00

Par René Vézina

Passé Sorel, à l'extrême pointe Est de la Montérégie, le fleuve s'ouvre sur les îles du Lac Saint-Pierre. Il se divise alors en d'innombrables canaux, certains si étroits qu'on a tout juste l'espace pour y circuler en bateau à travers les arbres. Ce sont les bayous du Québec.

Nous sommes à mille lieues du " majestueux " Saint-Laurent. Ici, il repose plus qu'il ne domine. Et l'eau, peu profonde, est cristalline au point qu'on peut voir les poissons, notamment les esturgeons, qui abondent dans ce riche écosystème.

Pourtant, on se trouve tout juste à une vingtaine de kilométres en aval de Sorel-Tracy et des industries lourdes, dont certaines ont été montrées du doigt en raison de leurs rejets toxiques dans le fleuve. En principe, l'eau devrait être polluée. C'est dire à quel point ces îles et leurs herbages, qui composent une formidable zone humide, jouent un rôle crucial en assainissant naturellement le Saint-Laurent.

L'agroalimentaire en tête

Ce n'est pas là le seul endroit intrigant de la Montérégie, un territoire prévisible, où prédomine la plaine du Saint-Laurent. Avec-vous déjà exploré les Montérégiennes ? Même si elles ne sont pas imposantes, elles recèlent des trésors à découvrir et on peut facilement s'y perdre. À lui seul, le Centre de la nature du Mont Saint-Hilaire vaut le détour.

À l'ombre de ces collines s'étend une région fertile et prospère : la Montérégie demeure le grenier du Québec.

Ce n'est pas pour rien que Saint-Hyacinthe est devenue la capitale de l'industrie agroalimentaire québécoise, forte de l'appui de la Faculté de médecine vétérinaire (rattachée à l'Université de Montréal) et de l'Institut de technologie agroalimentaire. Ce ne sont pas là, par ailleurs, les seuls atouts de la ville qui maintient son élan. La population y a augmenté de près de 50 % depuis 30 ans, à 56 000 habitants.

De nouvelles entreprises ont pris le relais de l'ancienne économie qui a décliné, là comme ailleurs, tandis que le secteur de l'assurance continue à enrichir la ville : seuls les noms ont changé. Le Groupe Commerce à cédé la place à la néerlandaise ING.

Remonter dans le temps

En fait, la Montérégie Est se divise en deux bassins, celui de la rivière Yamaska, qui traverse Saint-Hyacinthe, et l'autre, plus imposant encore, formé par le Richelieu. De la frontière américaine jusqu'à Sorel, le Richelieu a joué un rôle clé dans notre histoire, et on peut s'en rendre compte par le circuit patrimonial des ouvrages - canaux et écluses - ainsi que par des beaux villages qui le jalonnent.

Mais il y aussi Beloeil, Chambly, Saint-Jean, et d'autres villes actives où l'économie roule à une vitesse soutenue. L'annonce de l'arrivée de Dornier et de ses avions amphibies à Saint-Jean n'est que la plus récente du lot. C'est ce qui permet à la Montérégie de présenter une des populations les plus jeunes du Québec. On y trouve du travail, de l'espace et de l'air... ainsi que la possibilité de remonter dans le temps.

Oui, il a les forts qui attendent encore l'ennemi qui ne viendra plus, à Chambly et à Fort Lennox, mais il y a plus bucolique. Allez faire un tour, par exemple, sur une des plus sympathiques pistes cyclables du Québec, celle qui borde le canal de Chambly. En fermant les yeux, vous verrez presque passer les barges qui l'empruntaient, sans se presser, jusqu'au milieu du siècle dernier. N'allez pas trop vite, vous allez les dépasser...

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