La tradition, c'est beau, les nouveaux marchés, c'est mieux

Publié le 27/03/2010 à 00:00

La tradition, c'est beau, les nouveaux marchés, c'est mieux

Publié le 27/03/2010 à 00:00

Par René Vézina

Le 14 mai 2004, la terre a tremblé à Montmagny.


Ce jour-là, on a annoncé la fermeture de l'usine Whirlpool et la disparition de 500 emplois, dans une ville de 12 000 habitants. Le drame.


Le choc a été rude, mais les gens ne se sont pas découragés. Des entrepreneurs, locaux pour la plupart, ont pris la relève. Et six ans plus tard, la ville compte plus d'emplois industriels qu'aux belles années de la Whirlpool. Il faudrait ajouter que la ville a redécouvert sa vocation maritime, et qu'elle met en valeur son lien avec l'archipel, ses oies blanches, le panorama vers Charlevoix...


À l'époque, quand nous arrêtions à Montmagny, c'était pour y faire le plein d'essence. Y jouer au touristes ? On n'y pensait pas. L'été, il faut parfois réserver pour être certain d'embarquer sur le traversier vers l'Île aux Grues...


Deux régions pour le prix d'une


Chaudière-Appalaches est une région à double personnalité, qui s'étend du fleuve aux montagnes de l'arrière-pays. Vers le sud, elle englobe un haut-lieu de l'entrepreneurship québécois : la Beauce. On y passait également rapidement, en route vers le Maine et les plages de l'Atlantique, sans trop remarquer les nombreuses cheminées de ses scieries, de ses usines de textile ou métallurgiques et de ses manufactures diverses. Et peu de gens s'aventuraient vers l'ouest, vers la Haute-Beauce, qui menait par monts et par vaux vers Thetford Mines et les splendides vallées de Saint-Ferdinand d'Irlande.


Quelles belles découvertes à faire encore aujourd'hui ! Mais alors que les paysages n'ont pas changé, l'économie y est en pleine métamorphose, à l'image de celle de Montmagny. Thetford Mines a courageusement redressé la tête après l'effondrement de l'industrie de l'amiante.


La Beauce s'est rendu compte que sa prospérité rimait avec proximité : celle de l'immense marché américain. Lorsqu'il a faibli, la Beauce a faibli aussi. Pas seulement elle : toute la zone frontalière qui s'étend vers l'est, vers Saint-Pamphile, en passant par Bellechasse. De là, les efforts de diversification entrepris depuis quelques années pour ne plus dépendre d'abord et avant tout des Etats-Unis.


Le problème est moins aigu de Saint-Antoine-de-Tilly à Saint-Jean-Port-Joli. Au bord du fleuve, les villes et villages vieillissent tout doucement. Mais ce calme est révélateur. Une fois les touristes partis, une fois que l'animation retombe, on se plairait à souhaiter que les jeunes fassent du bruit. Mais encore faudrait-il les trouver, les garder ces jeunes... et la région, comme l'ensemble du Québec, va se mettre à chercher la relève.


Il y a des points forts. Lévis et Saint-Georges-de-Beauce, le voisinage avec la Capitale-Nationale et le sentiment que l'esprit entrepreneurial ne fléchira pas. Mais la région ne peut se permettre de vivre du souvenir de ses succès passés. Les clichés du genre " Le paradis de la PME " ne suffisent plus. Chaudière-Appalaches est souvent regardée avec envie parce que son dynamisme a été bien documenté. Il lui reste à l'adapter aux défis du XXIe siècle.

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