Des chercheurs au service des entreprises

Publié le 24/01/2009 à 00:00

Des chercheurs au service des entreprises

Publié le 24/01/2009 à 00:00

Par Pierre Théroux

N'entre pas qui veut au centre de recherche TransBIOTech, situé dans le complexe adjacent au Cégep de Lévis-Lauzon. Son accès est contrôlé afin d'assurer la confidentialité aux entreprises qui y font réaliser des activités de R-D.

"Le secret des informations est primordial, sinon les entreprises ne nous confieraient pas de projets de recherche", dit Denis Beaumont, directeur de ce Centre collégial de transfert de technologie (CCTT), qui refuse même de dévoiler le nom des sociétés qui profitent de cette expertise.

Créé il y a 10 ans, TransBIOTech oriente ses recherches dans le domaine de la santé et de la nutrition humaines, animales et végétales. À ce jour, le Centre a réalisé une centaine de projets portant sur le développement de méthodes et de technologies permettant le dosage et la caractérisation d'ingrédients actifs de plantes médicinales, d'aliments fonctionnels et de nutraceutiques.

"Les besoins de l'industrie des produits de santé naturels sont grandissants et nos projets dans ce secteur sont aussi en croissance", souligne M. Beaumont. Au cours des prochaines années, l'équipe scientifique du Centre concentrera ses efforts sur les projets touchant la génomique, la protéomique (recherche portant sur les protéines au niveau de la cellule) et l'immunologie.

Phase d'agrandissement

Depuis sa création, TransBIOTech a signé des ententes avec, entre autres, l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF) de l'Université Laval, le Centre de recherche sur les biotechnologies marines (CRBM) et le Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB).

Le récent agrandissement du Complexe technologique, qui abrite aussi l'incubateur d'entreprises en agrobiotechnologie Ag-Bio Centre, a permis à TransBIOTech d'accroître sa superficie de 5 000 pi2. Mais cette phase de développement de 4,7 millions de dollars permet surtout à TransBIOTech de "profiter de nouveaux laboratoires et équipements qui répondront encore mieux aux besoins des entreprises, en plus d'assurer notre croissance", note M. Beaumont.

Ses installations répondent à un degré de confinement qui permet aux chercheurs de travailler sur des cellules et des organismes vivants. Une nouvelle animalerie pour petits rongeurs et une salle de chirurgie sont aussi à la disposition des chercheurs.

Améliorer la productivité

Également affilié au Cégep de Lévis-Lauzon, le Centre de robotique et de vision industrielles (CRVI) bénéficie aussi de plus d'espace et d'équipements plus évolués, dont un nouveau laboratoire de soudage robotisé. "Ce qui nous donne la chance de monter un projet pilote en soudage robotisé avec 10 entreprises de la région", note le directeur général, Alain Bordeleau.

Le CRVI accompagne les entreprises qui ont besoin d'expertise et des services techniques pour valider et développer des projets en robotique, automatisation et informatique industrielle.

"Dans le contexte actuel et avec la pénurie de main-d'oeuvre qui s'en vient ou qui sévit déjà dans certains secteurs, les entreprises ont intérêt à se tourner vers la robotique pour améliorer leur productivité", dit M. Bordeleau.

C'est ce qu'a fait la beauceronne Tactic Design, qui s'est adressée au CRVI pour améliorer l'inspection de ses catalogues d'échantillons. Le Centre a alors conçu un logiciel intelligent de vision qui analyse les couleurs et la texture des échantillons.

Production allégée

Parmi ses autres réalisations, le CRVI a développé un système de vision 3D pour l'alignement du robot de découpe dans l'industrie des matériaux composites. Ce système, qui sert à recalculer la trajectoire de coupe du robot en fonction du positionnement de la pièce, permet d'éliminer les rejets dus à une mauvaise découpe et d'améliorer les produits.

Le CRVI participe aussi à un projet de production allégée (lean manufacturing) qui vise une cinquantaine d'entreprises de la région.

Offert en collaboration avec le Département de formation continue du Cégep, ce programme aide les entreprises à éliminer les gaspillages (de temps, d'argent, d'espace) pour optimiser leurs activités. "Les travaux réalisés avec la première cohorte d'entreprises ont produit des gains intéressants", dit M. Bordeleau.

Minerais et plastiques

Le Centre de technologie minérale et de plasturgie (CTMP) du Cégep de Thetford a commencé ses activités en 1984. Ses travaux étaient alors orientés dans les domaines de la géologie, du traitement des minerais et de l'environnement minier. Ses activités se sont rapidement diversifiées pour inclure des travaux de R-D dans le domaine des plastiques. "On s'intéresse particulièrement à la récupération et au recyclage dans le domaine des plastiques", dit le directeur général, Pierre Marois, qui précise que les bioplastiques représentent un des secteurs porteurs pour le centre.

Le CTMP est d'ailleurs appelé à jouer un rôle important dans le développement du secteur des matériaux composites et du plastique, ciblé par la région comme l'un des créneaux du programme ACCORD. Le Centre fait partie du consortium de recherche mis de l'avant par les acteurs de la Vallée de la plasturgie.

"Nous travaillons en collaboration avec les entreprises pour les amener à consacrer davantage d'argent à la R-D", explique M. Marois.

Encore bons, les métaux

Le secteur minéral n'est pas en reste puisqu'il représente, bon an mal an, la moitié des revenus du CTMP. "La hausse des prix des métaux nous a amené plusieurs projets", note M. Marois.

Le Centre est actif dans des projets touchant la valorisation des résidus miniers. La hausse du prix des métaux a eu pour effet de stimuler l'exploration, ce qui a amené les entreprises à profiter des services du centre en matière d'identification de roches et minéraux.

Le CTMP réalise aussi des tests de caractérisation des granulats pour la fabrication de béton et d'asphalte utilisés dans la construction des routes. Enfin, même si le secteur de l'amiante connaît des difficultés, l'expertise du Centre amène des entreprises et des producteurs d'Afrique, de l'Inde et du Pakistan à lui expédier des échantillons pour en évaluer la qualité.

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