Un géant s'est installé à Bécancour

Publié le 17/04/2010 à 00:00

Un géant s'est installé à Bécancour

Publié le 17/04/2010 à 00:00

Étienne Tardif, de TRT-ETGO [Photo : Olivier Croteau]

Saviez-vous qu'un des plus importants projets privés du Québec en 2009 est un investissement du gouvernement de la Malaisie, qui a consacré 170 millions de dollars (M$) à la construction d'un usine à Bécancour ?

L'usine TRT-ETGO, la plus importante de l'est de l'Amérique du Nord, a été construite sur un vaste terrain de 250 000 m2. Elle sera inaugurée dès que les tests d'usage seront satisfaisants.

" Du point de vue géographique, Bécancour occupe une position stratégique dans les marchés des utilisateurs d'huile végétale de l'est du Canada et des États-Unis, les McCain, Kraft et Yum Yum de ce monde ", explique Étienne Tardif, agronome chez TRT-ETGO. Bécancour a été choisie pour son port en eau profonde navigable à l'année, sa proximité du chemin de fer et la qualité des voies routières. L'entreprise produira jusqu'à 400 000 tonnes (t) d'huile de soya et 600 000 t d'huile de canola par an pour les marchés du Québec, de l'Ontario, des Maritimes et du nord-est des États-Unis.

Propriété du gouvernement malais, TRT-ETGO emploiera 70 personnes en plus d'une vingtaine à son siège social de Pointe-Claire.

Des retombées locales

Pour Diane Daviault, directrice du CLD de la MRC de Bécancour, les propriétaires de l'usine et son maître d'oeuvre, Genivar, se sont " véritablement adaptés " à la région. Comment ? " Ils ont divisé les contrats afin d'être accessibles aux entrepreneurs du Centre-du-Québec ", dit-elle. On retrouve divers fournisseurs locaux, dont Groupe Lavigne et Baril, Excavation Marchand, Pagé Construction et Maxime Chaussures pour le matériel de sécurité des travailleurs de chantier. Le fractionnement des appels d'offres en petites unités a également permis de " mieux contrôler " les coûts, selon M. Tardif.

Un potentiel à développer

Pour l'instant, la production de canola est encore marginale au Québec, avec une production d'environ 25 000 t l'an dernier. Les agriculteurs devront accélérer la cadence, car TRT-ETGO souhaite s'approvisionner localement. Elle estime le potentiel québécois à 200 000 t de graines de canola par an.

Cette culture pourrait intéresser les producteurs de maïs. " Le canola ne remplacera pas le maïs, mais l'ajout d'une culture réduira la vulnérabilité des producteurs aux variations de climat ", dit Luc Couture, du Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.

Un projet-pilote avec six producteurs du Centre-du-Québec a été mis sur pied afin de tester l'adaptation du canola aux conditions climatiques de la région.

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