Comment Armotec est restée en affaires

Publié le 17/04/2010 à 00:00, mis à jour le 13/02/2011 à 21:59

Comment Armotec est restée en affaires

Publié le 17/04/2010 à 00:00, mis à jour le 13/02/2011 à 21:59

François Beaudoin, Francis Gauthier et Marco Champagne [Photo : Gilles Delisle]

François Beaudoin ne voulait pas vendre son entreprise à un étranger; il voulait qu'Armotec reste dans la région, propriété de gens locaux. Pour en assurer la pérennité et sauvergarder la soixantaine d'emplois, il a choisi de la céder à un de ses employés. Qui plus est, à des conditions moins avantageuses que s'il l'avait vendue aux autres acheteurs en lice !


Deux autres offres " nettement plus avantageuses " avaient déjà été faites, mais le fondateur d'Armotec craignait que son entreprise ne soit mise en pièces détachées. " Les acheteurs potentiels ne voulaient que les moules et la liste de clients. Ils ne voulaient pas l'entreprise comme telle, qui aurait alors fermé ses portes ", dit-il.


François Beaudoin a plutôt choisi de vendre à Marco Champagne, qui occupait le poste de directeur financier depuis quelques années.


La transaction a été conclue fin 2008. Le paiement s'échelonnera sur une période de 10 ans. M. Champagne est propriétaire majoritaire d'Armotec, avec Francis Gauthier, vice-président aux ventes, qui s'est récemment joint au à l'actionnariat, et le FIER Innovation Durable, de Sherbrooke. M. Gauthier et FIER Innovation sont actionnaires minoritaires.


Une question de confiance...


Selon Marco Champagne, les financiers doivent avant tout avoir confiance aux repreneurs. " C'est une condition de réussite. Il faut les convaincre qu'on peut mener l'entreprise vers de nouveaux horizons. "


Cet homme de 37 ans a bénéficié de sa position privilégiée dans l'entreprise. " Les intervenants étaient rassurés, d'autant plus que le vendeur n'avait pas l'intention de quitter Drummondville pour le Sud ! "


Au lieu de jouer au golf, François Beaudoin n'est jamais loin de l'entreprise qu'il a fondée. Il conseille son repreneur, à temps partiel, tout en continuant à s'occuper de certains clients importants. Il estime que les perspectives de stabilité à long terme sont meilleures quand des cadres sont engagés. Pourquoi ? Parce que ceux-ci connaissent l'entreprise dans ses moindres détails.


Transmettre le savoir d'une entreprise est un travail de longue haleine. " Les 15 premiers mois après la transaction, je travaillais deux jours par semaine, maintenant, c'est un jour ", dit l'homme d'affaires de 55 ans.


Même son de cloche chez celui qui a pris les rênes. Après avoir convaincu les financiers de son sérieux, les discussions liées au financement ont pu commencer. " C'est un long processus qui comporte beaucoup d'incertitude ", dit M. Champagne. Il a fallu un an et demi pour trouver la bonne formule. " C'est beaucoup d'énergie, mais je voulais aller jusqu'au bout pour ne pas avoir de regrets. "


...et d'orgueil


Pourquoi s'être soucié de la pérennité de l'entreprise ? " Armotec ne s'est pas développée toute seule ", dit simplement M. Beaudoin, selon qui, plus l'entrepreneur connaît les gens qui travaillent dans l'entreprise, plus il est difficile d'envisager sa disparition. Autrement dit, les entreprises où tout le monde se connaît ne se vendent pas sans émotions, comme on vend des supports à tablettes.


Et comme un fil invisible, un autre mécanisme lie l'entrepreneur à son entreprise, celui de la fierté. " Je ne voulais pas que l'entreprise meure. Par orgueil, j'ai consacré beaucoup de temps à faire en sorte que la transmission réussisse ", dit-il.

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