Cinq questions à Pierre-André Julien sur le Centre-du-Québec

Publié le 10/05/2010 à 10:16

Cinq questions à Pierre-André Julien sur le Centre-du-Québec

Publié le 10/05/2010 à 10:16

Professeur émérite à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Pierre-André Julien a étudié de près le monde de l'entrepreneuriat. Il a publié d'importants ouvrages tels Entrepreneuriat régional et économie de la connaissance (Presses de l'Université du Québec, 2005) et Les PME à forte croissance : l'exemple de 17 gazelles dans 8 régions du Québec (Presses de l'Université du Québec, 2002).

Leaffaires.com : La Mauricie et le Centre-du-Québec sont contigus. Pourtant, la différence entre les deux est énorme. Pourquoi ?

Pierre-André Julien : La Mauricie vit encore à l'heure des grandes entreprises. Celles-ci drainent les énergies. Ceux qui pourraient être entrepreneurs deviennent des cadres. Et les employés ont les yeux tournés vers ces grandes entreprises qui paient mieux que les PME. Dans le Centre-du-Québec, dans les années 1960 et 1970, la grande entreprise était concentrée dans le textile et le vêtement, des secteurs qui exigeaient peu d'encadrement et qui payaient mal. De nouvelles entreprises s'y sont créées bien avant leur déclin.

Le Centre-du-Québec remplacera-t-il la Beauce en tant que pépinière d'entreprises ?

P-A J. : La Beauce reste très importante. Mais c'est bien au Centre-du-Québec, en Beauce et en Estrie que se trouvent les entreprises qui croissent le plus rapidement et qui attirent les services-conseils les plus dynamiques.

Contrairement à la Beauce, la sous-traitance ne semble pas être le moteur du Centre-du-Québec.

P-A J. : En effet. On voit plutôt de solides entreprises de taille moyenne, comme CVTech et Marmen, extrêmement dynamiques et qui entraînent les autres par leur exemple, et non par la sous-traitance.

Le Centre-du-Québec est-il suffisamment novateur ?

P-A J. : Plus on multiplie les contacts et les réseaux, plus on multiplie les chances d'avoir de bonnes idées. C'est à Drummondville que le Groupement des chefs d'entreprise du Québec a son siège social, et c'est significatif. Car le Groupement donne l'occasion d'échanger et de s'informer. Et l'Institut de recherche sur les PME de mon université dispose, à Drummondville, d'un bureau où l'on fait de la formation et de la recherche. La soif de connaissances est là.

Être à mi-chemin de Montréal et de Québec constitue-t-il un avantage ou un inconvénient ?

P-A J. : Puisque les entreprises du Centre-du-Québec sont près des grands centres, elles peuvent être tentées d'aller y chercher les services dont elles ont besoin. Ce qui serait une erreur puisque les sociétés de services, de Montréal ou de Québec, comprennent mal les réalités des régions. Et ce, même quand on parle de régions centrales comme le Centre-du-Québec !

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