L'air vivifiant du fleuve et des sapins

Publié le 18/09/2010 à 00:00, mis à jour le 16/09/2010 à 14:43

L'air vivifiant du fleuve et des sapins

Publié le 18/09/2010 à 00:00, mis à jour le 16/09/2010 à 14:43

Certaines régions font preuve d'assurance. Elles connaissent leurs forces et leur pouvoir d'attraction. D'autres sont moins sûres d'elles. Malgré tous leurs atouts, on sent qu'elles sont portées vers les interrogations existentielles.

C'est ce qu'on ressent en parcourant le Bas-Saint-Laurent.

Que voulez-vous ? Historiquement, c'était la région qu'on traversait à toute vitesse pour se rendre en Gaspésie. Le prolongement de l'autoroute 20 jusqu'à Cacouna a d'ailleurs plongé les beaux villages de la région de Kamouraska dans un état de torpeur pendant une vingtaine d'années, puisqu'on n'avait plus besoin de les traverser.

Puis, des visiteurs plus curieux, ou moins pressés, se sont rendu compte que la douceur de ses paysages valait bien ceux, plus rugueux, de la Gaspésie. Et le Bas-Saint-Laurent a peu à peu révélé ses attraits cachés : les couchers de soleil sur le fleuve; l'originalité de sa production agroalimentaire; la richesse de son écosystème marin; les villages de l'arrière-pays. Sans compter les villes qui, comme Rimouski ou Rivière-du-Loup, ont su marier différentes vocations pour se réinventer.

Rimouski a fait éclater son statut de ville institutionnelle - université, cégep, hôpital - grâce à de nouvelles industries. Rivière-du-Loup opère également une heureuse reconversion : l'usine F.F. Soucy a déjà connu des jours meilleurs, à l'image de toute l'industrie papetière, mais la ville a vu éclore de nombreux nouveaux projets, au point où la Fondation de l'entrepreneurship l'a reconnue " communauté modèle de la culture entrepreneuriale ".

Les temps ont bien changé : je me souviens de l'époque où les rêves de croissance reposaient essentiellement sur le port de Gros-Cacouna, qui devait servir à dynamiser l'économie régionale. On a fini par l'aménager, ce port, mais les citoyens ont compris que la prospérité repose sur des initiatives locales.

Comme tant d'autres personnes, c'est d'abord le fleuve qui me captive; mais il suffit que je me promène à l'intérieur des terres pour découvrir des coins attachants.

Prenez la piste cyclable du Petit-Témis, certainement l'une des plus jolies du Québec, surtout la partie qui longe le lac Témiscouata. Puis embarquez sur le traversier - le Corégone - pour vous rendre sur l'autre rive, à Saint-Juste-du-Lac. Ce village, qui a refusé de se laisser mourir, dans les années 1970,a formé le JAL avec Auclair et Lejeune, deux municipalités voisines.

Ce regroupement, fruit de citoyens déterminés, fait partie de la petite histoire du Québec.

De tels mouvements ont marqué le Bas-du-Fleuve et ont permis de forger un sentiment d'appartenance. De nouveaux défis mettent cependant sa vitalité à l'épreuve : la population vieillit et l'industrie forestière est en déclin. C'est pourtant la forêt qui a longtemps nourri les aspirations de la région. Changer les pratiques et diversifier l'économie sont devenus des enjeux quotidiens.

Ils en ont vu d'autres, les gens d'en bas, et ce n'est pas ce qui va les effaroucher. De toute façon, dans les moments de doute, il suffit d'aller admirer les couchers de soleil à Notre-Dame-du Portage pour se sentir aussi fort que le fleuve lui-même.

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