Une région oubliée par la récession

Publié le 10/02/2011 à 13:19, mis à jour le 13/02/2011 à 21:19

Une région oubliée par la récession

Publié le 10/02/2011 à 13:19, mis à jour le 13/02/2011 à 21:19

Le boom minier de l'Abitibi-Témiscamingue repose sur le prix élevé des métaux et sur ses immenses réserves.

Le taille de certains projets impressionne. Par exemple, celui de la plus grande mine canadienne d'or à ciel ouvert, le complexe Canadian Malartic. Les investissements d'Osisko dépassent le cap du milliard (G$) de dollars.

Un autre projet fait rêver à Launay, près d'Amos. Des investisseurs chinois s'intéressent à une mine de nickel, un projet d'une valeur de 1,2 G$.

Les parcs industriels continuent de s'étendre. Comme aux abords de l'aéroport de Val-d'Or, où une quinzaine de nouveaux terrains pourraient être disponibles d'ici un an, selon François Dubé, président de la Corporation de développement industriel de la région de Val-d'Or. " Les fournisseurs des minières du Grand Nord veulent être près de l'aéroport ", dit-il.

À Rouyn-Noranda, le secteur industriel du quartier Granada, inauguré il y a un an, affiche complet. Un projet d'expansion de plus de 6 M$ est dans l'air. L'activité des mines et des travaux publics a d'ailleurs fait bondir de 50 % le nombre d'heures travaillées dans la construction au premier trimestre. Il n'y a que sur la Côte-Nord où la progression a été plus forte encore, selon la Commission de la construction du Québec.

Un bémol : la forêt

Seule ombre au tableau : le secteur forestier, pilier de l'économie régionale, qui traverse une crise sans précédent. En 2009 seulement, le secteur de la première transformation a perdu 600 emplois, selon Luc Blanchette, de Service Canada. Il s'en est perdu 200 jusqu'à maintenant en 2010.

Quelques signaux montrent un début d'embellie, constate Francis Riou, d'Emploi- Québec. " Dans un contexte de volatilité et de grande incertitude ", précise-t-il.

Par exemple, Eacom avait affiché jusqu'à récemment une trentaine de postes à pourvoir à sa scierie de Val-d'Or. " Si le prix du bois d'oeuvre reprend sa hausse, nous pourrions ouvrir un troisième quart de travail d'ici le printemps prochain ", disait, au début d'août, le président et chef de l'exploitation d'Eacom, Jean-François Mérette. Or, fin août, la scierie annonçait qu'elle suspendait temporairement ses activités.

Autre signe, cette fois fermement positif : la renaissance de l'usine LVL. Ce fabricant de placage de bois lamellé de Ville-Marie redémarrera en octobre, affirme le président du comité de relance, Claude Gagnon. " Des investisseurs locaux ont mis 1 M$ ", dit M. Gagnon, un entrepreneur qui préside aussi la Société de développement du Témiscamingue. L'usine, qui embauchait 120 travailleurs au moment de sa fermeture en 2008, emploiera 85 personnes.

Enfin, Tembec évalue les possibilités de moderniser son site de Témiscaming. Rien n'est décidé, mais au moins, il n'est pas question de fermeture d'usine !

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