Zelensky fait pression sur le G7 pour durcir le ton contre Moscou

Publié le 27/06/2022 à 08:07, mis à jour le 27/06/2022 à 08:11

Zelensky fait pression sur le G7 pour durcir le ton contre Moscou

Publié le 27/06/2022 à 08:07, mis à jour le 27/06/2022 à 08:11

Invité du sommet du G7 lundi en Allemagne, le président ukrainien a exhorté ses dirigeants à redoubler d'efforts pour mettre un terme rapide à la guerre. (Photo: Getty Images)

Ce texte regroupe toutes les réactions depuis l'invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 23 juin 2022. Il sera mis à jour au courant de la journée. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c'est ici.    

7h42 | Château d’Elmau — Invité du sommet du G7 lundi en Allemagne, le président ukrainien a exhorté ses dirigeants à redoubler d'efforts pour mettre un terme rapide à la guerre qui ravage son pays et à durcir encore leurs sanctions contre Moscou.

Les dirigeants des sept pays industrialisés, qui affichent ostensiblement leur unité face à Moscou depuis le début de leurs échanges dimanche dans les Alpes bavaroises, lui ont répondu par un soutien clair: le G7 va continuer de soutenir l'Ukraine «aussi longtemps qu'il le faudra», selon leur déclaration commune.

Parallèlement, ces chefs d'État et de gouvernement vont continuer «d'accroître la pression sur Poutine», a promis le chancelier Olaf Scholz, hôte de ce sommet au château d'Elmau dans le sud de l'Allemagne, à travers notamment une nouvelle salve de sanctions ciblant l'économie russe.

Volodymyr Zelensky «a eu un message très fort en disant qu'il fallait faire le maximum pour essayer de mettre fin à cette guerre avant la fin de l'année», ont souligné des sources au sein du G7 à l'issue de l'intervention en visioconférence depuis Kyiv du dirigeant ukrainien. 

 

Pas de négociation

Il a toutefois exclu toute négociation actuelle avec les Russes, prévenant, selon la présidence française, qu'«aujourd'hui ce n'est pas le moment de la négociation».

Pour appuyer leur soutien, les Occidentaux, États-Unis en tête, veulent serrer l'étau sur Moscou en visant tout particulièrement l'industrie de défense russe, selon un haut responsable de la Maison-Blanche.

Ils entendent également développer un «mécanisme pour plafonner au niveau mondial le prix du pétrole russe», selon ce haut responsable. 

Le G7 va également «se coordonner pour utiliser les taxes douanières sur les produits russes afin d'aider l'Ukraine», a poursuivi la même source.

Au premier jour de leurs échanges dimanche, une partie des sept pays industrialisés (Allemagne, France, États-Unis, Canada, Japon, Italie, Grande-Bretagne) avaient déjà annoncé décréter un embargo sur l'or nouvellement extrait en Russie.

Malgré la lourdeur des sanctions qui frappent l'économie russe depuis le déclenchement de l'offensive sur l'Ukraine le 24 février, le Kremlin a assuré lundi qu'il n'y avait «aucune raison» d'évoquer un défaut de paiement de la Russie, comme avancé par certains médias.

Les autorités russes ont toutefois annoncé qu'à cause des sanctions, deux versements n'étaient pas parvenus aux créanciers avant la date limite de dimanche.

Alors que Kyiv ne cesse de réclamer davantage de livraisons d'armes, les États-Unis envisagent désormais de lui fournir un système sophistiqué de missiles sol-air de «moyenne et longue portée».

Sur le terrain, les bombardements russes sur la grande ville de Kharkiv, dans le nord-est de l'Ukraine, et sa région ont fait deux morts et cinq blessés lundi, a indiqué le gouverneur régional Oleg Sinegoubov sur Telegram.

Dimanche, pour la première fois depuis des semaines, Kyiv avait été frappée par des missiles russes tandis que des combats acharnés se poursuivaient dans l'est du pays, dans ce conflit meurtrier entré dans son cinquième mois.

Pour Olaf Scholz, ces bombardements sont venus rappeler une nouvelle fois «qu'il était juste d'être unis et de soutenir l'Ukraine». 

Le président russe Vladimir Poutine espérait que, «d'une manière ou d'une autre, l'OTAN et le G7 se divisent. Mais nous ne l'avons pas fait et nous ne le ferons pas», a également assuré le président américain Joe Biden.  

 

Menace de crise alimentaire

Que ce soit lors de leurs échanges ou lors des séances de photo de groupe décontractées, les Occidentaux ont pris soin d'afficher leur unité lors de ce sommet largement consacré à la guerre en Ukraine et à ses répercussions.

Parmi les plus urgentes, la crise alimentaire qui menace une partie de la planète alors que des milliers de tonnes de céréales dorment dans les silos ukrainiens en raison du blocus ou de l'occupation des ports de la mer Noire par les Russes.

Les Occidentaux ont exigé de la Russie qu'elle permette «le libre passage des marchandises agricoles depuis les ports ukrainiens de la mer Noire». 

Le premier ministre britannique Boris Johnson devait également demander une «action urgente» pour relancer les exportations vitales de céréales de l'Ukraine alors que les pays les plus pauvres sont au bord du gouffre, a fait savoir Downing Street.

Cette grave menace qui plane sur nombre de pays émergents est également au cœur des discussions qu'ont entamées lundi les chefs d'État et de gouvernement avec les dirigeants des cinq pays invités cette année en Bavière (Inde, Argentine, Sénégal, Indonésie et Afrique du Sud).

L'Inde, le Sénégal et l'Afrique du Sud se sont abstenus lors du vote d'une résolution de l'ONU condamnant l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Le chef de l'État indonésien et président du G20 Joko Widodo doit également se rendre prochainement en Ukraine et en Russie pour discuter des conséquences économiques et humanitaires de l'invasion russe.

Les économies émergentes sont particulièrement exposées au risque de pénuries alimentaires et à la crise climatique, autre urgence que les sept dirigeants doivent aborder avec leurs invités.

Dans un contexte de pénurie de gaz russe, des ONG de défense de l'environnement craignent que le G7 ne recule sur ses engagements à mettre fin au financement international des combustibles fossiles.

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