Crise alimentaire: les accusations contre Moscou sont «sans fondement», affirme Poutine

Publié le 27/05/2022 à 11:40, mis à jour le 27/05/2022 à 11:46

Crise alimentaire: les accusations contre Moscou sont «sans fondement», affirme Poutine

Publié le 27/05/2022 à 11:40, mis à jour le 27/05/2022 à 11:46

Par AFP

Le président russe Vladimir Poutine. (Photo: Getty Images)

Ce texte regroupe toutes les réactions depuis l'invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 27 mai 2022. Il sera mis à jour au courant de la journée. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c'est ici.   

11h20 | Moscou — Les accusations contre la Russie, tenue pour responsable des problèmes mondiaux de livraisons de céréales en raison de son offensive en Ukraine, sont «sans fondement», a assuré vendredi le président russe Vladimir Poutine dans un entretien téléphonique avec le chancelier autrichien Karl Nehammer.

«Vladimir Poutine a souligné que les tentatives de rendre la Russie responsable des difficultés de livraison des produits agricoles sur les marchés mondiaux étaient sans fondement», indique le Kremlin dans un communiqué.

Le chef de l'État russe a une nouvelle fois pointé les «sanctions antirusses des États-Unis et de l'Europe» comme raison de la crise alimentaire.

Mardi, il avait dit au premier ministre italien Mario Draghi que la Russie était «prête à apporter une contribution significative pour surmonter la crise alimentaire grâce à l'exportation de céréales et d'engrais, sous réserve de la levée par l'Occident des restrictions à motivation politique».

L'Ukraine, gros exportateur de céréales, notamment de maïs et de blé, voit sa production bloquée du fait des combats.

Pour sa part, la Russie, autre puissance céréalière, ne peut vendre sa production et ses engrais en raison des sanctions occidentales touchant les secteurs financiers et logistiques. Les deux pays produisent un tiers du blé mondial.

De fait, le conflit a mis à mal l'équilibre alimentaire mondial, laissant craindre une grave crise qui affectera tout particulièrement les pays les plus pauvres.

Lors de son entretien téléphonique, M. Poutine a par ailleurs appelé les Ukrainiens à «déminer au plus vite les ports afin de laisser passer les navires bloqués», selon le communiqué.

Selon le directeur du Centre national russe de gestion de la défense, Mikhaïl Mizintsev, cité par l'agence russe Ria-Novosti, les forces russes ouvrent deux couloirs maritimes par jour pour permettre aux bateaux de sortir des ports de Marioupol, situé sur la mer d'Azov, et de Kherson, Mykolaïv, Tchornomorsk, Otchakiv, Odessa et Ioujni, situés eux sur la mer Noire.

«Les forces armées russes ouvrent chaque jour deux couloirs maritimes humanitaires de 08h00 à 19h00 heure de Moscou», a-t-il déclaré.

Mercredi, Moscou avait affirmé que le port de Marioupol avait repris ses activités après avoir été déminé, un mois après l'annonce par la Russie de la prise de cette ville stratégique.

De son côté, le chancelier autrichien a déclaré lors d'une conférence de presse que M. Poutine avait «émis des signaux selon lesquels il était prêt à autoriser des exportations depuis les ports maritimes» de produits agricoles ukrainiens, en coordination avec l'ONU.

«Concernant les prisonniers de guerre, le président Poutine a affirmé qu’il était prêt à renforcer les négociations avec les Ukrainiens en vue de progrès», a-t-il par ailleurs indiqué, ajoutant qu'il avait «concédé qu'il était nécessaire que la Croix-Rouge ait accès aux prisonniers de guerre.»

 

Ukraine: Zelensky s'adressera lundi aux 27, en quête d'un accord sur l'embargo pétrolier

10h36 | Bruxelles — Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'adressera lundi aux dirigeants des Vingt-Sept réunis en sommet à Bruxelles, alors que le projet d'embargo de l'UE sur le pétrole russe est toujours bloqué par la Hongrie.

«Le président Zelensky nous rejoindra par visioconférence au début de notre discussion sur la situation en Ukraine», a annoncé vendredi le président du Conseil européen Charles Michel dans sa lettre d'invitation aux chefs d'État et de gouvernement.

«Notre préoccupation la plus immédiate est d'aider l'Ukraine, avec nos partenaires internationaux, sur ses besoins de liquidité», souligne Charles Michel, ajoutant que les leaders discuteront également «du soutien à la reconstruction» du pays en proie à l'offensive de l'armée russe depuis plus de trois mois. 

Un nouveau train de sanctions européennes, qui prévoit un embargo progressif sur le pétrole russe dans les six mois, est toujours bloqué par Budapest.

La Hongrie «n'est pas en position d'accepter le sixième paquet de sanctions tant que les négociations n'auront pas abouti à résoudre toutes les questions en suspens», a prévenu le premier ministre hongrois Viktor Orban dans une lettre à Charles Michel.

Pays enclavé, sans accès à la mer, la Hongrie dépend du pétrole acheminé de Russie par l'oléoduc Droujba. 

Budapest juge insuffisante la proposition d'une dérogation de deux années pour mettre en œuvre l'embargo, qui lui est offerte ainsi qu'à la Slovaquie et à la République tchèque. Elle demande au moins quatre ans et près de 800 millions d'euros en financements européens pour adapter ses raffineries et augmenter la capacité de l'oléoduc Adria qui vient de Croatie.

Les sanctions requièrent l'unanimité des Vingt-Sept. 

Des discussions sont toujours en cours pour tenter de trouver une solution avant le sommet, Paris et Berlin tout comme le président du Conseil européen se disant confiants ces derniers jours qu'un accord puisse être trouvé d'ici lundi.

Et certains États membres poussent pour un compromis avec Budapest afin de préserver l'unité des Vingt-Sept et d'éviter que le blocage des sanctions ne pèse sur la réunion, selon des sources européennes.

L'une des options serait d'aller de l'avant avec ce 6e paquet, qui comprend également un élargissement de la liste noire de l'UE et de nouvelles sanctions contre des banques russes, et d'exclure de l'embargo le pétrole acheminé par oléoduc (soit un tiers des livraisons aux Vingt-Sept), selon une source européenne.

Une autre option serait d'exclure temporairement l'oléoduc Droujba de l'embargo et de poursuivre les négociations avec Budapest, selon une autre source.

La sécurité alimentaire, menacée par la flambée des prix en raison notamment du blocage des exportations de céréales ukrainiennes, sera également au programme du sommet. Alors que le continent africain redoute une crise alimentaire, le président de l'Union africaine Macky Sall, interviendra par visioconférence.

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