Sanctions: Moscou rembourse en roubles des dettes en dollars par un nouveau système

Publié le 23/06/2022 à 09:45, mis à jour le 23/06/2022 à 09:49

Sanctions: Moscou rembourse en roubles des dettes en dollars par un nouveau système

Publié le 23/06/2022 à 09:45, mis à jour le 23/06/2022 à 09:49

L’équipementier sportif américain Nike a annoncé jeudi quitter définitivement le marché russe et ne pas avoir l'intention de rouvrir ses magasins. (Photo: 123RF)

Ce texte regroupe toutes les réactions depuis l'invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 23 juin 2022. Il sera mis à jour au courant de la journée. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c'est ici.    

9h30 | Moscou — La Russie s'est acquittée en roubles de paiements d'intérêts sur sa dette libellée en dollars américains, a annoncé jeudi le ministère des Finances russes, en raison des sanctions contre le pays pour son offensive en Ukraine.

«Les fonds pour le paiement d'un coupon sur les obligations externes de la Fédération de Russie à échéance en 2027 et 2047 d'un montant total de 12,51 milliards de roubles (l'équivalent de 234,85 millions de dollars américains) ont été reçus par l'agence de paiement pour les euro-obligations National Settlement Depository (NSD)», a indiqué dans un communiqué le ministère.

«Ainsi, les obligations (…) de la Fédération de Russie sont remplies dans leur intégralité par le ministère des Finances de la Russie», a ajouté ce dernier.

Dans ce communiqué, le ministère indique se baser sur un nouveau système de paiement temporaire entré en vigueur par un décret présidentiel publié la veille, le mercredi 22 juin.

Ce système prévoit que, lorsqu'une échéance arrive, le ministère des Finances transfère l'équivalent en roubles des fonds au NSD, un organisme russe centralisé chargé du dépôt des titres financiers échangés dans le pays et sanctionné par l'Union européenne.

Le NSD s'occupe de rembourser les créditeurs en roubles au taux de la Banque centrale, afin «d'assurer l'équivalence maximale des paiements». Si les créditeurs sont russes, les fonds sont transférés «en contournant les intermédiaires étrangers», précise le ministère des Finances.

Mais si les titres sont détenus à l'étranger, les fonds seront transférés sur des comptes spéciaux en roubles, un mécanisme proche de celui utilisé pour les paiements gaziers.

Dans une question-réponse publiée sur le site de son ministère, le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a assuré qu'«afin de protéger les investisseurs contre le risque de variation du taux de change, ces fonds seront indexés au taux actuel du rouble (…) jusqu'au moment des règlements effectifs aux propriétaires».

Le ministre a encore une fois nié en bloc le risque d'un défaut de la Russie, accusant «les contreparties étrangères» de «refuser d'effectuer des paiements en devises étrangères, ce qui est une situation de force majeure pour nous».

«Chacun dira ce qu'il veut (…) Chaque jour où un investisseur veut ou peut venir chercher son argent, l'équivalent en roubles l'attendra», a-t-il ajouté, qualifiant la situation de «farce».

Fin mai, la Russie a annoncé qu'elle rembourserait sa dette extérieure en roubles, ne pouvant plus le faire en dollars du fait des sanctions, malgré son importante liquidité financière. 

Or, un remboursement dans une devise autre que celle dans laquelle une créance a été libellée expose le débiteur à un défaut sur sa dette. 

Depuis que les trois grandes agences de notation financières internationales ne notent plus la Russie, il revient à une organisation réunissant de grandes banques internationales (Credit Derivatives Determinations Committees) d'évaluer si oui ou non la Russie rate des paiements à ses créanciers.

Début juin, cette commission de créanciers a affirmé que le pays n'avait pas honoré le paiement d'intérêts sur sa dette à hauteur de 1,9 million de dollars dû le 4 avril.

 

Poutine appelle les Brics à la coopération face aux «actions égoïstes» occidentales

9h00 | Moscou — Le président russe Vladimir Poutine a appelé jeudi les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à coopérer face aux «actions égoïstes» des pays occidentaux, sur fond de sanctions sans précédent contre Moscou en raison du conflit ukrainien.

«Ce n'est qu'en se basant sur une coopération honnête et mutuellement avantageuse que l'on peut chercher des issues de la situation de crise frappant l'économie mondiale à cause des actions égoïstes et irréfléchies de certains pays», a déclaré M. Poutine, lors du sommet virtuel des Brics, en référence à l'effet sur l'économie mondiale qu'il prête aux sanctions plutôt qu'à son offensive contre l'Ukraine.

Il a notamment dénoncé les tentatives de ces pays occidentaux de «se servir des mécanismes financiers pour rendre le monde entier responsable de leurs propres erreurs de politique macroéconomique».

«Un rôle de meneur de la part des pays des Brics est aujourd'hui nécessaire comme jamais pour élaborer une politique unificatrice, positive visant à créer un système (mondial) réellement multipolaire», a assuré le président russe.

Selon lui, les Brics pourraient compter ici sur le soutien de «plusieurs pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine qui aspirent à mener une politique indépendante».

 

Nike quitte définitivement le marché russe et ne rouvrira pas ses magasins

8h54 | Moscou — L’équipementier sportif américain Nike a annoncé jeudi quitter définitivement le marché russe et ne pas avoir l'intention de rouvrir ses magasins, fermés d'abord temporairement dans la foulée des sanctions contre Moscou pour son offensive en Ukraine.

«Nike a décidé de quitter le marché russe. Par conséquent, Nike.com et l'application mobile Nike ne seront plus disponibles dans cette région. Les magasins Nike ont récemment fermé temporairement et ne rouvriront pas», a indiqué le groupe dans un message sur son site russe.

Après McDonald's ou Ikea, il s'agit d'une énième marque occidentale emblématique qui quitte le marché russe, après s'y être ruée à la fin de l'Union soviétique. 

Le groupe n'a pas donné de détails supplémentaires sur les motifs de cette décision, se contentant d'indiquer que «ces derniers temps, Nike ne peut garantir la livraison des marchandises aux acheteurs russes».  

Nike explique que des commandes ont été annulées en conséquence et seraient remboursées.

Début mars, quelques jours après l'entrée des troupes russes en Ukraine, Nike avait annoncé la fermeture temporaire de toutes ses succursales gérées directement en Russie, soit 116 magasins.

Le 25 mai, le groupe avait annoncé la suspension de ses ventes dans des magasins partenaires en Russie et l'interruption de toutes ses collaborations avec des détaillants dans le pays, tout en indiquant continuer de payer ses employés.

Les autorités russes ont répondu agressivement à ces annonces en cascade, mettant les groupes étrangers en garde s'ils s'avisaient de quitter le pays à la hâte sans respecter le droit du travail, à coups de menaces à peine voilées de nationalisation de leurs actifs.

Les restaurants McDonald's ont été rachetés par un investisseur russe. Ce dernier a commencé en juin à y relancer une chaîne de restauration rapide, sous de nouvelles couleurs avec un nouveau nom.

À Moscou, des abribus ont été ornés d'affiches anti-suédoises, affirmant «Nous (les Russes, NDLR) sommes contre le nazisme, ils (les Suédois, NDLR) sont pour». Ces affiches épinglent entre autres le fondateur de la chaîne de meubles Ikea, Ingvar Kamprad, pour des propos présentés comme pronazis.

Sur les réseaux sociaux et dans les médias, des Russes ont aussi appelé à boycotter les produits de grandes marques occidentales ayant suspendu leurs activités dans le pays, comme Apple ou Chanel.

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