Ottawa souhaite une adhésion «rapide» de la Suède et de la Finlande à l'OTAN

Publié le 16/05/2022 à 10:40, mis à jour le 16/05/2022 à 14:41

Ottawa souhaite une adhésion «rapide» de la Suède et de la Finlande à l'OTAN

Publié le 16/05/2022 à 10:40, mis à jour le 16/05/2022 à 14:41

La Suède et la Finlande ont déjà annoncé leur volonté de déposer leur candidature à l'OTAN simultanément. (Photo: 123RF)

Ce texte regroupe toutes les réactions depuis l'invasion de la Russie en Ukraine pour la journée du 16 mai 2022. Il sera mis à jour au courant de la journée. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c'est ici. 

14h00 | Le Canada souhaite que la Suède et la Finlande soient admises de façon « rapide » au sein de l’OTAN, a affirmé lundi la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly.

Lors d’une conférence téléphonique avec la presse depuis Bruxelles, Mélanie Joly a expliqué que ces deux pays représenteraient «des gains nets» pour l’OTAN, qu’ils partagent des valeurs communes avec le Canada, ont «des armées fortes» et que des exercices militaires sont régulièrement menés avec elles.

Ottawa se donne pour «objectif» d’être l’un des premiers pays à ratifier l’accession de la Suède et de la Finlande, ce qui pourrait se faire «au cours des prochains jours», a-t-elle précisé.

Mélanie Joly a déclaré avoir déjà discuté du projet avec des porte-parole conservateur, bloquiste et néo-démocrate et avoir constaté «un consensus très large sur la question».

Le Canada attend en fait que l’OTAN finalise les discussions entourant ces deux demandes d’adhésion et se tourne vers les pays membres pour leur demander de les ratifier.

La ministre Joly a lancé un appel à l’unité lorsqu’elle a été appelée à réagir aux doutes exprimés par la Turquie, un membre de l’alliance, quant à l’adhésion de la Suède et de la Finlande, qu’elle accuse de soutenir les militants kurdes qu’Ankara considère comme des terroristes.

«Il va de soi qu’il est important que nous soyons unis et que les enjeux bilatéraux ne doivent pas faire ne sorte de retarder l’accession de la Suède et de la Finlande», a dit la ministre.

Elle a soutenu que le moment est «historique» parce qu’«à partir du moment où la Suède et la Finlande se joignent à l’OTAN, sept des huit pays arctiques feront partie de l’alliance».

 

9h27 | Stockholm — La Suède va demander son adhésion à l'OTAN, a annoncé lundi la première ministre Magdalena Andersson, évoquant une nouvelle «ère» pour le pays scandinave après quasi deux siècles hors des alliances militaires.

«Le gouvernement a décidé d'informer l'OTAN de la volonté de la Suède de devenir membre de l'Alliance», a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse, au lendemain de la candidature de la Finlande.

«Nous quittons une ère pour entrer dans une nouvelle», a affirmé la dirigeante suédoise.

L'ambassadeur suédois auprès de l'OTAN va transmettre «sous peu» la candidature de Stockholm, selon Mme Andersson. 

La Suède et la Finlande ont déjà annoncé leur volonté de déposer leur candidature simultanément.

«Nous nous attendons à ce que (l'adhésion) ne prenne pas plus d'un an», avec la ratification nécessaire par les 30 membres de l'Alliance atlantique, a déclaré la cheffe du gouvernement social-démocrate.

Cette annonce était acquise après la bascule historique du parti au pouvoir dimanche en faveur de l'adhésion et la garantie d'une large majorité au Parlement.

 

Ukraine: la grogne monte dans l'UE contre le blocage des sanctions par la Hongrie

7h18 | Bruxelles — Les ministres européens des Affaires étrangères vont tenter lundi à Bruxelles d'avancer vers un déblocage de l'embargo sur le pétrole russe, refusé en l'état par la Hongrie, et discuter de la proposition française, accueillie avec méfiance par Kiev, de créer une «communauté politique européenne» pour les pays en attente d'adhésion.

«Toute l'Union est malheureusement prise en otage par un État membre qui ne peut pas nous aider à trouver un consensus», s'est insurgé le chef de la diplomatie lituanienne, Gabrielius Landsbergis, à son arrivée au siège du Conseil européen.

«Nous sommes très doués en Europe pour nous montrer toujours en désaccord, pour ne pas donner une image d'unité», a pour sa part déploré son homologue autrichien Alexander Schallenberg. «Nous sommes dans une situation de confrontation», a-t-il reconnu.

Les deux ministres ont regretté l'absence d'unité montrée par l'UE à la ministre canadienne Mélanie Joly et au chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba, invités à cette réunion.

Pays enclavé, sans accès à la mer, la Hongrie dépend du pétrole acheminé de Russie par l'oléoduc Droujba. Budapest bloque l'intégralité du sixième paquet de sanctions faute de garanties sur le maintien de son approvisionnement.

Le ministre lituanien Landsbergis est allé jusqu'à suggérer que l'Ukraine coupe l'oléoduc qui traverse son territoire jusqu'à la Hongrie, arguant que «si le trafic est stoppé, le problème sera résolu».

«Nous ferons de notre mieux pour débloquer la situation. Mais je ne peux pas garantir que cela va se produire, car les positions sont assez fortes», a averti le chef de la diplomatie européenne, l'Espagnol Josep Borrell, qui préside la réunion.

 

«Pas aujourd'hui»

«Il y a encore quelques points qui doivent être clarifiés. Cela ne se produira pas aujourd'hui», a confirmé la ministre allemande Annalena Baerbock. «Mais nous parviendrons à un résultat commun dans les prochains jours. Je suis confiante», a-t-elle assuré.

La Commission européenne a été chargée de retravailler la proposition sur l'embargo pétrolier présentée il y a 12 jours et doit soumettre des «solutions concrètes» aux problèmes rencontrés par la Hongrie et d'autres États membres. 

«Nous devons réussir ce 6e paquet, nous travaillons déjà sur le 7e», a insisté le ministre luxembourgeois Jean Asselborn. «Mais je trouve difficile de s'opposer à la Hongrie et il n'y a pas que la Hongrie. Il y a aussi d'autres pays», a-t-il averti.

La Slovaquie, la République tchèque, la Bulgarie et même la Croatie, très réservées à l'égard d'un embargo, se cachent derrière la Hongrie, selon un responsable européen.

«Ce n'est pas le ministre des Affaires étrangères (hongrois) qui a le pouvoir de décision sur ce sujet. C'est le premier ministre Viktor Orban», ont expliqué plusieurs hauts responsables européens.

Le même problème se pose avec les réserves exprimées par la Turquie aux adhésions de la Finlande et de la Suède à l'OTAN. «Elles ont été exprimées par le président (turc) Recep Tayyip Erdogan et lui seul décidera», a souligné un diplomate de l'Alliance. L'unanimité des 30 membres est requise.

Plusieurs ministres ont par ailleurs insisté sur l'octroi du statut de candidat à l'UE pour l'Ukraine. «Ils ont besoin de ce soutien moral», a insisté le ministre slovaque Ivan Korcok.

La proposition du président français Emmanuel Macron de créer une «communauté politique européenne» suscite de l'incompréhension au sein de l'UE et parmi les candidats à l'adhésion, ont souligné plusieurs sources européennes, car elle est perçue comme un veto à une intégration de l'Ukraine. 

«Aucun pays ne devrait être en mesure d'opposer son veto à une décision aussi stratégique», a averti le lituanien Gabrielus Landsbergis.

Paris va devoir expliquer et convaincre ses partenaires ainsi que les ministres des six pays des Balkans — Serbie, Kosovo, Macédoine du Nord, Albanie, Bosnie, Monténégro — venus lundi à Bruxelles défendre leur volonté de rejoindre la famille européenne. 

 

Les usines russes de Renault passent aux mains de Moscou

6h52 | Moscou — Acculé par les sanctions frappant la Russie, le constructeur français Renault, leader dans le pays avec la marque Lada qu'il avait redressé, a cédé ses actifs à l'État russe, première nationalisation d'ampleur depuis l'offensive contre l'Ukraine.

L'annonce faite lundi par la marque au losange et les autorités russes prévoit que le Français cède sa participation majoritaire (67,69%) dans le groupe Avtovaz, le géant automobile russe avec la marque Lada, au NAMI, l'institut russe de recherche et de développement des automobiles et des moteurs.

Le ministre du Commerce et de l'Industrie, Denis Mantourov, avait indiqué fin avril que la transaction se ferait pour «un rouble symbolique», ce que Renault, lundi, ne voulait toujours pas confirmer. 

«Des accords ont été signés pour un transfert des actifs russes du groupe Renault à la Fédération de Russie et au gouvernement de Moscou», a confirmé lundi le ministère russe.

Le groupe automobile français a cédé à la ville de Moscou les actifs en propre de la marque Renault en Russie, dont son usine près de la capitale, qui produisait des Renault et des Nissan.

Le maire Sergueï Sobianine a annoncé que la fabrique allait y relancer la marque soviétique Moskovitch, dont les premières voitures ont été produites en 1946 et qui étaient connues pour leur médiocrité.

«Nous ne pouvons accepter que des milliers d'employés se retrouvent sans travail», a-t-il déclaré dans un communiqué, assurant que «la majeure partie des effectifs qui travaillent dans l'usine et pour ses sous-traitants» serait conservée.

Le producteur russe de camions Kamaz sera le principal partenaire de l'usine de Moscou, où devraient être produits à terme des véhicules électriques.

Selon l'analyste politique Anton Orekh, essayer de produire une nouvelle voiture à partir de zéro, en l'absence de technologies et de composants étrangers, revient à jeter «des milliards par la fenêtre».

L'annonce a aussitôt suscité des railleries. «Quand je rêvais de machine à remonter le temps, je l'imaginais quelque peu différente», a ironisé un internaute, Maxim Dbar, sur Facebook.

 

Lada redressée

La direction de Renault avait déjà annoncé qu'elle allait passer au premier semestre une provision de 2,2 milliards d'euros environ en raison de cette vente.

Renault s'était engagé dans Avtovaz en 2008 pour en devenir l'actionnaire majoritaire en 2014 sous la direction de Carlos Ghosn. 

Le géant automobile a alors redressé un groupe russe en grande difficulté, ravagé par les crises postsoviétiques. Il en partageait l'actionnariat avec le conglomérat militaro-industriel russe Rostec.

Après de lourds investissements, et des partages de technologie avec Dacia, la marque économique de Renault, Avtovaz commençait à rendre des bénéfices.

La Russie était le deuxième marché du groupe Renault dans le monde derrière l'Europe, avec près de 500 000 véhicules vendus en 2021.

Le groupe français, constructeur le plus engagé en Russie, et un des derniers à s'en aller, garde la porte entr'ouverte cependant: il pourra racheter pendant six ans des parts dans Avtovaz.

«Aujourd'hui, nous avons pris une décision difficile, mais nécessaire», a déclaré le directeur général de Renault, Luca de Meo. «Et nous faisons un choix responsable envers nos 45 000 salariés en Russie, tout en préservant la performance du groupe et notre aptitude à revenir dans le pays à l'avenir, dans un contexte différent».

Avtovaz fabrique des voitures notamment dans sa gigantesque usine à Togliatti (sud-ouest, sur le fleuve Volga), qui emploie 35 000 personnes. Les Dacia Logan et Sandero y sont aussi commercialisées avec le logo Renault.

Mais le marché russe s'est effondré dans le contexte du conflit en Ukraine, et les usines du groupe tournaient au ralenti voire pas du tout en raison d'une pénurie de composants importés, provoquée par les sanctions occidentales. 

Avtovaz avait ainsi dû envoyer ses employés en congés payés pour trois semaines en avril, arrêtant la majeure partie de sa production. 

Le syndicat du groupe avait de nouveau annoncé le 12 mai la fermeture des chaînes de production du 16 au 20 mai, faute de pièces.  

Sans prononcer le mot «nationalisation», Vladimir Poutine s'était dit en mars pour la nomination d'administrateurs «externes» à la tête d'entreprises étrangères cherchant à quitter la Russie «pour les transférer à ceux qui veulent les faire fonctionner».

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