Percer à l’étranger : les 10 commandements de Sid Lee

Publié le 13/10/2011 à 16:15, mis à jour le 18/10/2013 à 07:54

Percer à l’étranger : les 10 commandements de Sid Lee

Publié le 13/10/2011 à 16:15, mis à jour le 18/10/2013 à 07:54

Par Stéphane Rolland

Jean-François Bouchard. Photo : LesAffaires

Pour que les « ti-cul du Québec » percent à l’étranger, ils doivent accepter de commencer au bas de l’échelle et savoir se démarquer, a conseillé jeudi Jean-François Bouchard, président et associé principal de l’agence de publicité Sid Lee.

Sur un ton humoristique, le publicitaire a donné dix conseils aux gens d’affaires qui veulent faire leur marque à l’étranger, lors d’un discours prononcé devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

Le premier conseil : accepter qu’on soit un « ti-cul du Québec ». L’expression ne vise pas à dénigrer la belle province, mais à encourager les entrepreneurs à faire preuve de modestie lorsqu’ils partent à la conquête du monde. « Au début, nous avons accepté tous les projets dont personne ne voulait, raconte M. Bouchard. Nous avons commencé en faisant des menus de restaurants grecs dans un sous-sol. »

L’un des premiers clients internationaux de Sid Lee était un organisme religieux des États-Unis. « Il fallait faire des prières avant nos réunions, se souvient M. Bouchard. Nous nous sommes dit : “s’ils sont assez fou pour solliciter nos services, peut-être que d’autres le seront aussi”. »

Une fois dans le bain, les entreprises n’ont pas le choix de trouver une façon de se démarquer, ajoute-il. « Les entreprises sont capables de trouver de bons généralistes à deux pas de chez eux », rappelle M. Bouchard. Sid Lee, quant à elle, a misé sur la publicité numérique.

M. Bouchard a aussi donné des conseils plus particuliers inspiré de son expérience. Les entrepreneurs qui souhaitent percer ne doivent pas hésiter à investir dans leur budget de voyagement. « Il faut accepter de sauter dans un avion, quel que soit le prétexte, suggère-t-il. Vous devez faire sentir à vos clients que vous êtes toujours de passage dans leur ville. »

Différence culturelle oblige, les humbles et les modestes ne doivent pas avoir peur de se vanter lorsqu’ils discutent avec des Américains, même s’ils se trouvent en terrain inconnu. M. Bouchard a repris la maxime d’Elvis Graton, personnage du film du défunt cinéaste Pierre Falardeau : « think big, osti. » « Nous avions des concurrents qui se disaient les meilleurs au monde et qui étaient poches. Aux États-Unis, si vous dites seulement que vous êtes bons, ils penseront que vous êtes poches. Parfois, il faut dire des mensonges et il faut y croire soi même. »

Outre ces quatre conseils, M. Bouchard recommande de multiplier les occasions d’affaires, d’embaucher des étrangers pour apporter de la diversité culturel à son équipe, d’exploiter l’attrait culturel de Montréal, de miser sur l’innovation, de se trouver un mentor, et de collaborer avec les autres Montréalais en vue d’entretenir la «flamme créative» de la métropole.

M. Bouchard a aussi profité de son passage pour parler de la conférence C2-Mtl, projet présenté aux médias plus tôt ce mois-ci. Le publicitaire espère en faire un évènement de grande envergure dans le domaine de la créativité. L’immersion de trois jours qui réunira plusieurs sommités au mois de mai prochain contribuerait au rayonnement créatif de la métropole, a-t-il dit aux quelque 250 invités du CORIM. PLUS : Une nouvelle conférence d'envergure internationale pour Montréal

 

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