Moody's dégrade deux banques françaises

Publié le 14/09/2011 à 08:00, mis à jour le 14/09/2011 à 08:01

Moody's dégrade deux banques françaises

Publié le 14/09/2011 à 08:00, mis à jour le 14/09/2011 à 08:01

Par AFP

Photo : Bloomberg

L'agence d'évaluation financière Moody's a abaissé d'un cran mercredi la note des banques françaises Société Générale et Crédit Agricole, mais maintenu inchangée celle de BNP Paribas qui a annoncé une série de mesures pour rassurer les investisseurs.

La rumeur d'un abaissement général circulait depuis dimanche. Moody's avait prévenu dès juin qu'elle pourrait, à l'issue d'un examen qui arrivait à échéance cette semaine, revoir à la baisse les notes des trois banques cotées.

Dans le cas du Crédit Agricole, dont la note passe de "Aa1" à "Aa2", la décision est liée à l'exposition à la Grèce, tandis que dans celui de Société Générale, dont la note est rétrogradée de "Aa2" à "Aa3", la raison est autre.

Moody's reconnaît que l'exposition de la banque de la Défense à la dette grecque est modeste (1,1 milliard d'euros), mais a décidé de la traiter à égalité avec ses concurrentes concernant l'un des composants de sa note, à savoir le soutien implicite des pouvoirs publics en cas de défaillance.

"C'est une relativement bonne nouvelle (...) parce que c'est une dégradation très limitée, seulement deux banques sur trois, et surtout Moody's notait (jusqu'ici) mieux que les autres agences", a commenté le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer sur RTL.

"Donc, en réalité, elle les met au même niveau ou légèrement mieux que les autres agences", a-t-il expliqué.

"Les Français ne doivent pas s'inquiéter, les banques françaises sont solides", a assuré pour sa part le ministre de l'Industrie Eric Besson sur i-télé. "Simplement, nous avons une spéculation qui est totalement (...) irrationnelle" et qui conduit à se demander "si nous sommes dans une économie de marché ou dans une économie dictée par la rumeur", a-t-il ajouté.

"On est sous le règne de la rumeur", a abondé le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, sur Europe 1.

Les banques ont été fortement chahutés en Bourse lundi et mardi à la suite de rumeurs diverses qui ont conduit BNP Paribas, suivant l'exemple de la Société Générale en août, à demander à l'AMF l'ouverture d'une enquête.

"S'il y a suffisamment d'éléments pour le faire, il n'y a pas de raisons qu'une enquête ne soit pas ouverte", a indiqué M. Jouyet.

Dès lundi, commentant la rumeur d'une dégradation de son établissement, le PDG de la Société Générale Frédéric Oudéa avait estimé que la décision avait déjà été intégrée par le marché.

De fait, les valeurs bancaires limitaient leurs pertes en milieu de matinée à la Bourse de Paris. Vers 11H00 (09H00 GMT), Crédit Agricole gagnait 1,67% à 5,24 euros, Société Générale cédait 2,96 euros à 17,38 euros et BNP Paribas 2,70% à 27,24 euros, dans un marché en hausse de 0,62%.

Dans le cas du Crédit Agricole, Moody's juge que si le groupe affiche des ressources en fonds propres "considérables" pour absorber des pertes potentielles liées à la Grèce, son exposition elle-même (y compris à travers sa filiale Emporiki) "est trop importante pour correspondre aux notes actuelles" de la banque.

Quant à BNP Paribas, Moody's a prolongé la "mise sous surveillance négative" de la note de la banque française, signe qu'elle envisage toujours de l'abaisser, mais l'a pour l'instant laissée inchangée.

Elle a précisé qu'elle fonderait désormais son examen principalement sur la capacité de BNP Paribas de se financer sur les marchés, qui suscite des inquiétudes.

Soucieux de rassurer les investisseurs, la banque a présenté mercredi une série de mesures pour renforcer son capital et garantir son financement.

Depuis le mois d'août, l'ensemble des banques européennes éprouvent des difficultés à se financer en dollars, la plupart des fonds monétaires américains, grands pourvoyeurs de liquidité, ayant décidé de réduire leurs approvisionnements.

À la une

«On réinvestit dans la croissance pour capter les occasions qui se multiplient», Patrick Decostre, PDG de Boralex

Patrick Decostre, PDG de Boralex, a répondu à nos questions sur ses nouvelles orientations stratégiques et financières.

Boralex veut doubler sa puissance d'ici 2025, et encore d'ici 2030

Cette croissance se fera d’abord par la multiplication de son empreinte dans le solaire et aux États-Unis.

Boralex se lance dans le partage de terrains pour le solaire

14/06/2021 | François Normand

Comme les terrains sont rares, le producteur d'énergie verte se lance dans l’agrivoltaïsme avec la française Sun’Agri.