G20: l'Italie sous surveillance

Publié le 04/11/2011 à 12:02, mis à jour le 17/10/2013 à 08:06

G20: l'Italie sous surveillance

Publié le 04/11/2011 à 12:02, mis à jour le 17/10/2013 à 08:06

Par AFP

Le G20 qui cherche à éviter coûte que coûte une propagation de la crise grecque, toujours possible malgré l'abandon du référendum controversé, a décidé de placer l'Italie sous surveillance du FMI et annoncé des mesures censées éviter au monde une nouvelle récession.

"Après avoir écouté nos partenaires européens ces deux derniers jours, je suis certain que l'Europe est en mesure d'être à la hauteur de ces difficultés", a déclaré le président américain Barack Obama à la clôture du sommet de ce club des principaux pays riches et émergents à Cannes, dans le sud-est de la France.

La Grèce a certes officiellement renoncé vendredi à son projet de référendum sur le plan de sauvetage de ce pays, qui avait plongé lundi l'avenir de la zone euro dans l'incertitude et provoqué la stupeur des partenaires de l'Europe au sein du G20.

Mais entre-temps, la pression des marchés s'est accentuée sur l'Italie, troisième économie de la zone euro, quatrième emprunteur dans le monde, et principale cible des investisseurs en cas de propagation de l'incendie.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a donc fait appel, officiellement de son propre chef, au Fonds monétaire international (FMI) pour une "vérification publique" trimestrielle de la mise en oeuvre des mesures anti-crise de l'Italie. Il a ajouté avoir reçu, et refusé, une proposition d'aide financière du FMI, qui "n'est pas nécessaire".

L'écart entre le taux auquel empruntent l'Allemagne, bon élève de la discipline budgéaire, et l'Italie a atteint un nouveau record vendredi après-midi, signe de la perte de confiance des marchés dans l'Italie.

"Le problème", c'est "un manque de crédibilité des mesures qui ont été annoncées", a lancé la directrice générale du FMI Christine Lagarde pour justifier le rôle de son institution.

Les Européens espèrent par cette surveillance renforcer leur crédibilité, mise à mal par la crise grecque, face à leurs partenaires américain et des pays émergents.

Plus largement, les dirigeants des pays du G20, qui pèsent 85% de l'économie mondiale, ont examiné les moyens de renforcer les pare-feu indispensables pour éviter la contagion de cette crise de la dette qui mine l'Europe depuis près de deux ans.

Le G20 s'est ainsi engagé à "faire en sorte que des ressources supplémentaires puissent être mobilisées rapidement" par le FMI, selon la déclaration finale du sommet.

Mais plusieurs pays emmenés par les Etats-Unis sont réticents à graver un chiffre dans le marbre tant que la zone euro n'a pas ramené l'ordre chez elle, a relevé le membre d'une délégation. "Il y a beaucoup de pression sur la zone euro, de la part de nombreux pays", a expliqué de son côté un responsable britannique.

La chancelière allemande Angela Merkel a d'ailleurs reconnu que "pratiquement aucun des pays présents" n'avait encore "annoncé vouloir participer" au fonds de secours de la zone euro. "Cela dépendra de ses modalités", a-t-elle expliqué.

Les principales économies de la planète veulent aussi ramener la croissance sur des fondements durables en s'efforçant de corriger les déséquilibres économiques mondiaux.

La Chine et l'Allemagne s'engagent ainsi à prendre des mesures pour soutenir leur demande intérieure afin de soutenir la croissance mondiale, en cas d'aggravation de la crise, selon le communiqué final du sommet du G20.

De manière plus structurelle, les pays émergents, qui ont une balance commerciale excédentaire, ce qui concerne au premier chef la Chine, promettent de faire évoluer leur modèle économique vers une croissance tirée par la demande intérieure, de manière à soutenir la reprise mondiale et la stabilité financière, selon ce texte.

Le président Obama a ainsi salué la "determination" de la Chine à augmenter la flexibilité du yuan, accusé d'être sous-évalué de manière articificielle pour favoriser les exportations chinoises au détriment des partenaires commerciaux de Pékin.

Sans avoir obtenu d'unanimité au sein du G20, en raison notamment de l'hostilité américaine, le président français Nicolas Sarkozy a souhaité qu'une taxe sur les transactions financières soit mise en place dans les pays de l'Union européenne (UE) "dès l'année 2012", une initiative qui se voit "reconnue" dans le communiqué final.

Il a assuré aussi que les "pays qui demeurent des paradis fiscaux" seraient "mis au ban de la communauté internationale". Une liste de onze pays qui ne respectent pas les normes internationales en la matière, dont la Suisse, Panama et le Liechtenstein, a été publiée.

Par ailleurs, les régulateurs ont identifié vendredi au total 29 banques dites d'importance "systémique", qui par leur taille représentent un danger pour l'ensemble de l'économie en cas de faillite, et vont leur imposer une série de mesures pour les renforcer.

Les dirigeants du G20 avaient tenté jeudi au premier jour de leur sommet sur la Côte d'Azur d'afficher un front uni face à la crise de la dette et aux soubresauts grecs qui risquent de déclencher, selon les termes de l'un d'eux, une "réaction en chaîne" pour l'économie mondiale.

Mais, même si le référendum a été finalement abandonné, la Grèce reste engluée dans une crise politique et financière. Le Premier ministre Georges Papandréou devait tenter, au cours d'un vote de confiance à haut risque au Parlement dans la nuit de vendredi, de rester en place le temps de garantir le lancement du plan européen anti-crise qui doit sauver son pays de la faillite et le maintenir dans l'euro.

La France, qui assurait la présidence de ce groupe de pays riches et émergents depuis novembre 2010, a passé le relais au Mexique pour un an.


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