Série de raids franco-américains contre l'EI en Syrie

Publié le 16/11/2015 à 10:13

Série de raids franco-américains contre l'EI en Syrie

Publié le 16/11/2015 à 10:13

Par AFP

(Photo: Shutterstock)

Des avions français et américains de la coalition anti-jihadistes ont mené une série de raids en Syrie en visant des infrastructures du groupe État islamique (EI) à Raqa et une centaine de camions-citernes servant au trafic de pétrole. 

Ces nouveaux raids interviennent alors que la France a prévenu ce weekend qu'elle serait «impitoyable» dans la «guerre» contre l'EI, qui a revendiqué les attentats sanglants ayant frappé Paris vendredi.

Le ministère français de la Défense a annoncé que dix chasseurs-bombardiers Rafale et Mirage 2000 avaient largué 20 bombes dimanche soir dans le nord de la Syrie, détruisant un poste de commandement et un camp d'entraînement de l'EI.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), «il y a eu au moins 36 explosions dans la nuit à Raqa, certaines causées par des frappes aériennes, d'autres par des explosifs».

«Les explosions ont secoué la cité entière. Il y a eu des raids au nord et au sud de Raqa», a précisé Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH, qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie. Parmi les cibles visées, figure la «brigade 17», un camp d'entraînement incluant des dépôts d'armes.

L'état-major français a précisé que le premier objectif était un site situé à 6 km au sud de Raqa et «utilisé par l'EI comme poste de commandement, centre de recrutement jihadiste et dépôt d’armes et de munitions».

L'objectif est «nécessaire au fonctionnement de Daech (acronyme en arabe de l'EI) et l’un des lieux à partir duquel des attaques contre notre pays sont susceptibles d’être organisées», a ajouté l'armée.

La deuxième cible, située à l'ouest, est une «infrastructure industrielle inachevée» qui «abritait un camp d’entraînement terroriste et des cellules de recrutement». «Les deux sites ont fait l’objet d’une longue observation préalable», a-t-on ajouté de même source.

Aucun bilan humain des frappes n'a été communiqué.

Interdiction de circuler 

Mais selon Abou Mohamed, du groupe d'activistes anti-EI, «Raqa est massacré en silence», il n'y a «pas eu de civils tués».

Il a précisé que les raids avaient visé 10 sites utilisés comme bases de l'EI ainsi que des points de contrôle du groupe jihadiste dans Raqa et à l'entrée sud, citant notamment le stade municipal et le musée.

En réaction aux raids, l'EI a interdit la circulation et coupé l'électricité dans la ville, a-t-il ajouté.

Les avions de la coalition ont par ailleurs détruit 116 camions-citernes utilisés par le groupe EI dans l'est de la Syrie, a affirmé le Pentagone.

«Ce n'est pas la première fois que des camions-citernes sont attaqués mais c'est la première fois qu'il y en a autant de touchés», a précisé un porte-parole de la coalition.

Ces camions ont été détruits dimanche près de Boukamal, dans un parc de stationnement de cette localité tenue par l'EI à la frontière avec l'Irak, où les camions attendent de remplir leur réservoir.

La coalition a récemment annoncé qu'elle allait davantage frapper au portefeuille l'EI, qui contrôle la majorité des champs pétroliers de Syrie, notamment dans la province de Deir Ezzor. Cette contrebande lui rapporterait 1,5 million de dollars par jour lorsque le prix moyen s'établit à 45 dollars le baril, selon une enquête publiée en octobre par le Financial Times. 

Victimisation 

Pour Charlie Winter, un expert basé à Londres des mouvements jihadistes, il est «difficile de croire que de hauts dirigeants (de l'EI) soient à Raqa» où ils seraient une cible facile. «Cela serait une chose ridicule et stupide», selon lui. 

Mais si des victimes civiles tombent, «elles seront sûrement transportées devant les caméras», estime-t-il, ajoutant que l'EI jouera sans doute la carte de la «victimisation (...) pour justifier les brutalités futures». On rentrera ainsi dans un «cercle vicieux».

Eviter des victimes civiles semble en effet une tâche difficile, souligne Hachem al-Chami, un autre expert des mouvements jihadistes. Car l'EI installe souvent ses camps d'entraînement et ses dépôts d'armes auprès des hôpitaux et d'autres établissements civils. 

Il ajoute que l'EI répartit ses forces sur trois zones: ses fiefs qui ne risquent pas d'attaque terrestre, des «zones mixtes» qui pourraient être sous la menace d'attaques ennemies et les «zones» de guerre où le groupe combat d'autres forces. Ses dirigeants se trouvent souvent dans les «zones mixtes», selon M. al-Chami.

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