Quand le risque géopolitique nous explose à la figure

Publié le 14/06/2014 à 08:38

Quand le risque géopolitique nous explose à la figure

Publié le 14/06/2014 à 08:38

Par François Normand

ANALYSE - C'est la stupeur en Irak. L'avancée des forces de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) menace de renverser le gouvernement irakien établi à Bagdad. Une insurrection qui prend non seulement les puissances occidentales par surprise, mais aussi les analystes financiers et les entreprises qui étaient retournées dans ce pays après la chute de Saddam Hussein.

Un exemple éloquent qui démontre à quel point les risques géopolitiques peuvent prendre souvent les entreprises par surprise. Car, si les sociétés analysent habituellement bien leurs risques d'affaires classiques (de logistique, de paiement, de devise, etc.), elles sous-estiment la plupart du temps leurs risques géopolitiques.

Pourquoi? Parce que c'est un risque intangible, subjectif, que l'on ne peut pas évaluer ou jauger avec des statistiques, des indicateurs ou des ratios financiers.

Les risques géopolitiques sont aussi sous-estimés dans les entreprises, car leur analyse requiert avant tout des compétences en histoire, en sciences politiques et en sociologie, des champs d'expertise qui ne sont pas nécessairement beaucoup valorisés dans le secteur privé.

Certes, des firmes se spécialisent de plus en plus dans l'analyse et la gestion des risques géopolitiques, telles que Eurasia Group, à New York, la société française Coface, sans parler d'une division de la Financière Banque Nationale, à Montréal. Mais cette expertise demeure somme toute marginale et sous-utilisée.

La crise en Crimée et son rattachement à la Russie plus tôt cette année, après la tenue des Jeux olympiques de Sotchi, a sans doute pris par surprise bien des analystes financiers et des dirigeants d'entreprises, mais beaucoup moins les analystes de la politique russe.

Car le retour de Vladimir Poutine (un nostalgique de l'ex-Union des républiques socialistes soviétiques) à la présidence de la Russie et sa volonté de restaurer la grandeur de son pays ne laissait présager rien de bon pour les États voisins abritant des minorités russophones.

Le cas de l'Irak et de l'Ukraine ne sont que deux exemples parmi tant d'autres de crises géopolitiques potentielles inattendues qui pourraient se déclencher un jour en Amérique latine, en Afrique ou en Asie-Pacifique.

Or, votre organisation a-t-elle bien analysé tous les risques potentiels? Les a-t-elle même envisagés, même ceux qui apparaissent aujourd'hui improbables, voire ridicules?

Qu'arriverait-il par exemple aux entreprises et investisseurs étrangers en Chine si jamais il y avait un jour un «printemps chinois», qui renverserait le parti communiste au pouvoir depuis 1949? Ou que se passerait-il si un parti d'extrême droite réussissait à prendre le pouvoir dans un pays européen?

Scénarios farfelus, impossibles, diront certains. Peut-être. Mais la chute du communisme en Europe au tournant des années 1990 a aussi surpris la plupart des observateurs. Pourtant, une poignée de spécialistes de l'ex-URSS évoquaient la possibilité d'un tel scénario bien avant sa réalisation. Mais on ne les a pas écoutés. Bref, on a sous-estimé ce risque géopolitique, qui a notamment provoqué des guerres dans les Balkans, dans l'ex-Yougoslavie.

 

 

 

 

 

 

 

 

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