Hong Kong: une ville divisée

Publié le 01/09/2014 à 08:22

Hong Kong: une ville divisée

Publié le 01/09/2014 à 08:22

Par AFP

Hong Kong connaît l'une de ses plus graves crises politiques depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, les militants prodémocratie menaçant de paralyser le quartier financier de l'ancienne colonie britannique pour protester contre le refus de Pékin de lui accorder le plein suffrage universel.

 

UNE VILLE DIVISEE

Le mécontentement populaire dans le territoire autonome chinois est au plus haut depuis des années. Les inégalités croissantes, l'afflux de Chinois du "continent" auxquels est en partie imputée la hausse du coût de la vie expliquent en partie ce sentiment.

Mais la raison profonde de la grogne tient à la perception qu'ont les Hongkongais d'une ingérence de plus en plus manifeste de Pékin dans les affaires politiques de la ville et de son refus de démocratiser jusqu'au bout le processus électoral.

 

LES ENJEUX DE LA REFORME EN DEBAT

Actuellement, le chef de l'exécutif hongkongais est élu par un comité électoral pro-Pékin. La Chine avait fait miroiter l'instauration du suffrage universel en 2017 mais les militants pro-démocratie estiment que Pékin se dédie.

La Chine a en effet consenti à permettre à chaque Hongkongais en âge de voter de participer à la prochaine élection. Mais seuls deux ou trois personnalités sélectionnées à la majorité des voix par un comité de nomination seront habilitées à se présenter.

Ces restrictions sont inacceptables selon le mouvement prodémocratie. A ce compte, les candidats susceptibles d'émettre des critiques à l'égard du Parti communiste chinois seront écartés, plaident-ils.

 

LES MILITANTS PRODEMOCRATIE

Il s'agit de parlementaires, d'universitaires, d'étudiants et de citoyens ordinaires. Les jeunes générations sont plus actives que leurs parents, souvent des réfugiés communistes ou nationalistes.

Le mouvement le plus en vue est Occupy Central with Love and Peace (OCLP). Dirigé par deux universitaires et un prêtre, Occupy Central a appelé à multiplier les "actes de désobéissance civile" avec, en point d'orgue, l'occupation de Central, le quartier d'affaires de la ville dont les gratte-ciel sont devenus l'emblème.

En juin, le mouvement a organisé un référendum non officiel auquel près de 800.000 personnes ont participé, s'exprimant à une écrasante majorité en faveur de libertés démocratiques élargies.

 

OCCUPY CENTRAL

Loin de là. En août, un réseau d'associations pro-Pékin a organisé une manifestation qui a attiré des dizaines de milliers de personnes même si certains accusent les organisateurs d'avoir payé des manifestants pour défiler.

Une partie des Hongkongais s'oppose à la stratégie de confrontation d'Occupy, craignant une détérioration du climat des affaires.

 

LES SCENARIOS D'AVENIR

Sauf compromis, Occupy Central devrait mettre ses menaces à exécution.

L'issue dépendra largement de la façon dont les autorités répondront. La police de Hong Kong a prévenu qu'elle arrêterait toute personne soupçonnée d'actes délictueux.

Parallèlement la réforme proposée par Pékin devra être entérinée par les deux tiers du parlement hongkongais. Les élus prodémocratie ont appelé à voter contre. En cas de rejet du texte, Pékin a averti que la prochaine élection se déroulerait selon les dispositions actuelles, c'est-à-dire sans la participation des 5 millions d'électeurs potentiels.

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