G20: les pays émergents en position de force

Publié le 03/11/2011 à 11:06, mis à jour le 17/10/2013 à 08:04

G20: les pays émergents en position de force

Publié le 03/11/2011 à 11:06, mis à jour le 17/10/2013 à 08:04

Par AFP

Les pays émergents, forts de leur poids croissant dans le monde, ont mis jeudi la pression sur leurs partenaires européens du G20, pour qu'ils résolvent enfin leur crise de la dette, se disant prêts, mais prudemment, à contribuer financièrement à une solution. 

Au sommet du G20 qui se tient jusqu'à vendredi à Cannes (France), les émergents et singulièrement le groupe des Brics - Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud - ont semblé en bien meilleure position que les États-Unis dont l'économie peine à se relever ou l'Union européenne, engluée dans une crise monétaire profonde.

"Je ne voudrais blesser personne mais les actions de nos partenaires devraient être beaucoup plus dynamiques et beaucoup plus fermes pour remettre de l'ordre", a déclaré le président russe Dmitri Medvedev. "Sinon nous serons encore longtemps les otages de ces problèmes", a-t-il ajouté.

La Russie, comme la Chine, a offert d'aider sous conditions de garanties la zone euro menacée par la dette grecque. "Nous participerons à des programmes d'aide financière dans les pays européens, au moins via le Fonds monétaire international", a dit le président russe.

Pékin pourrait apporter de son côté à la zone euro jusqu'à 100 milliards de dollars (73 milliards d'euros), a indiqué jeudi au quotidien français Le Figaro un responsable de la Banque centrale chinoise, Li Daokui. La Chine n'a toutefois pris aucun engagement ferme en ce sens et son président, Hu Jintao, a redit mercredi à son homologue français Nicolas Sarkozy qu'il revenait avant tout "à l'Europe de régler le problème de sa dette".

Peu avant l'ouverture officielle du G20, Dmitri Medvedev et Hu Jintao ont retrouvé leurs homologues brésilien, indien et sud-africain afin de "discuter de la crise de la dette en Europe". Selon un conseiller économique du Kremlin, Arkadi Dvorkovich, ces pays ont travaillé sur "une position commune des Brics sur la zone euro".

Individuellement, les principaux pays émergents ont multiplié aussi les pressions sur leurs homologues européens pour qu'ils évitent d'entraîner le monde dans une nouvelle récession.

Le Brésil a récemment dit qu'il n'achèterait pas d'obligations européennes mais a également proposé son aide via le FMI.

La présidente argentine, Cristina Kirchner, dont le pays n'est pas membre du groupe des Brics, a demandé à ses homologues du G20 d'en finir avec "l'anarcho-capitalisme financier" actuel en régulant les marchés afin de revenir à un capitalisme enfin sérieux.

"Ce que je propose, c'est de revenir au capitalisme sérieux, parce que ce que nous sommes en train de vivre, messieurs, ce n'est pas le capitalisme. Ca c'est de l'anarcho-capitalisme financier total, où personne ne contrôle rien", a-t-elle dit devant des chefs d'entreprise des pays du G20.

L'UE pensait avoir trouvé la solution de la crise grecque avec un plan d'aide approuvé le 27 octobre. Mais Athènes, en annonçant qu'un référendum serait organisé sur ce plan, a provoqué cette semaine une brutale perte de confiance des marchés dans la capacité européenne à surmonter la crise.

Peu avant son arrivée à Cannes, le Premier ministre indien Manmohan Singh a, comme le président russe, lui aussi mis en garde ses partenaires européens sur la nécessité de faire beaucoup plus pour restaurer la confiance des investisseurs dans la zone euro. "Les deux sommets de l'Union européenne et de la zone euro il y a quelques jours ont contribué à rassurer les marchés mais beaucoup plus reste à faire", a-t-il souligné.

"Il est impératif que les décisions difficiles nécessaires pour relever les défis en Europe et ailleurs soient prises rapidement", a ajouté le Premier ministre indien.

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