Les marchés de Shanghai: les technologies propres


Édition du 06 Septembre 2014

Les marchés de Shanghai: les technologies propres


Édition du 06 Septembre 2014

Par François Normand

Les marchés de Shanghai - Métropole de près de 25 millions d'habitants, la ville de Shanghai est un vaste marché à elle seule, avec plusieurs secteurs clés pour les entreprises canadiennes. Nous vous présentons six de ces secteurs.

La qualité de l'eau potable est problématique à Shanghai, comme dans le reste de la Chine. À moins d'avoir une santé à toute épreuve, rares sont les Chinois et les étrangers qui boivent l'eau du robinet sans la faire bouillir. Et même avec ce procédé, cela ne protège pas contre la pollution chimique et les métaux présents dans l'eau.

Depuis 10 ans, les autorités ont d'ailleurs investi dans les centres de traitement de l'eau, ce qui a contribué à améliorer la qualité de l'eau potable. Toutefois, les récents incidents des porcs (plus de 13 000 bêtes repêchées dans les eaux Shanghai), les déversements de produits chimiques dans plusieurs villes et le manque de contrôle sur l'embouteillage de l'eau ont rendu plus populaire l'utilisation de systèmes individuels de filtration.

«En particulier dans une métropole comme Shanghai, les gens sont davantage sensibilisés à la pollution de l'eau et de l'air», souligne Xiao Hong Zhu, directrice générale de JIE Technologies, une firme de Hong Kong fondée par l'entrepreneur d'origine canadienne Alan McMillan, qui a un bureau à Shanghai.

La solution de cette entreprise combine plusieurs filtres et des rayons ultraviolets pour produire une eau pure, exempte de bactéries, de produits chimiques et de métaux. JIE Technologies a quatre types de clients : les résidences des particuliers, les hôtels, les restaurants et les bureaux.

Cela dit, c'est dans le segment de marché des propriétaires de résidences que la PME consacre le plus d'effort à chercher de nouveaux clients, car les ventes dans les segments commercial et institutionnel n'ont pas été à la hauteur des attentes, selon Xiao Hong Zhu.

«Quand nous avons attaqué la première fois le marché chinois, nous avons d'abord visé les bureaux, les hôtels, les écoles et les établissements publics. Toutefois, nous nous sommes vite rendu compte que ces marchés ne valorisaient pas les systèmes de purification d'eau», explique-t-elle, en précisant que les propriétaires de maison valorisent la santé de leur famille plus que toute autre chose.

La lutte à la pollution, une priorité

Xebec, de Blainville, est une autre entreprise canadienne qui s'est positionnée sur le marché de Shanghai, notamment avec ses technologies d'assèchement de gaz naturel installées dans les stations-service qui distribuent cet hydrocarbure (permettant de réduire la pollution atmosphérique). La PME, qui a un bureau à Shanghai, vend ses produits à ENN Energy Holdings, un important distributeur d'énergie.

«Avec la nouvelle garde au pouvoir à Beijing, les technologies propres sont devenues un enjeu politique», dit Éric Favreau, chef de la direction financière chez Xebec, en rappelant à quel point les épisodes extrêmes de smog urbain en 2013, dans le nord-est de la Chine, ont frappé les esprits de la population et des décideurs politiques.

C'est pourquoi le marché des technologies propres en Chine et à Shanghai est en forte croissance. Bloomberg New Energy Finance, une firme de recherche, estime que ce marché en Chine a dépassé 60 milliards de dollars américains en 2013. À titre de comparaison, celui aux États-Unis était inférieur à 50 G$ US.

Il faut dire que la lutte à la pollution (de l'eau, de l'air, des sols) est devenue une priorité en Chine. En 2013, le premier ministre Li Keqiang a annoncé un vaste plan pour restructurer l'économie autour d'industries plus propres et efficaces.

Et en début d'année, Li Keqiang a même déclaré «la guerre à la pollution». Pour ce faire, Beijing investira plus de 800 G$ US dans les prochaines années. Les armes de cette guerre ? Les technologies innovatrices.

Une dynamique qui crée des occasions d'affaires pour une foule d'entreprises pouvant aider la Chine à améliorer la qualité de l'eau, de l'air et des sols.

«Si vous êtes une entreprise dans les technologies propres, vous ne devez pas vous demander si vous irez un jour ou non en Chine, mais plutôt quand», déclarait à la chaîne américaine CNBC en avril Peter Cook, un spécialiste en investissement dans le marché du carbone à l'International Finance Corporation, une division de la Banque mondiale.

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