Trump minimise l'impact de la guerre commerciale sur les États-Unis

Publié le 12/11/2019 à 15:24

Trump minimise l'impact de la guerre commerciale sur les États-Unis

Publié le 12/11/2019 à 15:24

Par AFP

(Photo: Getty Images)

Donald Trump a loué la bonne santé de l’économie américaine mardi malgré les études chiffrant l’impact de la guerre commerciale sur l’emploi et l’activité économique aux États-Unis.

L’économie « a largement dépassé nos attentes », a déclaré l’hôte de la Maison-Blanche dans un discours à New York, tout en défendant l’imposition des droits de douane punitifs. « Le réel coût aurait été de ne rien faire. » 

Alors que l’industrie manufacturière américaine est en récession, il a toutefois reconnu pour la première fois que les industriels souffraient « peut-être d’une légère incertitude » avant d’affirmer le contraire: « Il n’y a pas d’incertitude », « ils n’ont pas été affectés » par la guerre commerciale.

Le discours de Donald Trump devant le club économique de New York est intervenu au moment même où une étude menée pour le compte du port de Los Angeles (Californie), premier port des États-Unis et l’un des plus importants du monde, chiffre les effets de la guerre commerciale.

Les tarifs douaniers punitifs imposés par l’administration Trump aux importations, principalement de Chine, et les représailles contre les biens américains menacent près de 1,5 million d’emplois aux États-Unis, selon cette étude.

Les importations et exportations affectées représentent 186 milliards de dollars annuels, en valeur de fret et sur la base des données de 2018.

L’enquête inclut les droits de douane additionnels portant sur plus de 360 milliards de dollars de biens chinois déjà en vigueur, ainsi que ceux qui pourraient être imposés le 15 décembre aux quelque 160 milliards de dollars de biens chinois — dont les iPhone — n’ayant pas encore été surtaxés.

Jusqu’à présent, Donald Trump et son administration n’ont eu de cesse de marteler que la guerre commerciale n’avait eu aucun impact sur l’économie américaine, incriminant la politique de la Banque centrale dans le ralentissement économique.

En septembre, peu après une nouvelle vague de tarifs punitifs, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin avait lui-même affirmé ne pas voir « pour le moment de signe d’impact sur les États-Unis ».

Les économistes s’accordent pourtant à dire que la croissance économique américaine ralentit en raison notamment de l’incertitude entourant la guerre commerciale, qui décourage les investisseurs.

L’activité du secteur manufacturier aux États-Unis a continué de se contracter en octobre, mais à un rythme plus lent que le mois précédent.

Ce qui fait dire à Donald Trump que l’industrie manufacturière « se reprend très très fortement » et que « notre pays est vraiment très solide ».

Nouvelle menace

« Toutes les zones urbaines, suburbaines et rurales de notre pays bénéficient des importations et des exportations transitant par les ports de San Pedro Bay », a souligné de son côté Gene Seroka, directeur exécutif du port de Los Angeles.

Le fret passant par le port californien est estimé à plus de 380 milliards de dollars et l’activité économique génère plus de trois millions d’emplois américains.

Selon M. Seroka, certaines régions et industries ressentent déjà « les dommages causés aux emplois, aux revenus ».

L’étude montre que les droits de douane imposés depuis mars 2018 pourraient entraîner des coûts supplémentaires de 31 à 35 milliards de dollars, qui sont supportés par les consommateurs et par les fabricants américains ayant besoin de matières premières importées et de certains composants.

Alors que la majorité des tarifs douaniers visent les produits chinois, les auteurs du rapport rappellent que la Chine est la principale source d’approvisionnement, comptant « à hauteur de 54 % pour les importations ».

Donald Trump a annoncé le mois dernier un accord commercial de principe avec la Chine, qui doit encore être signé. 

« Si nous n’avons pas d’accord, nous augmenterons significativement les droits de douane », a-t-il une nouvelle fois menacé mardi.

« Et ce sera le cas aussi pour les autres pays qui nous maltraitent », a-t-il ajouté, pointant directement du doigt les Européens dont « les barrières douanières sont terribles ». 

Le président n’a pas dévoilé sa décision sur l’imposition éventuelle de droits de douane dans le secteur automobile qui doit intervenir cette semaine.

Le rapport publié mardi montre enfin que les États agricoles les plus vulnérables comprennent des bastions républicains comme le Kansas, le Texas et la Louisiane, ainsi que des États plus disputés tels que l’Ohio et l’Arizona.

La semaine dernière, le groupe de pression Tariffs Hurt the Heartland avait, lui, estimé que les entreprises et consommateurs américains avaient payé 38 milliards de dollars supplémentaires entre le début de la guerre commerciale début 2018 et septembre 2019.

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