Theranos: Elizabeth Holmes, la chute d’une étoile de la Silicon Valley

Publié le 18/11/2022 à 17:39

Theranos: Elizabeth Holmes, la chute d’une étoile de la Silicon Valley

Publié le 18/11/2022 à 17:39

Par AFP

Elizabeth Holmes, enceinte, a jusqu’au 27 avril pour débuter sa peine, a précisé le juge Edward Davila. (Photo: Justin Sullivan pour Getty Images)

San José — Vraie visionnaire ou vendeuse de rêve? L’Américaine Elizabeth Holmes, un temps couronnée plus jeune «self-made woman» milliardaire du monde, grâce aux promesses de sa start-up de tests sanguins Theranos, a connu une chute aussi sensationnelle que son ascension, qui a exposé les limites de la culture de la Silicon Valley.

Vendredi, la jeune femme, enceinte, a été condamnée à un peu plus de 11 ans de prison après avoir été reconnue coupable en janvier de fraude par un tribunal de San José en Californie.

Au terme d’un procès de quatre mois, les jurés avaient déterminé qu’elle avait «menti et triché» pour lever des fonds, selon les mots d’un procureur.

Elizabeth Anne Holmes, 38 ans, a longtemps été décrite comme une visionnaire et un nouveau Steve Jobs, une comparaison encouragée par le col roulé noir que cette blonde aux grands yeux bleus portait presque invariablement, comme le défunt fondateur d’Apple.

Fille d’une assistante parlementaire et d’un ancien directeur chez Enron — un groupe qui a sombré dans un immense scandale de fraude — elle n’a que 19 ans quand elle fonde Theranos, en 2003.

Comme Steve Jobs, elle avait été admise à la prestigieuse université de Stanford, et comme lui, elle abandonne rapidement ses études. Elle choisit d’utiliser l’argent mis de côté par ses parents pour financer le démarrage de sa start-up, basée à Palo Alto, au cœur de la Silicon Valley.

 

Séduction

Elle met alors en avant des motivations personnelles: la mort subite d’un oncle chez lequel aucune maladie n’avait auparavant été diagnostiquée.

«Pour moi, rien n’a plus d’importance que ce que les gens traversent quand quelqu’un qu’ils aiment devient vraiment très malade», affirmait-elle dans une vidéo sur le site de Theranos. «Le sentiment d’être impuissant est déchirant et si je peux construire quelque chose pour changer cela, c’est ce que je veux faire de ma vie».

Son entreprise promettait des diagnostics plus rapides et moins chers que ceux des laboratoires traditionnels, grâce à des méthodes présentées comme révolutionnaires, permettant des tests multiples avec une toute petite quantité de sang.

Les investisseurs sont séduits. En 2014, Forbes évalue la fortune de Mme Holmes à 4,5 milliards de dollars et la décrit comme la plus jeune femme milliardaire n’ayant pas hérité de sa fortune.

Elle était «intelligente, éloquente, déterminée», avait raconté pendant le procès Jim Mattis, un ancien ministre américain de la Défense, qui a fait partie du conseil d’administration de Theranos, comme l’ex-secrétaire d’État Henry Kissinger. 

Elizabeth Holmes met personnellement les logos de géants pharmaceutiques comme Pfizer sur des documents officiels de Theranos vantant ses produits, sans la permission des entreprises concernées. Et garde le secret sur les divers échecs de ses machines.

Mais en 2015, le Wall Street Journal publie une enquête accablante, malgré les tentatives de la dirigeante d’empêcher sa parution en faisant appel à Rupert Murdoch, le propriétaire du quotidien américain et aussi un investisseur de Theranos.

 

«Petite fille»

Les articles révèlent le manque de fiabilité des technologies de la start-up, qui ne servent que pour une petite partie des plus de 200 tests proposés.

Theranos multiplie alors les démentis. «C’est ce qui arrive quand vous travaillez pour changer les choses. D’abord on pense que vous êtes fou et on vous combat, et soudain vous changez le monde», assène Elizabeth Holmes sur CNBC.

Pendant son procès, elle a continué à tenter de convaincre le jury de sa bonne foi. Elle a aussi évoqué sa relation avec Ramesh «Sunny» Balwani, son ex-directeur des opérations et compagnon.

Elle a notamment expliqué qu’il la contrôlait de près, au travail et à la maison, cherchant à la «façonner» en une nouvelle personne, plus masculine et moins «petite fille».

Aujourd’hui mariée et maman d’un petit garçon de 18 mois et enceinte d’un deuxième enfant, son histoire a fasciné les médias américains, car elle incarnait une certaine image de la Silicon Valley innovante, avant sa déchéance.

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