São Paulo: La capitale économique de l'Amérique du Sud

Publié le 14/06/2014 à 10:16

São Paulo: La capitale économique de l'Amérique du Sud

Publié le 14/06/2014 à 10:16

Par Matthieu Charest

Capitale économique du Brésil, São Paulo est également la porte d'entrée toute désignée pour accéder aux marchés de l'Amérique du Sud. Mais la route qui mène au succès y est parsemée d'embûches. Pour s'y tailler une place, les entrepreneurs québécois doivent s'armer de patience et de détermination.

«Le Brésil, dans pratiquement tous les secteurs économiques de l'Amérique du Sud, c'est la moitié de la "business", lance d'entrée de jeu Denis Côté, directeur régional pour le Brésil pour Genetec. Et São Paulo, c'est la plaque tournante. Même si ton marché est ailleurs sur le continent, tout part de là.»

Et c'est justement là, dans la plus grande ville du continent sud-américain, que l’aventure brésilienne du fournisseur montréalais de logiciels de vidéosurveillance, de contrôle d'accès et de reconnaissance des plaques d'immatriculation a débuté. Par le truchement d'un distributeur local, Genetec a commencé à vendre ses produits il y a maintenant six ans.

«Ils accordent une plus grande importance à la sécurité que les Québécois, affirme M. Côté. C'est que l'impunité est un grand problème au Brésil. Les lois sont telles que les adolescents peuvent faire ce qu'ils veulent, et quand un groupe criminel est arrêté, c'est un mineur qui se déclare coupable...»

Lorsqu'elle a constaté l'ampleur de l'intérêt des Brésiliens pour ses produits, la québécoise a entamé les démarches pour ouvrir sa propre filiale. Depuis deux ans, l'entreprise a pignon sur rue à São Paulo, et compte 7 employés.

Elle compte même parmi ses clients la police de l'État de São Paulo. Les policiers «veulent partager nos technologies, révèle le directeur local. Ils subissent des coupures de budgets et recherchent des partenaires dans le domaine de la sécurité privé». Les clients potentiels se multiplient, et la vente de logiciels et l'entretien de ceux-ci par la même occasion.

Si l'opération est aujourd'hui couronnée de succès, les démarches se sont révélées laborieuses. «Seulement pour "monter" la structure de Genetec Brésil, ça nous a pris un an, explique le directeur régional. Un entrepreneur qui provient du Québec pour se lancer en affaires dans ce pays ne doit pas avoir peur de l'inconnu. Il faut être habitué à travailler dans des zones grises, on n'est jamais certain des étapes à suivre.»

À titre d'exemple, le système d'imposition des entreprises est à ce point complexe que «tu peux consulter trois firmes comptables, et elles vont toutes t'arriver avec un taux de taxation différent, a constaté Denis Côté. C'est tellement compliqué que personne ne le comprend vraiment!»

Et ce n'est là qu'un exemple pour qualifier la lourdeur administrative qui pèse sur les entrepreneurs au Brésil. Une menace étoffée par le fait que les Brésiliens craignent que l'ampleur des difficultés bureaucratiques qui pèsent sur les étrangers ne les fasse fuir. Il faut donc leur prouver que l'entreprise récemment installée compte rester.

«L'idée en s'attaquant au Brésil, c'est d'investir "upfront", croit M. Côté. C'est un marché risqué, mais avec de bonnes analyses de marché et une équipe solide, c'est possible. Tu ne peux pas "fermer un deal" en trois mois. Il faut s'implanter ici, miser gros, et à long terme, ça vaut la peine.»

Le directeur régional de Genetec Brésil, Denis Côté, espère atteindre un chiffre d'affaires de 4 M$ d'ici quatre ans. «L'ensemble de Genetec doit engranger 100 M$ par année, ajoute-t-il. Nous ne sommes pas une vache à lait pour l'entreprise en ce moment, mais ça va le devenir.» 

Un entremetteur à Sao Paulo

Guillermo Moyano, chargé d'affaires Amérique latine et Asie pour Expansion Québec

«São Paulo est le centre industriel et économique du Brésil. C'est un marché prometteur pour les PME québécoises de par sa taille, la présence d’une classe moyenne florissante et le potentiel de croissance économique.

Près de cette métropole cosmopolite se trouve le port de Santos, le plus important du pays, qui se trouve à moins de 100 kilomètres. C'est donc une plaque tournante pour le commerce et le transport des marchandises.

Le Brésil est une terre d’accueil où le climat est amical et familier: les codes sociaux sont séduisants pour des entrepreneurs québécois qui vivent davantage leur côté latin.

Malgré cette attractivité culturelle, il faut se montrer vigilant d’un point de vue légal. Les aspects administratifs sont beaucoup plus longs et procéduriers qu’au Québec.

Il n’est pas rare au Québec de se lancer en affaires quand une occasion se présente, alors que le Brésil nécessite une approche plus réfléchie, l'élaboration d'une stratégie de pénétration de marché et de la patience...

La complexité vient en partie du fait que le Brésil est un pays protectionniste (réglementation complexe et taxes à l’importation élevées). Pour certains produits, le niveau de taxation peut atteindre jusqu’au 70% de sa valeur d'origine! Il y existe toutefois une procédure permettant de réduire ces taux pour des équipements innovants.

Certains secteurs de l'économie sont davantage soutenus par le gouvernement ou bénéficient d’une conjoncture particulièrement favorable : les infrastructures, l'énergie, ou encore le tourisme, alors qu'approchent la tenue de la Coupe du monde de soccer et des Jeux olympiques.»

 

Fiche São Paulo

Population: Agglomération d'environ 19 M d'habitants (plus ou moins 10% des Brésiliens)

Pays: République fédérale du Brésil

Croissance du PIB brésilien: 0,9% (2012)

Statut: Ville la plus peuplée du pays

Échelle du degré d'intégration dans la mondialisation (Classement GaWC, 2012)

Alpha: São Paulo, Toronto

Alpha - : Buenos Aires

Bêta + : Montréal, Lima, Santiago

Bêta: Bogota, Rio de Janeiro, Caracas, Montevideo, Vancouver

Sources: ONU, CIA, Banque mondiale, Global and World Cities

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