Rio de Janeiro: Services «bancaires» au soleil

Publié le 14/06/2014 à 10:19

Rio de Janeiro: Services «bancaires» au soleil

Publié le 14/06/2014 à 10:19

Par Matthieu Charest

Le Brésil est au 11e rang des partenaires commerciaux du Québec, selon le ministère des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur. Pourtant, avec une population de près de 200 M, une économie en pleine croissance et une culture semblable à la nôtre, le dragon de l'Amérique du Sud a de quoi accroître son importance aux yeux des entrepreneurs de la belle province.

Signe que le Brésil gagne en importance pour les entrepreneurs québécois, la Banque Nationale, qui veut se positionner comme la «banque des entreprises», a ouvert un bureau de représentation à Rio de Janeiro en 2012. Même s'ils n'ont qu'un seul employé sur place, le simple fait d'y être présent confère à la québécoise un net avantage.

«On sentait que nos clients développaient un intérêt pour le Brésil, explique Dyanne Carenza, vice-présidente, services bancaires aux entreprises et international à la Banque Nationale (BNC). C'était important pour nous d'être au Brésil, d'être à Rio, pour accompagner nos clients.»

Malgré l'importance de son marché intérieur, le Brésil est reconnu pour être particulièrement difficile à percer pour les entreprises étrangères. D'où l'intérêt, pour la Banque Nationale, de compter sur un ambassadeur québécois sur place, à Rio de Janeiro. Et sur place, la BNC doit affronter ses concurrents traditionnels. Les banques RBC, BMO, la Banque de Nouvelle-Écosse et HSBC sont également représentées.

«Il faut connaître les règlementations en vigueur, souligne Mme Carenza. Cependant, la dirigeante refuse de croire que le Brésil est moins accueillant que d'autres pays, ce n'est pas tellement plus complexe qu'ailleurs, pense-t-elle.»

Et si l'opinion de la vice-présidente quant aux difficultés vécues au Brésil par les entrepreneurs diffère du regard d'autres experts, il reste que leurs efforts se sont avérés payants.

«Nos clients, que ce soient des PME ou de grandes entreprises, sont très impressionnés par notre présence là-bas, affirme Mme Carenza. Depuis l'ouverture de notre bureau, il y a deux ans, je constate une très belle croissance de nos affaires.»

Mais le statut de bureau de représentation de la Banque Nationale à Rio ne permet pas à l'institution financière d'effectuer des transactions financières pour leurs clients sur place. Celles-ci doivent se faire au Canada. Bref, la Banque Nationale au Brésil n'est pas tellement une banque, mais plutôt un bureau de consultants de première ligne. La Banque a noué plusieurs relations avec des banques locales, et avec des consultants en qui elle a confiance. Elle peut donc jouer un rôle d'entremetteur qui permet de séparer le grain de l'ivraie.

Bruno Demers, vice-président de Nuvac, une entreprise québécoise de services environnementaux, a justement émis un avertissement quand aux pseudo consultants qui pourraient nuire à une entreprise. «Nous pensions avoir un beau projet en Uruguay, mais notre entreprise s'est fait “avoir” par des consultants, qui n'en voulaient qu'à notre argent.»

Quand une entreprise québécoise s'intéresse au Brésil, «du jour au lendemain, tout ne peut pas rouler. Il faut "prendre" le temps», lance Dyanne Carenza, vice-présidente, services bancaires aux entreprises et international à la Banque Nationale.

Mais dans un marché potentiel de l'ampleur du Brésil, il faut savoir se méfier des requins.

Un entremetteur à Rio de Janeiro

Bruno Daigle, consultant, conférencier et président fondateur de CAD communications et d'Export Canada-Brésil

«Rio de Janeiro, ce n'est pas le Brésil. C'est une ville phare, mais c'est plutôt São Paulo qui rayonne au niveau du monde des affaires. Quand tu t'attaques au Brésil, tu commences par São Paulo, un peu comme au Québec, on se lance normalement à Montréal au départ...

Il y a une sorte de rivalité entre ces deux grandes villes brésiliennes. Reste que la route aérienne entre les deux est la plus achalandée du monde. C'est très simple de faire le trajet entre les deux. C'est environ 6 h de voiture, ou encore 1 h d'avion. Un peu comme Montréal et Toronto.

Mais depuis 2005, c'est pour Rio que mon cœur bat, et aujourd'hui, la ville est en pleine transformation. Il y a un boom pétrolier remarquable et la classe moyenne est en plein essor: tout le monde à un téléphone intelligent!

Il y a beaucoup de construction, les gens suivent des cours d'anglais massivement. Et la venue des Jeux olympiques et de la Coupe du monde crée beaucoup d'effervescence.

Ce n'est pas simple pour un entrepreneur québécois de partir au Brésil. La bureaucratie est lourde, le protectionnisme très présent et l'environnement d'affaires est très différent: là-bas, le relationnel prime.

Si on vise des gains rapides, on va s'épuiser rapidement. Mais une fois passée la période «tampon», et que les obstacles sont surmontés, nos entrepreneurs ont un bel avenir au Brésil, et à Rio.»

 

Fiche Rio de Janeiro

Population: Agglomération d'environ 12M d'habitants (plus ou moins 6% des Brésiliens)

Pays: République fédérale du Brésil

Croissance du PIB brésilien: 0,9% (2012)

Statut: 2e ville plus peuplée

Échelle du degré d'intégration dans la mondialisation (Classement GaWC, 2012)

Alpha: São Paulo, Toronto

Alpha - : Buenos Aires

Bêta + : Montréal, Lima, Santiago

Bêta: Bogota, Rio de Janeiro, Caracas, Montevideo, Vancouver

Sources: ONU, CIA, Banque mondiale, Global and World Cities (GaWC: laboratoire d'idées de l'Université de Loughborough)

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