Mondial 2014: La situation se tend autour de la grève du métro de Sao Paulo

Publié le 09/06/2014 à 11:36

Mondial 2014: La situation se tend autour de la grève du métro de Sao Paulo

Publié le 09/06/2014 à 11:36

Par AFP

Sao Paulo est l'une des villes qui accueillera des matchs de la Coupe du Monde. (Photo: Bloomberg)

La situation s'est tendue lundi matin à Sao Paulo où la grève du métro qui fait peser une menace sur le bon déroulement du Mondial a été marquée par une intervention de la police militaire (PM) lors d'une manifestation et le «licenciement justifié» de 60 employés.

Les manifestants, -au départ une centaine-, avaient bloqué tôt dans la matinée la rue centrale Vergueiro de la capitale financière du Brésil en mettant le feu à des poubelles, bloquant la circulation, alors que 25 policiers chargeaient pour libérer le passage des automobilistes.

Les protestataires, dont de nombreux Sans Toit qui réclament des logements, se sont regroupés ensuite. En fin de matinée, un millier de personnes marchaient aux cris de «Il n'y aura pas de Coupe, il y aura la grève!», en direction du secrétariat aux transports.

Au cinquième jour de grève des employés du métro, la circulation était chaotique dans la mégapole de 20 millions d'habitants avec des bouchons de 170 km. Ces manifestations et la grève du métro, principal moyen d'accès à l'Arena Corinthians où aura lieu jeudi la cérémonie d'ouverture du Mondial et le match inaugural Brésil-Croatie, font planer une menace sur le bon déroulement de la Coupe du monde alors que les équipes continuent d'arriver au Brésil.

Outre les équipes du Costa Rica, des États-Unis, de l'Argentine et de l'Uruguay, les Français sont attendus lundi soir à Sao Paulo. Ils rejoindront ensuite leur camp de base de Ribeirao Preto, à 320 km de là.

La reconduction de la grève a été votée dimanche soir, quelques heures après une décision du Tribunal du travail régional la jugeant illégale. Le tribunal a sommé le syndicat de mettre fin au mouvement sous peine d'amende de 500 000 reais par jour (150 000 euros) à partir de ce lundi.

60 licenciements «justifiés»

Lundi, «nous avons commencé à 8h00 locales à émettre au moins six dizaines de licenciements justifiés, pour ceux qui pratiqué du vandalisme, ceux qui empêchaient physiquement (les non grévistes de travailler) et qui incitaient la population à sauter les tourniquets», a déclaré le secrétaire des transports métropolitains, Jurandir Fernandes.

Le président du syndicat des employés du métro, Altino Mello dos Prazeres, a expliqué à l'AFP que la police militaire avait fermé très tôt la station centrale de métro Ana Rosa après que 70 participants aux piquets de grève du syndicat sont entrés pour empêcher les employés de travailler. Ils ont vérifié l'identité des grévistes et ont conduit 13 d'entre eux au poste.

«Je ne pense pas que le gouvernement veuille gâcher la Coupe du monde», a déclaré le président du syndicat, interrogé par l'AFP sur la poursuite des négociations grévistes-direction du métro.

Les grévistes devaient se réunir lundi en assemblée générale à 13H00 (16h00 GMT). Ils ont revu peu à peu leurs exigences d'augmentation salariale à la baisse à 12,2% tandis que le gouvernement de l'État de Sao Paulo ne veut pas aller au-delà de 9,5%. Ils exigeront désormais que les 60 congédiés ne perdent pas leur emploi.

«C'est inadmissible, cela va empirer la tension et je ne pense pas que ce soit de l'intérêt de la Fifa. J'espère que le gouverneur va se calmer un peu et essayer de négocier avec les travailleurs; je suis supporter de foot et nous voulons résoudre le problème», a affirmé dos Prazeres à l'AFP.

Vendredi dernier, la police avait déjà dispersé des grévistes à coups de matraque et avec des gaz lacrymogènes.

«Honte»

La grève du métro de Sao Paulo s'inscrit dans un contexte plus large de multiplication de grèves sectorielles à travers le pays depuis plusieurs semaines.

Ces mouvement épars, de chauffeurs de bus, policiers ou vigiles des banques, ont pris le relais de la fronde sociale historique de juin 2013 qui avait ébranlé le géant émergeant d'Amérique latine.

En pleine Coupe des confédérations de football, les Brésiliens étaient massivement descendus dans les rues pour dénoncer les 11 milliards de dollars dépensés pour le Mondial et exiger des investissements massifs dans les transports, la santé ou l'éducation.

Les manifestations ont perdu leur souffle au fur et à mesure qu'elles dégénéraient en affrontements violents avec la police et en saccages par des activistes anarchistes des Black Bloc.

Cependant, la grogne persiste: 54% des Brésiliens pensent que le Mondial leur apportera plus de préjudices que d'avantages, selon un sondage Datafolha publié dimanche. Mais 65% auraient «honte» si le Mondial était perturbé par des manifestations.

Malgré tout, les rues, les bars et fenêtres se parent de plus en plus de vert et jaune, les couleurs de la Seleçao, dont 68% des Brésiliens sont convaincus qu'elle remportera sa sixième Coupe du monde, le 13 juillet dans son temple du Maracana.

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